Comment ramène-t-on un terrain à sa base productive
5. Laquelle des deux méthodes, de cultellalion ou de développement, est préférable?
1 . — Dans la méthode de développement, on se sert des procédés ordinaires, et si l’on ne peut pénétrer dans le terrain, on l’entoure de lignes auxiliaires. Seulement, lorsque la pente où l’on doit jalonner la directrice est rapide, on doit multiplier les jalons en raison de sa rapidité; sans cela on serait à peine descendu de quelques pasquc le premier jalon ne serait plus aperçu.
2. — La base productive s’appelle encore projection horizontale ; c’est le plan de niveau supposé sous la pente du terrain incliné. La superficie, qui répond à plomb sous la surface réelle, en est donc la projection horizontale.
Ainsi la projection horizontale d’un terrain incliné n’est autre chose que la figure fcBC (fig. 50, Arp.) que l’on pourrait tracer, si de tous les angles de ce terrain on faisait tomber -un fil à plomb sur une superficie nivelée, B&.
5. — La base productive s’appelle ainsi, parce qu’un terrain incliné produit en raison, non pas de son étendue réelle, mais de sa projection horizontale. En effet, si ce terrain produisait en raison de sa superficie, ce ne pourrait être que si les végétaux s'élevaient perpendiculairement à cette superficie, comme l’arbre l (fig. 50, Arp.), ce qui n’est pas ; car l’expérience démontre qu’ils croissent dans une direction verticale comme les arbres e, f, g, h, i,j, qui , placés le long de la ligne BC , occupent toute la projection horizontale de cette ligne.
Ce privilège, dit M. Lacroix, pourrait cependant être contesté par rapport aux graminées et aux plantes basses ; mais il faut remarquer que les terrains en pente, retenant moins l’humidité que les autres, sont, toutes choses égales d’ailleurs, moins productifs, que leur culture est plus pénible, et par conséquent plus dispendieuse, et que, ces diverses circonstances diminuant leur valeur intrinsèque, c'est avec raison que, lorsqu’on les compare aux terrains horizontaux , on les compte pour une étendue moindre.
4. — Si le terrain qu’on veut ramener à sa base productive est une pente douce, on le mesure avec le décamètre, comme on l’a vu précédemment.
Si la pente du terrain est rapide, au lieu de chaînes, ou emploie une règle de 5 à 6 mètres (fig. 51, Arp.), garnie d’un fil à plomb. Onia porte successivement de E en D, de F
en G,deHen l, de J en K, eic. On voit que la portée ED=NO, fg— OP, M=PQ, jk = Q R, lm = RA : donc la somme des coupes horizontales que l’on obtient en mesurant une ligne inclinée est la même que celle qu’on obtiendrait si l'On mesurait horizontalement et d’un seul trait; en d’autres termes, la même que celle de sa projection horizontale.
S. — Lorsque la pente est douce, on emploie la méthode de développement, parce que l’erreur en plus ou en moins estalors presquenulle; dans le cas contraire, on doit donner la préférence à la méthode de cultellalion.