Alexandre , son fils , élevé par le philosophe Ari
slote, lui succéda. Après avoir soumis plusieurs peuples et détruit Thèbes révoltée, il fut , comme son père , élu généralissime des Grecs.
Bientôt (554) H porta la guerre en Asie, avec une petite « armée, battit les Perses sur les bords du Granique, délit leur roi Darius Codoman à Issus , détruisit Tyr, fonda Alexandrie en Egypte, et mit fin , par la victoire d'Arbéles, à l’empire des Perses (551). Il pénétra dans l’Inde, vainquit le fier Porus, descendit l’Indus jusqu’à l’Océan, et revint à Babylone, où il mourut empoisonné (525). Aucun conquérant n’a égalé Alexandre; aussi habile à conserver ses conquêtes qu’heureux à les faire, il fut le législateur des peu-
f )les vaincus, qu’il traita comme ses propres sujets. Les tisloriens grecs et romains l'accusent de débauches et de plusieurs meurtres, entre autres de ceux de ClUus et de Callisthène.
4 . — Les généraux d’Alexandre se partagèrent son empire, qu’ils déchirèrent vingt ans par leurs sanglantes discordes. Toute la famille d’Alexandre fut immolée à leur ambition ; enfin Antigone . le plus puissant d'entre eux, fut défait et tué à la bataille d'Ipsus (501), et les quatre rois ligués contre lui fondèrent quatre royaumes, ceux d'Egypte, de Syrie, de Thrace et de Macédoine.
y. — Ptolémée Lagus posséda l’Egypte, où ses descendants, appelés Lagides, la plupart criminels, régnèrent jusqu’au temps d’Auguste (50). — Séleucus eut la Syrie et toute l’Asie jusqu'à l’Indus; mais sous les Séleucides, ses successeurs , les Parthes y fondèrent , en 255 , un puissant empire; Pompée soumit le reste à Rome en 04. — Lysimaque eut la Thrace, et Cassandre, la Macédoine, deux pays qui furent réduits en provinces romaines 150 ans avant J. C.
6. — Le caractère de cette époque, c’est que la Macédoine obtint la prépondérance sur la Grèce, et que les exploits d’Alexandre firent surtout prévaloir la Grèce sur l’Asie, sa conquête.
7. — La république des Achéens, peuples du Péloponnèse qui se réunirent en ligue à une époque inconnue, était démocratique à l’égard de chaque ville en particulier, et fédérative à l’égard des villes en général : elle comprenait dans l’origine douze cités du Péloponnèse, dont la ligue était présidée par un stratège, magistrat annuel et chef de l’armée. Cette ligue, vaincue par les rois de Macédoine, Philippe, Alexandre et ses successeurs immédiats, reparut vers
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l’an 280. Pour concourir à la délivrance de la Grèce , Aratus la fortifia par l’alliance de Sicyone, sa patrie, qu’il avait délivrée d’un tyran. Elu stratège (245), il affranchit également Corinthe; mais il périt bientôt empoisonné.
8.— Vers le temps où reparut la ligue achéenne , les Gaulois, sous la conduite d’un Brennus, firent une invasion dans la Gtèce pour y piller le temple de Delphes. Repoussés sur tous les points, une terreur panique les saisit pendant la nuit. Brennus, blessé grièvement, se fit porter dans sa tente, y but d’autant, et se poignarda. Le reste de la tribu se retira lentement à travers les populations exaspérées , sans vivres, sans munitions, combattant le jour, dormant sous la voûte humide et froide d’un ciel d’hiver. Arrivés au nord de la Macédoine , les Gaulois se séparèrent , après le partage de leur immense butin, et allèrent se fixer dans diverses contrées.
9- — La Macédoine s’affaiblit par ses guerres avec la Grèce, et, dès que les Romains intervinrent dans leurs affaires , elles marchèrent toutes deux promptement à leur décadence. La ligue achéenne jeta encore quelque éclat sous Philopœmen, appelé le dernier des Grecs (143-183); mais l’an 146, toute la Grèce fut réduite en province romaine par Mummius, destructeur de Corinthe. La Macédoine subit le même sort. Persée, son dernier roi , fut vaincu et pris, l’an 168, par le consul Paul Emile, et, vingt ans après, son royaume fut réduit en province romaine.
§ 3. Histoire de la Sicile.
1. Que savez-vous sur l’histoire primitive de la Sicile? — 2. Qui est-ce t^ui conquit d’abord la Sicile ? — 3. Quel fut le règne de Denys P Ancien et le sort de Denys le Jeune ? — 4. Que fit Agathocle, et que devint après lui la Sicile ?
1 . — La Sicile, colonisée au onzième siècle par les Sicules, peuple d’origine illyrienne, le fut au huitième par les Ioniens et les Doriens, qui y fondèrent un grand nombre de villes. Parmi toutes ces villes, Syracuse tenait le premier rang, et Agrigente le second. Ces villes tombèrent du gouvernemeut aristocratique dans le gouvernement démocratique, et de la démocratie dans la tyrannie 1 , sous Gélon et Théron.
I. On appelait tyran quiconque s’emparait de l’autorité souveraine dans une ville libre.
2- — Les Carthaginois conquirent les premiers la Sicile. Gélon , roi de Gela, puis tyran de Syracuse, les chassa de la Sicile en 480 ; mais ils y revinrent après sa mort, et la reprirent presque tout entière.
3. — Syracuse était pleine d’alarmes et de confusion. Denys l’Ancien, simple capitaine, en profita pour usurper le pouvoir souverain, qu’il exerça tyranniquement (405) ; il vainquit les Carthaginois et conquit le sud de Tllalic. Denys le Jeune, son fils, lui succéda (368) sous la tutelle de Dion, son beau-frère, qu’il exila, malgré les conseils de Platon (360). Dion détrôna Denys, qui , rétabli dix ans après, se montra plus cruel encore qu’auparavant. Le corinthien Timoléon délivra Syracuse du tyran (345), qui , dit-on, ouvrit une école à Corinthe pour subsister.
4. — A la mort de Timoléon, Agathocle , fils d’un potier, gouverna Syracuse. Assiégé par les Carthaginois (310), il porta la guerre en Afrique et fit trembler Carthage ; la révolte d’Agrigente l’arracha à ses succès, et il mourut empoisonné (289). Après lui, la Sicile, toujours en proie aux guerres civiles, fut réduite en province romaine (2 1 0) .