IL BOTANIQUE
§ 1 er . Notions générales.
1 . Qu’est-ce que la botanique ? — 2. Qu’est-ce que les végétaux ?
— 3. Que comprend l’organisation des végétaux ? — 4. Qu’estce que le tissu cellulaire? le tissu vasculaire ? le tissu fibreux ?
— b. Qu’est-ce que la sève ? le cambium ? les sucs propres ? — 6. Comment se présentent en général les organes des végétaux, et combien en ont-ils de sortes? Quels sont les principaux organesde nutrition ? — 7. Qu’est-ce que la lige? Quelles sont les principales espèces de tiges? — 8. Quand la tige est-elle dite couchée ? grimpante? volubile? Qu’appelle-t-on tige rampante? rhizome?
— 9. Quels noms prennent les liges sous le rapport de leur coo-
sislance? sous le rapport de leur forme? sous le rapport de leur structure? — 10. Que comprend la structure des tiges exogènes? Qu’est-ce que l’écorce? le bois? la moelle? — 11. Que distinguei-on dans les plantes endogènes ? dans les niantes acrogèncs? — 12. Qu’est- ce aue la racine , et combien de parties y dislinguct-on? — 13. Quand la racine est-elle dite entière ou simple? composée ? Quels noms prend la racine sous le rapport de sa direction ? sous le rapport de sa structure ? — 14. Qu’appelle-t-on feuilles , et quelles en sont les parties constituantes ? Qu’est-cc que le pétiole? le limbe? — 15. Que dislingue-t-on dans le limbe ? — 16. Quels noms prennent les feuilles sous le rapport combiné des nervures et des parenchymes? sous le rapport de l’union des nervures ou parenchymes ? sous le rapport de leur durée? — 17. Qu’est-cc que la Heur, et quelles en sont les parties essentielles? — 18. Qu’est-ce que le pistil? l’ovaire? le style et les stigmates? — 19. Qu’est-ce que les étamines? le filet ? l’anthère ? le pollcu ? — 20. Qu’est-ce que le calice ? la corolle? le nectaire ? la couronne? les écailles? — 21. Que noramc-l-on fruit, et combien y distingue-t-on de parties? Qu’est-ce que la graine? l’embryon? la radicule? la plumule? — 22. Qu’est-ce que les cotylédons? — 23. Comment se divisent les fruits? Quels sont les principaux fruits secs? les principaux fruils charnus? — 24. Qu est-ce que le bourgeon, et qu’appellel-on œil ? — 25. De combien de sortes la reproduction par bourgeons est-elle ? — 26. En quoi consiste la greffe, et combien en distingue-t-on d’espèces principales? — 27. Qu’appelle-t-on marcotte? qu’est-ce que la bouture?
1. — La Botanique est la partie de l’histoire naturelle qui traite de la structure, des propriétés et de la classilication des végétaux.
2- — l.es végétaux sont des êtres organisés pour vivre, se nourrir et se reproduire. Ils forment sous le nom de règne végétal , l’objet de la partie de l’histoire naturelle appelée botanique.
5. — l'organisation des végétaux comprend trois parties élémeniaires solides : le tissu cellulaire , le tissu vasculaire et le tissu fibreux , et trois parties élémentaires liquides : la sève, le cambium et les sucs propres.
4. — Le tissu cellulaire est formé de cellules , petites cavités closes par des lames transparentes, communiquant entre elles par des pores et soudées par approche les unes avec les autres. — Le tissu vasculaire est formé de vaisseaux, petits tubes dus à l’enroulement des lames du tissu cellulaire et n’offrant plus de cloisons transversales. — Le tissu fibreux est formé de fibres ou filets opaques dirigés
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iongiludinalement, comme la filasse de chanvre, el destinés à consolider certains organes de la plante.
o. — La sève est un fluide incolore , transparent , inodore , formé d’une eau dans laquelle on trouve en dissolution des sels minéraux, des gaz et quelques substances animales ou végétales. — Le cambium, produit de la sève, est un fluide consistant, incolore, de saveur douceâtre, qu’on trouve en couches plus ou moins épaisses entre l’écorce et l’aubier à l’époque de la végétation (p. 87G). — On entend par sucs propres les fluides végétaux autres que la sève et le cambium, tels que le suc laiteux, le suc gommeux, le suc résineux, etc.
6. — Les organes des végétaux se présentent en général sous la forme d’un axe, composé de trois parties, dont deux, la tige et la racine, se développent toujours dans deux directions opposées, et dont la troisième, ou les feuilles, se développent latéralement à cet axe.
Les végétaux ont deux sortes d’organes : les organes de conservation ou de nutrition et les organes de reproduction.
Les organes de nutrition sont au nombre de trois principaux : la tige, la racine et les feuilles.
7. — La tige est la partie supérieure de l’axe du végétal, intermédiaire entre la racine et les feuilles, s'élevant , eu général, verticalement vers le ciel et servant de support aux feuilles, aux fleurs et aux fruits.
Les principales espèces de tiges sont le tronc, tige du sapin, du chêne, etc.; le stipe, tige du palmier; le chaume, tige du blé, etc.
8. — La tige est dite couchée, si elle s’étale sur la terre : grimpante, si elle s’appuie sur un arbre plus vigoureux (lierre) ; volubile, si elle s’enroule en spirale autour de son soutien (clématite, liseron, chèvrefeuille, etc).
On appelle tige rampante celle où l’axe primaire apparaît au-dessus du sol, mais cesse bientôt de croître et envoie latéralement un rameau ou axe secondaire, qui continue de développer la plante dans une direction horizontale; de ce premier rameau en nait un second, qui en produit un troisième, et ainsi de suite : telle est la tige du fraisier.
Ou appelle rhizome , ou lige souterraine , celle ou le phénomène de la tige rampante se produit au-dessous du
sol. Dans ce cas , chaque axe de la plante peut envoyer audessus du sol un rameau vertical sans cesser de ramper ou venir lui-même se développer obliquement à la surface, après avoir produit une pousse latérale destinée à continuer la marche souterraine du végétal : Pim, le blé, V avoine, et en général les graminées, ont des rhizomes.
9. — Sous le rapport de leur consistance , les tiges sont dites herbacées, c’est-à-dire semblables à de l’herbe ; ligneuses , ou formées de bois; charnues, ou gonflées de chair molle.
{.es tiges herbacées qui naissent et qui meurent dans la même année s’appellent annuelles ; on nomme bisannuelles celles qui vivent deux printemps , et vivaces celles qui subsistent un grand nombre d’années.
Sous le rapport de la forme, on appelle tige noueuse celle dont l’axe est divisé par des renflements ou nœuds qui lui donnent plus de solidité (blé) ; articulée , celle qui est divisée par des nœuds où elle se rompt sans se déchirer (œillet), etc.
’ Sous le rapport de la structure , les liges sont dites exogènes (s’accroissant du dedans en dehors) ; endogènes (s’accroissant du dehors en dedans) et acrogènes (s’accroissant par l’extrémité supérieure). Chacun de ces trois mots correspond à une des trois grandes divisions des végétaux en dicotylédones, monocotylédones et acotylédonesK
10- — Ca structure des liges exogènes ou des dicotylédones comprend trois parties principales, savoir : V écorce, le bois ou corps ligneux et la moelle.
L'écorce est l’enveloppe du végétal. On y distingue du centre à la circonférence trois parties, savoir ; 1° F épiderme , ou pellicule mince, sèche, transparente et diversement colorée^ 2° l 'enveloppe herbacée, ou tissu cellulaire externe ; 3° le liber , ou couches internes de l’écorce, ainsi nommées de ce qu’elles forment des lames qu’on peut séparer comme les feuillets d’un livre [liber, en latin).
Le bois ou corps ligneux se compose de plusieurs couches concentriques , dont les plus externes s’appellent aubier.
La moelle est une substance spongieuse, légère, renfermée dans un canal appelé étui médullaire et se prolongeant du collet de la racine au sommet de la tige.
t. Voyez p. 883 pour la valeur de ces mots.
11. — Dans les plantes monocotylédones ou endogènes, on ne distingue ni écorce, ni couches ligneuses concentriques, ni canal médullaire, mais un simple épiderme plus ou moins épais, une substance homogène dans toute l’épaisseur de la tige , composée de longs faisceaux de fibres ligneuses éparses au milieu du tissu spongieux qui les unit les unes aux autres : telle est la lige du palmier. Dans les plantes acotylédones ou acrogèncs, les tiges ont à leur centre un cylindre cellulaire ou moelle, et à leur surface une zone épaisse, noirâtre, formée par les bases persistantes des feuilles et qui tient lieu d'enveloppe corticale.
12. — La racine est la partie de l’axe du végétal qui se développe toujours dans un sens opposé à celui de la tige : elle a pour caractère essentiel l’impossibilité de produire des feuilles et de prendre la couleur verte, même sous l’influence de la lumière, si ce n’esl à ses extrémités.
La racine se compose de trois parties, savoir : 1° le collet ou ligne de démarcation entre la racine et la tige ; 2° la base ou la partie la plus rapprochée du collet; 3° le sommet ou la partie la plus éloignée du collet.
13. — La racine est dite entière ou simple , lorsqu’elle est à base unique comme dans la plupart des dicotylédones; et composée , lorsqu’elle est à base multiple, comme dans presque toutes les monocotylédones.
Sous le rapport de la direction, la racine simple est dite pivotante, c'est-à-dire s’enfonçant verticalement ; oblique ou horizontale, selon qu'elle s’écarte de la perpendiculaire ou s'étend parallèlement à la surface du sol ; tubéreuse, lorsqu’elle porte des tubercules plus ou moins nombreux , comme la pomme de terre, etc.
La racine composée est dite fasciculée , quand elle est composée d’un faisceau d’axes charnus et à fécule ; fibreuse, quand ces axes sont des fibres plus ou moins cylindriques, etc.
Sous le rapport de la structure, les racines des exogènes n’ont ni étui médullaire ni moelle, dont la place au centre est occupée par les fibres du bois. — Les racines des endogènes ont la même structure que la tige dans les grands végétaux, et dans les petits, les faisceaux se réunissent pour former un axe à leur centre. — La racine des acrogènes est toujours adventice , c’est-à-dire non naturelle.