‹ Nouveau manuel des aspirants et aspirantes aux brevets complémentaires de l'instruction primaire rédigé d'après les programmes officielsChapitre 137 sur 327 · IL HISTOIRE ROMAINE · texte numérisé non relu

IL HISTOIRE ROMAINE

§ 1. Premiers temps de l’Italie (1600-755) et histoire de Home sous les rois (753-509).

I. Comment se partage l’histoire Romaine? —2. Quels furent' les premiers peuples et les premiers temps de l’Italie? — 3. Qui fonda Rome. — 4. Quelle constitution Romulus donna-t-il à son peuple? — 5. Quelle fut la cause et le résultat de l’enlèvement des Sabines? — 6. Quels sont les trois successeurs immédiats de Romulus? — 7. Qui succéda à Ancus Marcius ? à Tarquin l’Ancien? Pourquoi Tarquin le Superbe fut-il chassé?' — 8. Quel était l’esprit et le caractère de cette époque ?

1 . — L’histoire romaine se partage en trois grandes époques, savoir : 1° Rome sous les rois (753-509 avant

J. C.) ; 2° Rome sous la république (509-50 avant J. C.) ; 3° Rome sous l’empire (30 avant J. C.-476 de J. C.).

2 . — Les Ausones paraissent avoir été le peuple primitii de l'Italie , appelée d’abord Ausonie ; en même temps qu'eux, on y trouve les Sicules , que l’invasion des Pélasges arcadiens , sous la conduite d’OÈnotius , força de se réfu-

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gier en Sicile (1600); la contrée reçut alors le nom d 'OEnotrie , qu’elle perdit ensuite pour prendre celui d'Italie : vers l’an 1330, de nouveaux Pélasges arrivèrent avec Evandre , fils de la prophétesse Carmente, qui se fixa dans le Latium. Enfin, en 1269, des Troyens, abordés en Italie sous la conduite d'Enée , se mêlèrent aux Arcadiens d’Evandre et aux aborigènes ou naturels du pays, et c'est de ce mélange que les Romains proprement dits tirent leur origine.

Enée épousa Lavinie, fille de Latinus , roi du Latium. Ascagne, son fils, qui lui succéda, bâtit Albe la Longue (1158). Après lui, la descendance de Lavinie régna dans celte ville. Procas , douzième successeur d’Ascagne, laissa la couronne à Numitor , son fils aîné; Amulius , frère cadet de Numitor, le détrôna, et força Jlhéa Sylvia , sa nièce, d’entrer dans l’ordre des vestales , prêtresses qui ne pouvaient se marier. Malgré cette précaution , Rhéa donna le jour à deux jumeaux, Romuhis et Rémus , dont le dieu Mars était le prétendu père. L’usurpateur irrité condamna les enfants à périr dans les eaux du Tibre. Miraculeusement préservés de la mort , ils marchèrent , devenus grands , contre Amulius, le tuèrent, et rendirent le trône à leur aïeul Numitor (“54).

5. — Après cet exploit , Romulus et Rémus conçurent le projet de bâtir une ville dans l’endroit même où Faustulus, berger du roi, les avait recueillis; mais ils ne tardèrent pas * à se brouiller, et la querelle finit par la mort de Rémus, que Romulus tua de sa propre main. Le meurtrier donna le nom de Rome à sa ville, qu’il consacra à Jupiter et a Mars (753).

4- — Pour peupler Rome, Romulus en fit un asile ouvert aux vagabonds, aux esclaves fugitifs, aux malfaiteurs; il divisa le peuple en patriciens ou patrons et en plébéiens ou clients, établit un sénat qui partageait avec lui l’administration publique, et donna aux pères droit de vie et de mort sur leurs enfants.

il. — La population croissant de jour en jour, les Romains, qui, pour la plupart, manquaient de femmes, ravirent dans une fête publique quelques femmes sabines qu’ils épousèrent. Les Sabins, sous la conduite de Tatius , leur roi, attaquèrent la ville; le combat dura jusqu’à ce que les Sabines, s’interposant entre leurs pères et leurs époux , fissent cesser leur lutte. Les Sabins s’établirent à Rome et se confondirent avec les Romains. On ne sait quelle fut la mort de Romulus, arrivée en 715.

G. — Numa, successeur de Romulus (714) , adoucit la férocité native des Romains par des institutions religieuses et de sages lois, qu’il devait, disait-il, à la nymphe Egérie.

Tullus Jlostilius (671) fut guerrier comme Romulus ; sous lui , le combat des trois Horaces contre les. trois Curiaces sou mit Alhe aux Romains, et la perfidie de Slétius SufJ'étius causa la ruine de cette ville, dont les habitants furent incorporés aux Romains.

Ancus Marcius (639) continua d'agrandir Rome, et jeta le premier pont sur le Tibre.

7. — Tarquin l’Ancien , grec d'origine, mais étrusque de naissance, succéda à Ancus Marcius (614). Il vainquit les Etrusques, lit des aqueducs et creusa des égouts qui existent encore.

Servius Tullius ('578) inventa le cens ou dénombrement, qui devait avoir lieu chaque lustre (espace de cinq ans), divisa le peuple par centuries, d’après la fortune de chacun , pour que la richesse servit de contre-poids à la multitude, donna un coin à la monnaie romaine, qui n’était alors que de cuivre , acheva de rendre Rome la ville aux sept collines, et périt assassiné par son gendre (531).

C’était Tarquin le Superbe, qui régna en tyran, accrut la puissance romaine et bâtit le fameux Capitole. L’attentat de Sextus , son fils , contre la chaste Lucrèce , qui se tua, causa la perte de Tarquin. Collatin , mari de Lucrèce, Junius Brutus et Valérius Publicola s’unirent contre le Superbe, chassèrent les Tarquins, et la royauté fut abolie (509).

8- — Pendant les deux cent quarante-quatre premières années qui s’écoulèrent depuis la fondation de Rome, celte ville demeura sous l’autorité de chefs qu’on appelle rois , mais qui n’étaient pas héréditaires, et encore moins absolus, quoiqu’ils cherchassent à obtenir l’un et l’autre litre. 11 se forma plutôt un gouvernement municipal , qui consistait principalement en cinq choses : 1° l’établissement et le gouvernement intérieur du sénat; 2° l’établissement et lu formation du patriciat ou noblesse héréditaire ; 3° l’organisation du peuple et le mode de ses assemblées; 4° les institutions religieuses, qui, par leur étroite liaison avec le gouvernement politique, formaient une sorte de religion nationale; 5° les rapports que la loi établissait dans la vie privée, soit entre les clients et les patrons, soit à l’égard du mariage et surtout dans l’institution du pouvoir paternel. C’est en resserrant les liens de la famille qu’on inspira

dès l’origine à ce peuple un esprit d’ordre et de subordination par lequel surtout il devint ce qu’il fut.

§ 2. Home sous la république.

1° Depuis l’abolition de la royauté jusqu’à la conquête de l’Italie (509-264}.

f. Quelle magistrature fut substituée à la royauté? Pourquoi Brutus lit-il périr ses fils? — 2. Qu’arriva-t-il à l’invasion de Porsenna ? —•3. Pourquoi la diciature fut-elle instituée ?— 4. A quelle occasion créa-t-on les tribuns du peuple ? — 5. Que fit Marcius Coriolan ? — C. Qu’est-ce que la loi agraire, et par qui fut-elle proposée? — 7. Pourquoi Appius Claudius décima-t-il son armée ? ->*» 8. Que voulait la loi Tércntilia ? Que fit Cincinnatus ?

— 9. Qu’est-ce que les décemvirs et la loi des Douze Tables ? Pourquoi le décemvirat fut-il aboli? — 10. Pourquoi créa-t-on des tribuns militaires? Qu’est-ce que les censeurs? — 11. A quelle occasion donna-t-on une paye aux troupes? Qui prit Veïes et Faléries? Quel fut le sort de Camille? — 12. Quelle fut la cause et l’issue de l'invasion des Gaulois Cisalpins? Qui sauva Rome? Quel fut le sort de Manlius? — 13. Quand les plébéiens entrèrent-ils au consulat? Qu’est-ce que les préteurs? les édiles ? — 14. Comment Manlius Torquatus traita-t-il son fils?

— 15. Quelle fut la cause de la guerre contre les Samnites, et que se passa-t-il aux Fourches Caudines ? Qui mit lin aux guerres contre les Samnites? — 16. Pourquoi Pyrrhus attaqua-t-il les Romains, et quelle fut l’issue de cette guerre? — 17. Quelle différence y avait-il entre les colonies romaines et les colonies grecques? Combien y avait-il de sortes de colonies romaines ?— J 8. Quel était le caractère de cette époque?

f. — Après l’expulsion des Tarqttins (509), le gouvefnement fut confié à deux consuls annuels; les premiers furent Brutus et Collatin. Les partisans du roi déchu conspirèrent, pour le rétablir, avec les deux fils de Brutus : l’inflexible père les fit périr; il périt lui-même dans un combat contre Tarquin. Falérius le remplaça , fit des lois favorables au peuple , et reçut le surnom de Publicola (qui cultive le peuple).

2. — Porsenna, roi d’Etrurie, s’arma pour Tarquin le Superbe et vint assiéger Rome. 11 l’eût prise si Horatius Codés ne l’eût arrêté sur le pont du Tibre , pendant qu’on le coupait derrière lui. Le siège sè changea en blocus ; alors

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Mucius Scévola tenta d'assassiner Porsenna ; il manqua son coup , et , la main sur un brasier ardent , il déclara que trois cents autres Romains avaient conçu le meme projet. Le roi le renvoya et fit la paix avec Rome.

3 . — Le peuple était accablé de dettes, et les patriciens traitaient sans pitié les plébéiens. Ceux-ci , voyant une ligue de Latins armés pour Tarquin le Superbe marcher contre Rome, refusèrent de s'enrôler. Les consuls ne pouvant vaincre leur obstination , on créa , sous le nom de dictateur, un magistral revêtu pour six mois d’une autorité absolue (408). Lartius, premier dictateur, soumit les mutins et vainquit les alliés. Trois ans après , Postumius , élu dictateur pour les mêmes motifs, détruisit les Latins à la bataille du lac Régille, et Tarquin alla mourir à Cumes (494).

4. — La rigueur des créanciers augmentant avec la détresse des débiteurs, une sédition éclata dans Rome. Les soldats se retirent avec leurs enseignes au mont Sacré; le peuple en masse va les y joindre. Ménénius Agrippa calme les mécontents par l'ingénieux apologue des membres et de l'estomac, leur montrant par là que les riches, comme l’estomac , malgré leur inaction apparente , ne sont pas inutiles au soutien de l’Etat et du corps. Il promet en outre l’abolition des dettes; mais le peuple demande encore et obtient l'institution de magistrats inviolables, qui, sous le nom de tribuns, devaient uniquement veiller aux intérêts de l'ordre plébéien.

5. — Marcius Coriolan, ainsi nommé de Corioles, capitale desVolsqucs, dont il s’était emparé, irrita le peuple en conseillant de vendre à haut prix, dans une disette, le blé tiré de la Sicile. Accusé par les tribuns, il fut exilé; mais il revint peu après assiéger Rome à la tète des Volsques mêmes (489). Trois députations qui le conjurèrent de s’éloigner le trouvèrent inflexible; enfin il se laissa fléchir par sa mère Véturie , et retourna dans son exil, où il mourut.

6. — Spurius Cassius , qui méditait d'asservir Rome, proposa , sous le nom de loi agraire , une distribution des terres conquises aux citoyens indigents. Il fut condamné à mort et précipité du haut de la roche Tarpéienne (485).

7. — Le peuple, frustré dans son attente, refusa plusieurs fois de s’enrôler, et l’armée de combattre. Les soldats abandonnèrent Appius Eiaudius, le plus riche et le plus puissant

des patriciens, pour l'empêcher de vaincre les Volsques el d’obtenir le triomphe; mais if fit décimer son armée, et telle était la force de la discipline romaine, que les troupes n’osèrent pas même murmurer. &>rli de charge et accusé par les tribuns , il se donna la mort pour échapper à une condamnation.

8. — Rome n’avait point de code; les consuls jugeaient d'après d’anciens usages ou d’anciennes ordonnances royales peu connues du peuple. La loi TérentiUa , proposée par le tribun Térentillus, demandait une législation positive (402). Toute la ville est eu rumeur, on s’y bal; le sabin Uerdonius s’empare du Capitole ; le peuple refuse de s’armer ; on tire Quintus Cincinnatus de sa charrue pour le faire consul; Cincinnalus rétablit le calme, délivre une armée romaine assiégée par les Eques, et retourne au petit champ qu'il cultivait de ses propres mains pour subsister. Jusqu’à sa mort, le sénat recourut à lui dans les discordes civiles.

9. — Le sénat consentit enfin à la loi Térenlilla, et envoya recueillir en Grèce les lois de ses législateurs. A leur retour on élut dix magistrats, nommés décemvirs , qui rédigèrent les lois des Douze Tables (431). On les avait revêtus pour un an de la puissance dictatoriale; ils voulurent s’y perpétuer. L’un d'eux , Appius Claudine, voulut faire son esclave d'une jeune Romaine appelée Virginie. Firginius , son père, la tua; le peuple, à celte vue, se souleva; les décemvirs furent massacrés ou exilés, el Je décemvirat fut aboli (449).

10. — Le tribun Canuléius demandait que les plébéiens participassent au consulat, réservé jusqu’alors aux patriciens. Le sénat proposa, au lieu de consuls, des tribuns militaires, éligibles dans les deux ordres. Le peuple y consentit et ne nomma que des patriciens, ce qui fit rétablir le consulat. On créa , à cette époque , deux censeurs , magistrats chargés d’abord du cens, puis successivement des impôts, des édifices publics, des bonnes mœurs; ils pouvaient noter d’infamie, punir et dégrader tout citoyen coupable d’une faute grave.

11 . — Rome sortait victorieuse de presque tou ter ses guerres; mais elles étaient peu décisives , parce que , après la campagne, les soldats sans paye s’empressaient de retourner chez eux pour cultiver lc'urs champs. En 404, on leur accorda une solde , afin de les retenir plus longtemps sous les drapeaux. On en profila pour assiéger Yeîes , la rivale de Rome : elle fut prise, au bout de dix ans, parie

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dictateur Camille. Faléries, qu'un traître voulut en vain lui livrer, se rendit volontairement au général romain. Malgré ses services, le peuple, toujours inconstant, exila Camille

4 2. — Les Gaulois cisalpins, établis depuis deux siècles danslajiaute Italie, vinrent, avec un Brennus, leur chef, assiéger la ville étrusque de Clusium. Rome interposa sa médiation; mais ses ambassadeurs manquèrent au droit des gens. Les Gaulois irrités marchèrent sur Rome, taillèrent en pièces , sur les bords de Y Allia, l’armée qu’on leur avait opposée, entrèrent dans Rome déserte cl la brûlèrent (590). Le Capitole, où s’était retirée la jeunesse, leur résista; ils cherchèrent à l’escalader pendant la nuit; Manlius , réveillé par les oies consacrées à Junon , les repoussa. La famine força enfin les Romains à capituler pour mille livres d’or. Cependant Camille exilé vint, dit-on, fondre avec quelques troupes sur les Gaulois au moment où l’on pesait la rançon romaine , les défit dans la ville et la fit ensuite rebâtir. Manlius, accusé d’aspirer à la royauté, fut précipité de la roche Tarpéienne, dont sept ans auparavant il avait précipité les Gaulois (383). Plusieurs autres invasions de ce peuple furent repoussées avec succès.

4 5. — Les plébéiens entrèrent au consulat , l’an 366 , en la personne de Sextius , ancien tribun du peuple. De son côté , la noblesse obtint des préteurs, chargés de rendre la justice, et des édiles, chargés des temples, des théâtres, des jeux publics, etc.

4 4. — Dans une guerre contre les Latins , Manlius Tur • quatus avait défendu, sous peine de mort, de combattre hors de son rang. Son fils, défié par un chef ennemi, le combattit et le tua; le père le fit mettre à mort. Décius, collègue de Manlius, se dévoua, dans la bataille, pour assurer la victoire aux siens. Les Latins furent battus , se soumirent et obtinrent le droit de cité.

15 . — L’opulente Capoue, attaquée par les Samniles, s’était donnée à Rome (343). On leur déclara la guerre : ils furent vaincus par Valérius Corvus ; mais ils résistèrent plus de cinquante ans encore. L’avantage était presque toujours du côté des Romains; cependant, l’an 319, ils furent surpris au défilé des Fourches Caudines et passèrent sous le joug. Les Romains s’en vengèrent par d’éclatantes victoires, et Curius Dentatus porta le dernier coup aux Samnites (290). Curius mourut pauvre, malgré ses victoires.

18 . — Les larentins avaient insulté des ambassadeurs romains. Rome leur déclara la guerre. Pyrrhus, roi d'Epire, vint à leur secours, battit deux fois les Romains et leur offrit la paix ; mais le sénat ne voulut traiter que s'il • sortait de l'Italie. Pyrrhus resta, se fit battre par Curius Dentatus (275) et s'enfuit en Grèce. Par là Rome étendit bientôt sa domination de la mer Tyrrhénienne à la mer Adriatique. JHBik.*

17- — Les colonies grecques étaient généralement commerciales ; celles des Romains , politiques et militaires. Les P* Romains, pour affermir leur puissance et étendre leurs conquêtes, enlevaient aux vaincus une partie de leur territoire pour l'incorporer au domaine de la république, et ils y envoyaient des colonies de leurs citoyens. Par là ils ôtaient aux pays conquis le moyen de se révolter, et ces nouvelles colonies leur servaient de frontières et de défense contre les invasions soudaines de leurs ennemis.

11 y avait deux sortes de colonies chez les Romains : celles que le peuple ou le sénat envoyait, et qu’on appelait civiles, et celles qu’on appelait militaires.

Les colonies que le sénat envoyait étaient romaines ou latines, c'est-à-dire composées de citoyens romains ou de Latins. Les habitants des colonies romaines avaient droit de suffrage aux assemblées du peuple ; mais ils n’avaient point de part aux charges et aux honneurs de la république. Les habitants des colonies latines n'avaient point droit de suffrage sans une permission expresse.

Les colonies militaires étaient composées de soldats vétérans ou émérites auxquels on donnait des terres pour récompense de leurs services. Sylla fut le premier qui les établit. Jules César, Augusleet d'autres princes suivirent cet exemple.

18- — Le caractère de cette époque, ce sont les progrès de la puissance populaire. Après avoir obtenu l’entrée au consulat (566), les plébéiens obtinrent successivement le partage de la dictature eu la personne de M ardus Rulilus (557), de la censure et de la préture (538) ; enfin , l'an 300, le peuple fut admis dans le collège des pontifes et dans celui des augures, les deux seules dignités que la noblesse possédât encore exclusivement.

2“ Premières conquêtes hors de l’Italie proprement dite (205-219).

1 . Comment et quand eut lieu la conquête de la Gaule cisalpine ?— 2. Comment et quand les Romains conquirent-ils la Sardaigne, la Corse et l’illyric ? — 3. Quel fut l’esprit et le caractère de celle époque ?

|. — Les Gaulois cisalpins remuaient toujours* Rome leur déclara la guerre et conquit sur les Sénons, une de leurs tribus, quelques terres, dont le tribun Flaminius demanda le partage en faveur des plébéiens. Toute la Gaule cisalpine se leva comme un seul homme; mais les Gaulois furent écrasés à la bataille de Télamone (225). Les consuls passèrent alors le Pô pour la première fois. Marccllus tua en combat singulier le chef des ennemis, et acheva par là la soumission de la Gaule cisalpine (222). La domination des Romains s'étendit alors sur toute l'Italie jusqu'aux Alpes.

2. — Vers l’an 220, les Romains s’assurèrent des deux mers qui les séparaient de l’Espagne et de la Grèce ; ils enlevèrentdélinilivement la Sardaigne et la Corse aux Carthaginois, occupés par une guerre en Afrique ; d’autre part, sous prétexte de détruire les pirateries des Illyriens et des Istriotes , ils s’emparèrent de leur pays (230-21 9), et enfermèrent dans leur empire, d’une part l’Adriatique, deTaulre la mer de Toscane.

5 . — L’esprit et le caractère de cette époque, c’est le soin que prirent les Romains de s’assurer la possession de l’Italie entière avant d’entreprendre des guerres extérieures et lointaines.

5° Guerres puniques, et conquêtes en Orient et en Occident jusqu’aux troubles civils sous les Gracques (201-134).

I . Qu’appelle-l-on guerres puniques? — 2. Quelle fut la cause de la première guerre punique? Où commencèrent les hostilités et quel Romain gagna la première bataille navale ? — 3.' Que lit Hégulus? Comment se termina la première guerre punique ? — 4. Quelles furent les conquêtes des deux peuples avant la deuxième guerre punique? — 5. Quelle fut la cause de la deuxième guerre punique? Que lit Hannibnl? — 6. Par qui Rome fut-elle relevée après la bataille de Cannes? — 7. Par qui fut terminée la deuxième guerre punique ? — 8. Que devint llannibal et que firent les Romains en Asie ? — 9. Que tirent les Romains

Manuel. — ü. Supérieur. 15

33s msTOir.n

eu Grèce ? — 10. Que firent les Romains dans la Gaule cisalpine et en Es|>agne? — 1 1. Quelle fut la cause de la troisième guerre punique? Quel allié les Romains avaient-ils en Afrique? Que lit Caton le Censeur? Par qui fut terminée la troisième guerre punique? Quelle ville Mummius détruisit-il? — 12. Qu’este,c que Viriathe et que fit-il ? Par qui Numance fat-elle détruite? — 13. Quel fut l’esprit cl le caractère de cette époque?

I . — On appelle guerres puniques les Irois guerres que se tirent les Romains et les Carthaginois, et qui, après un intervalle de 118 ans (264-146), se terminèrent par la destruction de Carthage.

< 2 . — Carthage, république guerrière et commerçante p. 300 et s.), soutenait en Sicile Hiéron , roi de Syracuse , en guerre avec les habitants de Messane (Messine). Ceux-ci se donnèrent à Rome; mais les Romains n’avaient point de vaisseaux , et les Carthaginois dominaient la mer. Rome construisit sa première (lotte en 261 . et le consul Duilius gagna la première bataille navale , près de Myles.

— Régulus vainquit les Carthaginois sur mer près • l’Ecnome, passa en Afrique et gagna plusieurs victoires. Vaincu et pris dans un dernier combat, il fut envoyé à Rome pour proposer la paix et l’échange des prisonniers ; il conseilla généreusement au sénat de refuser cet échange, qui ■ levait lui rendre la liberté, mais être désavantageux aux Romains , et retourna en Afrique , où il périt dans les plus affreux tourments.

Après vingt-deux ans de guerre, les Carthaginois, battus par le consul Lutatius près des îles Egales (241), demandèrent la paix, et l’obtinrent par la cession de ce qu’ils possédaient en Sicile. Les Romains leur prirent encore la Sardaigne et la Corse (p. 337), à la faveur d'une révolte des mercenaires et des Africains contre Carthage.

4 . — Dans l’intervalle de la première à la deuxième guerre punique, les Romains assujettirent la Gaule cisalpine et l’Illyrie septentrionale ( p. 337). Les Carthaginois, sous la conduite d 'Hamilcar Barca, d Ilasdmbal, son gendre, et d’Ifannibal, son fils, soumirent presque toute l’Espagne.

y. — Iiannibal détruisit Sagonte, ville d’Espagne, alliée des Romains ; puis, voulant transporter la guerre en Italie, il passa les Pyrénées, le Rhône et les Alpes (219), vainquit Scipioti près du Tésin, Scmpronius près de la Trébie , Flaminius près du lac Trasiméne. Les sages lenteurs du dictateur Fabius ralentirent ses progrès, saus pouvoir l’ein-

pêcher d'anéantir à Cannes l’armée de Térenlius F<0ron (21 G). Tout se déclara contre Home ; mais elle ne perdit point courage.

G- — Sempronius Gracchus défit 10,000 Carthaginois avec 8,000 esclaves enrôlés au prix de la liberté ; Marcelin* remporta trois avantages sur Hannibal, et s'empara de Syracuse, que le géomètre Archimède défendit trois ans (212'. En Espagne, les deux Scipions, après de grands exploits , se séparèrent et succombèrent sous les coups d'Hasdrubal, frère d’Hannibal. Le fils de l’un d’eux les vengea et chassa de la Péninsule Hasdrubal, qui tenta de se joindre à son frère ; il fut vaincu et tué près du Métaure. Dès lors Hannibal , ne recevant ni subsides ni secours , ne fit plus rien de remarquable.

7. — Publius Scipion , le vainqueur de l’Espagne, nommé consul , porta la guerre en Afrique. Hannibal fut rappelé d’Italie pour défendre Carthage ; Scipion le vainquit à Zama (202). Carthage, pour obtenir la paix , céda toutes ses conquêtes et tous ses vaisseaux de guerre. Scipion reçut le surnom d 'Africain.

O — Hannibal, ne trouvant plus assez d'ennemis de Home à Carthage, se retira chez Antiochus le Grand, roi de Syrie, qu'il décida à faire la guerre aux Romains; mais Antiochus négligea ses conseils et se fit battre par les Romains, qui lui prirent une partie de ses Etats (IbO). Hannibal s'enfuit chez Prusias, roi de Bithynie, où il s’empoisonna pour ne pas tomber au pouvoir des Domains qui le réclamaient (185). Ils soumirent ensuite les Calates et les riches rois de Pcrgame, dont la soumission amena celle de toute l’Asie Mineure.

1). — Philippe F, roi de Macédoine, avait pris parti contre Home. Le consul Flamininus le vainquit aux Cynoscéphales, et proclama l’indépendance de toute la Grèce, pour l'asservir ensuite (197). — Perscc , successeur de Philippe , renouvela la guerre contre les Romains; d’abord victorieux, il fut complètement défait à Pydna (1G8) par le consul Paul Emile , qui le fit servir d’ornement à son triomphe. Vingt ans après (118), le prêteur Mélellus réduisit la Macédoine en province romaine.

10 — Les Gaulois cisalpins, alliés de Carthage, furent domptés à leur tour (IGS)^ Les Espagnols résistèrent plus longtemps : les Romains en firent d’effroyables massacres ; mais leur soumission ne fut qu'apparente.

1 ! — Massinissa , roi des Numides, allié des Romains, empiétait impunément sur le territoire de Cartilage. Celleci se plaignit. Caton le Censeur, ce grand ennemi du luxe, voulait qu’on détruisît Carthage, et le demandait à la lin cle tous ses discours. Une armée romaine passa en Afrique (149). Carthage fut investie. Pour se sauver, elle livra aux consuls armes et vaisseaux ; on lui déclara alors qu’elle devait être détruite et transportée à seize kilomètres de la mer. I.es Carthaginois, désespérés, firent d’autres armes, d’autres vaisseaux , et résistèrent trois ans. Enfin Carthage fut détruite par Scipion h' milieu, petit-fils adoptif de Scipion l’Africain (146). La même année, le consul Mummius détruisit Corinthe, avec la ligue achéenne, et réduisit la Grèce en province romaine.

1 2 . — Le massacre des Espagnols trouva un vengeur : ce fut Virialhe , berger lusitanien , qui , à la tête de ses compatriotes , battit pendant quatre ans les préteurs romains et força Rome à la paix (141). Le consul Cœpion reprit la guerre et fit assassiner Viriathe , qu’il désespérait de vaincre* par la force. La lutte se porta d’un autre côté. Numance vainquit tous les généraux qu’on lui opposa; mais Scipion Eininèn la détruisit de fond en comble (133).

13. — L’esprit et le caractère de cette époque, c’est l’ambition toujours croissante des Romains , leur constance dans l’adversité, la persévérance à poursuivre leur but , et la suspension des querelles intérieures pendant les guerres étrangères.

4" Troubles civils sous les Cracques , rivalités de Marius et de Sylla, de César et de Pompée, et triumvirats, jusqu’à la chute de la république (154-30).

I. Quel était l’état intérieur de Rome à l’époque des Gracqucs ? — 2. Quelle était la décadence des mœurs? — 3. Qu’est-ce que les Gracqucs? que voulaient-ils et quel fut leur sort? — 4. Que firent les Komainsdans la Gaule transalpine et à l'égard de Marseille? — 5. Quelle fut la cause et l'issue de la guerre contre Jugurtha ? — o. Quel fut le vainqueur des Cimbres et des Teutons ? — *. Par quoi fut signalé le sixième consulat de Marius? — 8. Quelle furent les deux révoltes des esclaves en Sicile? — 9. Qu’est-ce que la guerre sociale ? — 10. Quelle fut la guerre civile de Marius et de Sylla? Comment finit Marius? — 11. Que Gt Sylla en Grèce et en Asie contre Milhridaie? — 42. Comment finit Sylla? — 13. Que fil Serlorius ? — 14. Qu’est-ce que la guerre de Sparlacus? — là. Qui mit fin a la derniere guerre contre Mithridale?

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— IG. Qui déjoua la conjuration de Catilina ? — 17. Quel est le premier triumvirat? Que Cl Crassus chez les Parthes, et César chez les Gaulois? — J 8. Quelle fut la guerre civile entre César et Pompée? Comment périrent-ils? — 19. Quel fut le deuxième triumvirat? Comment finit la guerre civile entre Octave et Antoine ? — 20. Quel fut le résultat des guerres contre les Parthes ?

— 21 . Quel fut l’esprit et le caractère de cette époque ?

1. — A l’époque des Gracques, les conquêtes de Rome, en moissonnant ses citoyens, avaient multiplié en Italie les esclaves, qui , successivement affranchis et devenus citoyens, composaient en grande partie ce qu’on appelait alors le peupleromain. Dès le milieu du deuxième siècle av. J. C., toutes les terres étaient cultivées par des esclaves, et des affranchis remplissaient presque seuls le forum. Les nobles , patriciens et chevaliers , tenaient en leur pouvoir presque tout le domaine de la république. Les plébéiens possédaient à peine de quoi vivre.

2. — La décadence des mœurs commença chez les Romains avec leurs guerres d’Asie , après la seconde guerre punique. Leurs mœurs austères et simples se corrompirent par tous les vices qu’entraînent les richesses. En vain Caton, selon l’énergique expression de Tite Live, aboyait contre la corruption; elle fut plus forte que sa voix et s’étendit déplus en plus dans toutes les classes delà société.

3. — Tibérius et Caïus Gracchus, connus sous le nom de Gracques, étaient, par Cornélie , leur mère, petits-fils de Scipion l’Africain. C’étaient deux frères fort éloquents , qui , déVenus tribuns , proposèrent des lois agraires et tentèrent d’élever le peuple au-dessus de la noblesse. Ils troublèrent l’Etat pendant quelques années (135-122); mais ils y périrent tous deux de mort violente avec un grand nombre de leurs partisans.

4. — Attaqués par des voisins, les Marseillais appelèrent à leur secours les Romains, qui , maîtres de la Gaule méridionale, fondèrent Aix et Narbonne (126-118). Leurs conquêtes s’étendant, ils en firent une province romaine, d’où vient le nom de Provence.

8. — Jugurtha, petit-neveu de Masinissa , tua scs frères pour régner seul en N’umidie , et triompha par l’or de plusieurs généraux romains; mais Métellus le poussa vivement; Marins enfin le prit et réduisit son royaume en province romaine (122-106).

<?. — Les Cimbres et les Tenions , chassés par une inon-

dation de la Baltique , avaient ravagé les Gaules et l’Espagne et menaçaient l’Italie. Marius, continué cinq ans dans le consulat , extermina les Teutons à Aix et les Cimbres à Verceil (104-102).

7 . — Marius signala son sixième consulat dans les troubles civils; né plébéien, il protégeait contre les nobles le tribun Satuminus , dont les excès le forcèrent à le faire périr.

8- — En Sicile, comme ailleurs, les terres romaines étaient cultivées par de nombreux esclaves, que leurs maîtres traitaient avec des rigueurs inouïes. Deux cent mille esclaves siciliens se révoltèrent sous la conduite d '£unus , l’un d’eux, qui se lit proclamer roi: pendant six ans, ils ravagèrent Pile et massacrèrent quatre armées prétoriennes. Fulvitts reprit, en 135, l’avantage sur les rebelles; mais ils ne rentrèrent dans le devoir qu’en 133. — Vingt-huit ans après, les cruautés du préteur Licinius JVerva causèrent la seconde guerre des esclaves. Sous la conduite de Tryphon et d 'Alhénion , ils vainquirent l'armée prétorienne (105) ; défait ensuite par Licinius Lucullus, Tryphon prit la fuite : le brave Alhénion battit Servilius ; mais il fut à son tour battu et tué par le consul Aquilius (102).

9. — Les Italiens , ne pouvant obtenir de gré le droit de cité, voulurent l’obtenir par la force, après la mort de Drusus, leur soutien. Il en résulta la guerre sociale, et , malgré leurs défaites , ou lit droit à leur demande.

S O. — Marius et Sylla , chefs, l’un des plébéiens, l’autre des patriciens, se firent une guerre cruelle, où chaque parti proscrivit l’autre. Marius , chassé de Rome, faillit péril à Minturnes, s’enfuit aux ruines de Carthage, et, tandis que Sylla combattait en Asie, revint «\ Rome, qu’il inonda de sang , dans son septième consulat. Il mourut d’excès de table en 80.

11. — Sylla vainquit à Chéronée et h Orchomëne , en Grèce , les généraux de Mithridate, qui avait massacré ceut mille Romains, et le força lui-même à faire la paix aux conditions qu’il lui plut d’imposer à ce roi (86-83).

12. — Sylla revint en Italie, vainquit les partisans de Marius , publia des listes de proscription , gouverna la république sous le nom de dictateur, et mourut de débauches en 79.

13. — Scrtorius , partisan de Marius, était maître de l'Espagne, où il lutta dix ans contre le parti de Sylla. Pcr-

ROMAINE. ~>l~>

penna, son lieutenant, l'assassina ; mais Pompée le vainquit, le mit à mort et pacifia l’Espagne (82-73).

14 — Spartacus était l’un de ces gladiateurs que les Romains entretenaient par milliers pour leurs spectacles. U souleva ses compagnons, battit deux préteurs, cinq consuls, et péril enfin, vaincu par Crassus (73-71).

Uî. — Mithridate avait repris les armes; Lucullus le vainquit en diverses rencontres; Pompée l’acheva, et réduisit en province toute l’Asie jusqu’à l’Euphrate (79-64).

IG. — Catilina avait conjuré la ruine du sénat, l’incendie de Rome et le renversement de la république; ce fut le consul Cicéron, le prince des orateurs romains, qui déjoua son complot. Catilina périt dans une bataille (68-G4).

17 . — Le premier triumvirat fut créé entre Pompée, César et CrflsSMs(GO) pour dominer la république. Tandis que Pompée restait à Rome et que Crassus perdait la vie chez les Parlhes, César conquit toute la Gaule en dix ans, malgré les efforts de l’Auvergnat Vercingétorix (59-5Q . Pendant ce temps , il fit deux expéditions eu Germanie et dans la Grande-Rretagne (Angleterre), plutôt pour les effrayer que pour les conquérir.

18. — La guerre éclata bientôt entre César et Pompée (49) ; celui-ci , vaincu à Pharsale , s’enfuit en Egypte , où il fut assassiné. César, vainqueur de tous ses ennemis, gouverna avec clémence comme dictateur perpétuel ; mais il fut poignardé dans le sénat (44) par plusieurs conjurés, entre autres Cassius et Brulus.

19. — Le second triumvirat fut formé par Marc-Antoine, Lépide v t Octave, fils adoptif de César. Sous prétexte de venger César, ils proscrivirent des milliers de citoyens pour s’emparer de leurs richesses, et vainquirent à Philippes, en Macédoine , Cassius cl Brulus (42). Antoine s'éprit de Cléopâtre , reine d’Égypte ; Octave en profita pour le perdre : il écarta d’abord Lépide, battit à la bataille navale d’Actium Antoine, qui se tua en Egypte près de son amante, et dès lors Octave régna sans rival sous le titre d" empereur et d'Auguste (30-29).

2 0. il y eut à cette époque deux guerres contre les Parthes : l’une entreprise par Crassus, qui y perdit la vie et les drapeaux romains (55); l’autre par Antoine, qui ne sauva son armée que par une savante retraite de 27 jours et de 100 lieues , pendant laquelle il eut à soutenir 28 com bals (37).

21 . — Jusqu’à la guerre d’Antiochus, le pillage de Corinthe el la destruction de Carthage (189-1-16), les Romains conservèrent toujours , avec la fermeté des principes , un peu de la férocité de leurs ancêtres. Mais, dès celle époque, les mœurs s’amollirent et se relâchèrent ; au lieu de gloire , on chercha les richesses; le peuple abusa de sa liberté comme les grands avaient abusé de leur pouvoir, et la république tomba entre les mains d'un seul homme qui établi* l'empire.

S 3. L'empire romain et /’ Eglise (29 av. J. C. — 476 de J. C.).

I. Comment régna Auguste, et qu’arriva-t-il sous son règne? — 2- Quels furent les changements introduits par Auguste dans la constitution romaine ? — 3. Quels furent les succès et les revers des armées romaines sous Auguste? — 4. Quels sont les quatre empereurs de la famille d’Auguste? Donnez une idée de leur règne. — 5. Que firent Galba, Othon et Vitellius? — C. Que firent Vespasien, Titus et Domilien ? — 7. Sous quels princes eut lieu l’àge d’or de l’empire romain? — 8. Que se passa-t-il jusqu’à Constantin ? — 9. Quel fut le règne de Constantin? — 10. Quelles furent les persécutions endurées par l’Eglise el les progrès de l’Eglise persécutée ?— 1 1. Quelles furent les révolutions de l’empirer — 12. Quelles furent les conquêtes et les perles des Romains pendant cette période? — 13. Quel fut le triomphe de l’Eglise? — 14. Quel fut le règne des successeurs de Constantin et de Julien l’Apostat? — 15. Que fit Théodose le Grand ? — IG. Que se passa-t-il sous Honorius? Quel fut le dernier empereur d’Occidenl ? — 17. Quelle fut l’hérésie d’Arius ? — 18. Quels furent les hommes illustres de l’Eglise au 4 e siècle ? — 19. Que devint l’empire d’Orienl, et jusqu’à quand dura-t-il? — 20-. Quel fut l’esprit et le caractère de celte époque?

1 . — Auguste , triumvir cruel, fut un prince excellent. Il pacifia tout l’etnpire , protégea les poêles Virgile et Horace, pardonna généreusement au conspirateur Cinna el fit oublier aux Romains la liberté. — C'est sous lui que Jésus- Christ naquit en Judée, l’an 400t du monde, quatre ans avant l’ère vulgaire.

2. — Ces changements introduits par Auguste dans la constitution politique de Rome, ne sont autre chose que les formes sous lesquelles il posséda les diverses branches de l’autorité suprême, la dictature exceptée; ce sont : 1° le consulat, qu'il se fit accorder tous les ans jusqu’à l’an 21 av. J. C.; l’an 19, il obtint pour toujours la puissance con-

solaire ; 2° la puissance tribunilienne , qui lui fut accordée pour toujours l’an 30, rendit sa personne inviolable , et prépara ainsi les crimes de lèse-majesté; 3° le titre d'imperalor, l’an 51 , titre sous lequel i-l demeura général en chef de toutes les armées, et obtint le pouvoir proconsulaire dans toutes les provinces; 4.° la censure, qu’il s’attribua l’an 19, sous le litre de magistrature des moeurs; 4° le grand pontificat , si considérable par l’influence de la religion.

3. — Auguste, affermi dans sa domination, visita les provinces asiatiques (22) et recouvra sans combat les drapeaux perdus par Crassus contre les Parlhes. 11 passa trois ans dans les Gaules, que menaçaient les Germains. A sou départ, il y laissa Drusus, frère cadet de Tibère, qui pénétra par l’Océan en Germanie et y fit quatre campagnes glorieuses (13-9) ; une mort précoce arrêta le cours de ses victoires. Tibère venait aussi de se signaler contre les Pannoniens, les Daces et les Dalmates (15-12). Envoyé deux fois contre les Germains, après la mort de son frère, il les réprima d’abord , et soumit ensuite tout le pays jusqu'à l'Elbe; mais Parus, qu’il laissa dans sa conquête, se laissa surprendre, dans la forât de Teutberg , par Arminius (Hermann) , chef des Chérusques, qui l’exterminèrent avec ses trois légions.

4- — Les quatre empereurs de la famille d'Auguste sont : Tibère, prince perfide et cruel, qui acheva d’établir le despotisme impérial (14-57 de J. C.); Caligula (57), monstre de cruauté, que tua la garde prétorienne; Claude (41), prince stupide, qui déshérita son fils pour adopter Néron, fils d’Agrippine, sa cinquième femme; enfin Néron (54-68), qui tua son frère Britannicus, sa mère, sa femme, brilla Home, accusa les chrétiens de cet incendie pour les persécuter, et se fit tuer dans une révolte générale de l’empire. Galba lui succéda.

3. — Galba, prince économe et rigide, fut tué par les prétoriens, qui élurent Othon; celui-ci fut bientôt détrôné par le gourmand Pitellius , qui le fut à son tour parVcspasicn (69).

G. — Pespasie n (70), prince sage , rétablit l'ordre. Titus (79), sbn fils , fut appelé les délices du genre humain; mais il ne régna que deux ans. Domitien (81 ), frère de Titus, fut un second Néron, et, comme ce prince, il persécuta horriblement les chrétiens. C’est sons lui qu'Agricola, beau-père de l’historien Tacite, acheva la conquête de la Grande-Bretagne.

.'16 HISTOIRK

7 . — L’âge d'or de l’empire romain se passa sous Nerva (96), Trajan, Adrien, Antonin et Mure Aurèle ( 171 ) , princes vertueux et sages, sous qui l’empire s’étendit encore.

8 . — Après Marc Aurèle jusqu’à Constantin (180-506), on ne voit guère que cruautés , débauches et folies. Commode se piqua de surpasser Caligula. En 193, les prétoriens mirent à l’encan l’empire; Didius Julianus l’acheta. Septime Sévère fut grand, mais cruel; Caracalla, II ëliogabale , étonnèrent le monde par leurs fureurs. Sous Gallien (260), trente tyrans se disputèrent les lambeaux de l’empire. L’un d’eux, Ôdcnat , prince de Palmvrc, eut pour successeur la célèbre Zénobie , sa femme. Claude , Aurëlien, Tacite , Probus, relevèrent la puissance impériale. Dioclétien (284) partagea le pouvoir avec trois collègues; mais, forcé d'abdiquer par Galère , il se retira à Salone , où il acheva paisiblement scs jours (505).

9 . — Constantin , proclamé Auguste en Gaule, vainquit tour à tour ses rivaux , bâtit Constantinople pour capitale de l’empire , adopta le christianisme et le déclara religion de l’Etat (504).

10- — Il y eut dix persécutions générales contre l’Eglise : la première, sous Néron (64), qui coûta la vie à saint Pierre et à saint Paul; la deuxième, sous Domitien (95), où saint Jean fut plongé dans l’huile bouillante; la troisième, sous Trajan (106), qui atteignit saint Siméon et saint Ignace; la quatrième , sous Marc Aurèle (166), dont les principaux martyrs sont Polycarpe et saint Pothin; la cinquième, sous Septime Sévère (169), qui lit périr Léonide et Irénée ; la sixième, sous Maximin (255). qui sévit surtout contre les évêques et les prêtres ; la septième , sous Dèce (250), qui compta parmi ses victimes saint Fabien , saint Alexandre et saint Babylas; la huitième , sous Valérien (258), où moururent saint Etienne et saint Cyprien ; la neuvième, sous Aurélien (275), où saint Denys subit le martyre; enfin la dixième, sous Dioclétien (503-512), où le nombre des victimes fut si grand , qu'on l’a appelée l 'ère des martyrs. Parmi ces martyrs , on distingue saint Quentin, saint Victor, saint Vincent , et la légion Thébéennc , toute composée do chrétiens.

Cependant le sang des martyrs rendait l'Eglise féconde , et le nombre de ses enfants augmentait avec celui de ses apologistes ; en sorte qu’après trois siècles de combats et de souffrances, elle fut plus forte que ses bourreaux et trouva.

dans Constantin un prince qui lit asseoir le christianisme avec lui sur le trône.

if. — Pendant ces trois siècles, l’empire fut agité pur de fréquentes révolutions. Sous les successeurs d’Auguste , l’aristocratie romaine fut en grande partie détruite; les Fiaviens et les Antonins relevèrent l’Etat pendant quelques années ; mais sous Commode , qui le premier acheta la paix des barbares , l’empire marcha à sa décadence. Après lui (192), la soldatesque le mit à l’enchère; puis parurent les usurpateurs militaires (235), époque des trente tyrans et d’une affreuse anarchie; l’aristocratie militaire commença avec Claude 11 (208), et ce fut un pas vers la forme monarchique, qui s’établit sous Dioclétien (284).

12 . — Sous Claude I er (50), commença la conquête de la Grande-Bretagne, qui fut achevée par Agricola, sous Domiticn (50). Corbulon vainquit les Parlhes et les Arméniens, sons Néron (56-65); sous les princes Fiaviens et Antonins (69-191), l'empire s’agrandit de la Batavie, de la Dacic et de plusieurs provinces de l’Asie, telles que l’Arménie, l’Assyrie et la Mésopotamie. Cette dernière province fut cédée aux Parlhes par Philippe l’Arabe (244); d’un autre côté, les barbares du Nord envahirent peu à peu les frontières , en sorte que l’empire ne devait pas larder à être entamé.

13. — Le triomphe de l’Eglise eut lieu , en 325 , lorsque Constantin, vainqueur de tous ses rivaux, eut déclaré le christianisme la religion de l’Etat et fait condamner l’hérésie d’Ariusau concile de Nicée (v. plus bas, n° 17).

14 . — Constantin eut pour successeurs ses trois lils, Constantin II , Constance et Constant. Après eux , parur Julien l’Apostat, ainsi nommé parce qu’il déserta la religion chrétienne pour revenir au paganisme. Il périt en 365, dans une guerre contre les Perses.

13- — Théodose le Grand (380) est le dernier qui ait possédé l’empire tout entier. Il le partagea entre ses deux lils : Arcadius eut l’Orient , et Honorius l’Occident (395).

16. — Les barbares du Nord attaquaient depuis longtemps l’empire; sous Honorius, ils le démembrèrent. Les Vandales occupèrent l’Espagne; les Bourguignons, l’est des Gaules; les Visigoths, le sud; et les Francs, le nord. Romulus Augustulus fut le dernier empereur d’Occident ; Odoacre , roi des llérules , se fit proclamer roi d’Ildlie ( 176 ).

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17. — Arius était un prêtre d’Alexandrie , qui niait la divinité de J. C. Constantin assembla contre i’arianisme, à Nicée, l’an 325, I c premier concile œcuménique ou universel , où 538 évêques condamnèrent les écrits d’Ârius et constatèrent la croyance de l’Eglise par une formule ou profession de foi qu’on appelle symbole de Nicée.

18. — Les hommes les plus illustres de l’Eglise, jusqu’à la tin du 4 e siècle, sont parmi les Grecs: saint Clément d’Alexandrie, Origène, saint Grégoire de Nazianze, saint Basile cl saint Jean Chrysostome ; parmi les Latins : Terlullien, JMctance, saint Hilaire de Poitiers, saint Ambroise , saint Jérôme et saint Augustin.

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