‹ Nouveau manuel des aspirants et aspirantes aux brevets complémentaires de l'instruction primaire rédigé d'après les programmes officielsChapitre 289 sur 327 · Du soufre, de l'acide sulfureux et du gaz hydrogène · texte numérisé non relu

Du soufre, de l'acide sulfureux et du gaz hydrogène

sulfuré.

t. Qu’est-ce que le soufre? — 2. Qu’est-cc que l’acide sulfureux?

— 3. Quel est son emploi pour blanchir la soie et pour enlever les taches de fruits? — 4. Qu’est-ce que l’hydrogène sulfuré et quelle en est l’action sur l’économie animale? — 5. Quel est l’emploi du chlore contre les asphyxies qui proviennent de l’hydrogène sulfuré ? — 6. Qu’appelle-t-on météorisation des animaux ? —

7. Quel est l’emploi de l’ammoniaque contre la météorisation ?

— 8. Qu’est-ce le chlore? — 9. Quel est son emploi pour la purification de l’air et la destruction des miasmes? — 10. Pour enlever les taches d’encre , de fruits , et en général les taches produites par les matières colorantes , végétales et animales ?

— 11. Quel est l’emploi du sel d’oseille pour enlever les taches qui proviennent des substances végétales? — 12. Quel est le blanchiment des toiles à la rosée et sur le pré, et le procédé plus expéditif par le chlore ?

1 . — Le soufre est solide , friable , insapide, d’un jaune citron, odorant quand on le frotte. Il fond à 112°; à ISO®, il rougit et devient visqueux: c’est dans cet état qu’on s’en sert pour le mouler, soit en creux, soit en relief ; puis il durcit et redevient jaune. Le soufre volatilisé se change par la condensation en une poussière jaune nommée fleur de soufre.

On trouve le soufre libre dans les terrains volcaniques; il y est en masse ou en fleur. On le purifie par la distillation. La laine , les œufs , etc. , contiennent du soufre : d’où vient que les cuillers d’argent noircissent quand elles séjournent dans un plat d’œufs : il se forme alors un sulfure d’argent noir.

Outre l’usage qu’on fait du soufre pour prendre des empreintes de médailles, de bas-reliefs, etc., on l’emploie encore comme remède dans les maladies de la peau , dans la confection des allumettes , dans la fabrication de la poudre, de l’acide sulfurique, etc.

2. — L’acide sulfureux, formé par la combinaison du soufre avec l’oxygène, est un gaz incolore, soluble dans l’eau, d’une odeur piquante d’allumette qui brûle, d’une saveur désagréable; il est impropre à la combustion; il suffoque les animaux qui le respirent; sa pesanteur spécifique est de 2,234.

On l'emploie dans le traitement des maladies cutanées , dans le blanchiment de 4a laine et de la soie; il enlève

du linge les taches de fruit et arrête la fermentation du moût.

5. — L’acide sulfureux s’emploie pour blanchir la soie. On suspend les étolTes bien lavées et séchées, à 2 mètres environ de hauteur, dans un petit cabinet sans cheminée, dont les fenêlres sont bien closes et la porte hermétiquement fermée. On place un peu loin des fenêtres un fourneau plein de charbon ardent; on met sur le fourneau une plaque de tôle, supportant quelques morceaux de soufre concassé; le soufre fondu s’enflamme légèrement et se convertit en gaz acide sulfureux qui donne aux étoffes de soie un beau blanc azuré.

Pour enlever les taches de fruit sur le linge, on lave d’abord les taches à l’eau, puis on brûle par-dessous des allumettes simplement soufrées.

4. — L’acide sulfhydrique ou gaz hydrogène sulfure , gaz formé par la combinaison du soufre et de l’hydrogène , est incolore, d’une odeur et d’une saveur fétides, identique à celle des œufs pourris; sa densité est de 1,4912. Ce gaz se trouve en abondance dans les eaux minérales dites sulfureuses, telles que celles de Baréges, Bagnères, Eaux-Bonnes, Enghien, etc. 11 est produit partout où il y a du soufre qui rencontre de l’hydrogène à l’état de gaz naissant; il est produit aussi par la fermentation putride des œufs , des matières fécales de l’homme, des eaux de savon, des égouts, etc. Son action est tellement délétère, que 7^, de ce gaz suffit pour asphyxier les oiseaux qu'on y plonge ;

fait périr un cheval. On se préserve de ses effets au moyen du chlore.

S- — Le chlore (p. 848), ayant la propriété de décomposer l’hydrogène sulfuré et d’en mettre le soufre h nu, peut être utilement employé dans les asphyxies qui proviennent de ce gaz.

6. — On appelle météorisation ou empansement des animaux le gonflement qu’ils éprouvent lorsqu’ils sont repus de légumineuses fraîches, telles que la luzerne et le trèfle. Cette maladie est due à la formation presque instantanée d’une grande quantité de différents gaz dans le canal intestinal.

7. — On emploie, contre la météorisation, l’ammoniaque étendue d’eau ; la majeure partie des gaz de l’empansement est absorbée tout à coup par cet alcali.

L ammoniaque, appelée encore alcali volatil, est formée

par la combinaison de l'azote avec l'hydrogène. C’est un gaz incolore, soluble dans l’eau (1 litre d’eau en dissout 450 litres), d'unc^aveur caustique, et d’une odeur vive qui provoque le larmoiement. L’ammoniaque n’existe point libre; elle se dégage de toutes les matières azotées qui fermentent. C’est ce gaz qui pique les yeux dans les latrines et près des lieux imprégnés d’urine vieille.

8. — Le chlore, longtemps connu sous le nom d'acide muriatique oxygéné , parce qu’on le supposait formé d'oxygène et d’acide muriatique (acide du sel marin), est un gaz soluble, jaune verdâtre , d’une odeur suffocante. Kespiré en grande quantité, il provoque la toux , cause des rhumes de cerveau, des crachements de sang mortels, éteint les corps en combustion et détruit les couleurs végétales. Sa densité est de 2, 4216.

9. — On emploie le chlore comme désinfectant; il purge l'air et détruit les miasmes putrides en leur enlevant leur hydrogène. Cependant on lui préfère, comme moins dangereux , le chlorure de chaux.

10. — Pour enlever les taches d’encre (excepté l’encre de Chine et l’encre d’imprimerie), les taches de fruits, et en général les taches produites par les matières colorantes , végétales et animales, on emploie le chlore en solution, lechlorure de chaux ou le chlorure de potasse (eau de javelle), auquel on ajoute un peu d’acide sulfurique. On laisse tremper l’endroit taché dans une de ces solutions jusqu’à ce que la tache disparaisse ; mais on ne peut appliquer ces réactifs qu’aux tissus blancs, puisque le chlore non combiné détruit toutes les couleurs d’impression et de teinture.

1 1. — Le sel d’osci lie (oxalale de potasse) s’emploie pour enlever les taches qui proviennent des substances végétales. A cet effet , on met un peu de ce sel dans une cuiller d’étain , on l’y délaye dans l’eau jusqu'à ce que la cuiller soit pleine, et on le fait dissoudre sur le feu. Cette dissolution bouillante se verse goutte à goutte sur les taches, et elles disparaissent, soit à la première, soit à la deuxième opération.

12- — L’ancienne méthode employée dans le blanchiment des toiles à la rosée et sur le pré a l’inconvénient de laisser sur ces toiles des empreintes et comme des taches de moisissure; de plus, la toile noircit, et ces raisons, jointes à celle de plus d’économie, ont fait donner la préférence au blanchiment par le chlore ou plutôt par le chlorure. On fait

d’abord un lessivage ordinaire qui modifie les matières colorantes; cette opération doit alterner plusieurs fois avec les immersions des tissus dans un bain de chlorurede chaux, et pour éviter l’influence d’un excès de chaux , comme rendre plus vive l’action du chlore , on trempe ces tissus dans un bain d’eau contenant un peu d’acide qui s’empare de la chaux.

| 7. De la chaux, du mortier et du plâtre.

1 . Qu’est-cc que la pierre à chaux ? — 2. Qu’est-ce que la chaux grasse ? — 3. Qu’esl-ce que la chaux hydraulique? — 4. Comment se fait la fabrication de la chaux? — 5. Pourquoi la chaux se délite-t-elle à l’air et doit-elle être conservée dans des vases clos?

— 6. Quel est l’emploi de la chaux dans les constructions ?

— 7. Qu’cst-ce que le mortier ordinaire? — 8. Qu’est-ce que le mortier hydraulique? — 9. Qu’est-ce que le ciment romain ? — " - 10. Qu’est-ce que le piètre ? — 11. Quel en est l’emploi dans les constructions et dans l’agriculture? — 12. Comment se fait la fabrication du plâtre ?

1. — La chaux vive (oxyde de calcium) est solide, blanche, caustique, corrosive, infusible. Si l’on verse de l’eau sur la chaux vive, la masse s’échauffe; une partie de l’eau se réduit en vapeur et l’autre divise la matière : on lui donne dans les arts, lorsqu’elle est refroidie, le nom de chaux éteinte (hydrate de chaux).

2. — La chaux grasse provient de la calcination des pierres qui sont presque en entier composées de sous-carbonate de chaux; elle fond aisément avec l'eau et fournit ainsi une pâle grasse au toucher. Elle convient parfaitement à la construction des édifices que l'eau ne doit pas constamment baigner.

3. — La chaux hydraulique , appelée aussi chaux maigre, provient des pierres à chaux qui contiennent de

à £ d’alumine, matière qui fait la base des argiles. La chaux hydraulique s’éteint lentement, n’est point d’une pâte grasse, et a la propriété de se durcir même sous l’eau.

4. — La chaux du chimiste s’obtient avec des écailles d’huitres traitées par l’acide chlorhydrique; celle des arts, par la décomposition, dans des fours, de la pierre à chaux (carbonate de chaux).

Comme le carbonate contient souvent de la silice, ie

coup de feu ne doit pas être trop violent; car il se formerait un silicate, et ce sel, qui ne prend point l’eau, constituerait une chaux brûlée.

3. — Exposée à l’air, la chaux absorbe la vapeur d’eau que celui-ci contient, tombe en poussière et, comme on dit, se délite : aussi doit-on la conserver dans des vases clos.

6. — C’est à l’affinité réciproque de la chaux et de la silice que sont dus les effets des ciments et des mortiers, d’où vient que la chaux s’emploie avec avantage dans les constructions. Le mortier sert à unir entre elles les pierres jointes ou superposées, et, durcissant à mesure qu’il vieillit, il donne une grande solidité aux bâtisses, parce qu’il repasse alors à l’étal de pierre à chaux en absorbant l’acide carbonique de l'air.

7. — Le mortier ordinaire se compose de deux volumes de sable et d’un volume de diaux vive. Il se solidifie d’abord comme les hydrates et se transforme en carbonate par le contact de l’air: de là vient la dureté du ciment des anciens édifices.

8- — Le mortier hydraulique ou béton, destiné à bâtir sous l’eau, est composé de chaux hydraulique et de matières contenant du sable. Il est trois mois à durcir, et par conséquent il a besoin d’être longtemps encaissé et contenu.

9 . — Le ciment romain s’obtient en calcinant un calcaire très-argileux. Ce produit devient, en un quart d’heure, aussi bien sous l’eau que dans l’air, très-consistant , et après quelques jours il est aussi dur que les meilleurs matériaux.

10. — Le plâtre, ou sulfate de chaux, est un composé de chaux, d’acide sulfurique et d’eau. Il est insapide, inodore et seulement soluble dans 250 à 300 fois son poids d’eau.

11. — Le plâtre pur est employé par les sculpteurs. Il sert aux constructions et à l’amendement des prairies artificielles, surtout des trèfles. Ceux-ci en renferment ensuite une assez grande quantité qui y est mélangée intimement et combinée aux diverses parties de la plante.

12. — Pour fabriquer et préparer le plâtre, on le prive dans des fours, par la calcination, de l’eau qu'il renferme ; on le pulvérise, on le passe à la claie et on le tamise. Mêlé en poudre avec un volume d’eau égal au sien , il l’absorbe

rapidement, dégage du calorique et sc solidifie : c’est ce qu’on appelle gâcher du plâtre.

Le plâtre fin, gâché avec de la colle forte, forme le stuc.

§. 8 De l’eau.

1 . Quelles sont les diverses qualités d’eaux ? — 2. Qu’est-ce que les eaux potables? — 3. Quels sont les moyens do reconnaître les meilleures eaux potables ?— 4. Quelles sont les eaux impropres à la cuisson des légumes ? — 5. Quelles sont les eaux impropres au savonnage ? — G. Quel est le procédé pour rendre les eaux calcaires propres au savonnage ? — 7. Que savez-vous sur les citernes ? — 8. Sur leur construction ? — 9. Sur les irrigations? — 10 Sur les puits artésiens et sur les divers terrains où ou peut les trouver? — 11. Sur les eaux minérales?

1. — L’eau est un composé de deux volumes d’hydrogène et d’un volume d'oxygène. On la nomme en chimie oxyde ou protoxyde d’hydrogène.

L’eau se présente sous trois formes : liquide , solide audessous de 0°, et gazeuse à toute température.

On distingue les eaux en trois espèces, d’après leur plus ou moins de pureté : l’eau distillée, l’eau ordinaire et l’eau minérale. L’eau distillée est pure de toute substance étrangère: on l’obtient ainsi par Yalambic *. L’eau ordinaire ou potable renferme plusieurs sels à base de chaux , qui , s’ils sont trop abondants, l’empêchent de cuire les légumes et do dissoudre le savon. L’eau minérale est celle qui est chargé» de quelque substance du règne minéral en assez grand» quantité pour en recevoir un goût ou une couleur.

2. — Les eaux potables proviennent généralement des sources, des rivières et de la pluie. Les deux premières espèces sont presque toujours bonnes à boire ; il n’en est pas de même de la dernière , quoiqu’elle soit plus pure. On emploie alors les filtres de sable et de charbon (voyez page 842).

3. — Les caractères des meilleures eaux potables sont d’être sans couleur , sans odeur, fraîches, vives et aérées ; il est souvent très-utile d’agiter l’eau avant de s’en servir , afin de la rendre plus aérée et plus digestive. De plus, l'eau potable doit dissoudre le savon sans former des grumeaux, et bien cuire les légumes.

1 . L’alambic est une sorte de vaisseau qui sert à distiller, et dont les pièces essentielles sont une cucurbite et un chapiteau.

Soi CHIMIE.

4. — Les eaux qui contiennent des sels calcinés sont impropres à la cuisson des légumes. La chaux se combine avec la iégumine et forme une croûte dure à la surface du légume.

— Les eaux chargées de sels calcaires sont impropres au savonnage. Ces sels décomposent le savon, et, au lieu d'une dissolution laiteuse, il se produit une infinité de petits grumeaux, qui, d’abord en suspension dans l'eau, finissent par se déposer.

G. — On rend les eaux calcaires propres au savonnage , en y faisant dissoudre un peu de carbonate de soude (30 grammes pour 10 voies d’eau), l’une des bases des lessives. On voit alors se former un précipité blanc (carbonate de chaux) qu’on sépare du liquide.

7. — Les citernes sont des lieux souterrains et voûtés, construits dans le but de servir de réservoirs où puissent être contenues et conservées les eaux pluviales , afin d’obvier au manque ou à l’éloignement des sources.

8. — Les citernes doivent être entourées de murs aussi imperméables que possible. On dispose , sous le fond et derrière les murs d’enceinte , des couches d’argile bien battue qui ne laisse pas filtrer l’eau. Les citernes doivent être fermées complètement , afin que l’air et la chaleur n’activent pas l’évaporation de l’eau.

9. — Les irrigations ont lieu d’une infinité de manières, suivant la nature des terrains : ici on emploie des rigoles de plâtre ou d’argile ; là des puits à roues dites à aubes ou à augets ; ailleurs des pompes, etc.

10. — Les sources naturellement jaillissantes ont lieu toutes les fois qu’il existe un bassin supérieur d’où l’eau descend par des conduits naturels et souterrains.

On peut faire jaillir une source, en perçant la terre jusqu’à une couche où se sont rassemblées des eaux infiltrées. Le trou se fait avec une espèce de tarière nommée sonde. Il a seulement quelques centimètres de diamètre; mais sa profondeur est parfois de plusieurs centaines de mètres. Lorsqu’on rencontre une nappe d'eau , le liquide monte de lui-mémé jusqu’au bord du trou et produit souvent un jet. C’est ce qu’on appelle puits artésiens, de l’Artois , où ils sont très-communs.

Souvent, lorsqu’on creuse la terre pour y réunir des eaux dans un puits , si l’on découvre tout à coup une source, les

eaux pressées de bas-en haut arrivent avec tant d’abondance et de rapidité , qu’il en résulte pour les ouvriers des accidents fâcheux.

i 1 . — L’eau minérale est celle qui renferme des principes étrangers capables d’agir sur l’économie animale.

Les eaux minérales sont de quatre sortes : gazeuse t , salines, ferrugineuses ou sulfureuses. Les eaux de Seltz , de Sedlitz, etc., pétillent et dégagent du gaz acide carbonique ; les eaux de Spa,deFichy, d èPassy, etc., sont ferrugineuses ; les eaux de Baréges, de Bagncres, d ’Enghien, les Eaux-Bonnes , etc., sont sulfureuses, avec une odeur d’oeufs pourris.

9. Des substances organiques, le sucre, l’amidon, le vin, la farine, la fécule, le savon, la gélatine, etc.

I . Quels sont les divers sucres ? — 2. Qu’est-ce que l’amidon ? — 3. Qu’est-ce que la fermentation alcoolique ? — 4. Quelle est la manière de faire le vin ? — 5. Quels sont les procédés pour chauffer convenablement le moût et augmenter sa vinosité i — fi. Quel est le moyen de rendre le vin mousseux ? — 7. En quoi consiste le collage des vins ? — 8. Quelles sont les maladies des vins et les moyens de les guérir? — 9. Quels sont les dangers que présentent les boissons alcooliques prises avec excès r —

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