‹ Nouveau manuel des aspirants et aspirantes aux brevets complémentaires de l'instruction primaire rédigé d'après les programmes officielsChapitre 296 sur 327 · On appelle feuilles les expansions latérales · texte numérisé non relu

On appelle feuilles les expansions latérales

de la tige, ordinairement de forme lamellaire et de couleur verte.

Les feuilles sont aériennes ou submergées , selon le milieu dans lequel elles se développent ; la structure en varie dans l’un ou l’autre cas.

Les parties constituantes des feuilles sont 1 e pétiole et le limbe ou disque.

Le pétiole est le support cylindrique plus ou moins grêle et allongé qu’on nomme vulgairement queue de la feuille. — Le limbe est la lame mince, aplatie, qui forme en général la plus grande portion de la feuille.

Ig. — On distingue dans le limbe les nervures et le parenchyme.

Les nervures sont des fibres diversement ramifiées et formant comme la charpente de la feuille. — Le parenchyme est une membrane tendre , ordinairement verte , remplissant les interstices des nervures et revêtue d’un épiderme très-mince.

16. — Sous le rapport combiné des nervures et du parenchyme, on appelle obtuse, la feuille à sommet arrondi ; aiguë, la feuille à sommet effilé ; linéaire, quand ses bords parallèles comprennent une surface étroite; subulée, quand elle se termine en pointe ; lancéolée, quand elle diminue insensiblement de son milieu à ses deux extrémités; cordiforme , quand sa base est creusée en deux lobes et son sommet arrondi en ovale ; sagittée , en fer de flèche ; hastée, en forme de pique, etc.

Sous le rapport de l’union des nervures au parenchyme, on appelle feuille simple, celle qui ne forme qu’un seul tout dont on ne peut isoler une partie sans déchirer les autres (vigne), et composée, celle dont les diverses parties, isolées l’une de l'autre, adhèrent au pétiole par une articulation distincte , de telle sorte qu’on peut les en séparer sans déchirure (marronnier d’Inde).

Sous le rapport de leur durée, les feuilles sont dites caduques ou annuelles, quand elles tombent avant de se flétrir (tilleul, noyer, etc.l; persistantes, quand elles persistent plus ou moins sur fa tige après s’être flétries.

17. — La fleur est l’assemblage des organes fécondateurs ou parties essentielles de la plante et des parties accessoires qui leur servent d’enveloppe. Cette enveloppe, ordinairement brillante, à laquelle on donne vulgairement le nom de fleur, n’est donc qu’une portion de la véritable fleur.

Les pariies essentielles de la fleur sont le pistil et les étamines; les parties accessoires, la corolle, le calice, le nectaire, la couronne et les écailles. La fleur est dite complète, selon qu’elle est ou non pourvue de tous les organes qui peuvent entrer dans sa composition. Toutes ces parties essentielles ou accessoires ne sont que des transformations des feuilles, métamorphoses d’autant plus éloignées de leur type, qu’elles s’élèvent davantage sur l’axe de la plante.

1 R. — Le pistil est l’organe femelle de la plante : c’est un petit corps placé an centre de la (leur, tantôt unique , tantôt multiple, et ordinairement composé de trois pariies : l 'ovaire, le style et le stigmate. — L'ovaire est la base ou partie inférieure du pistil, renflée, généralement arrondie et renfermant les ovules ou rudiments des jeunes graines. Le style est la partie intermédiaire s’élevant sur l’ovaire sous la forme d’un filet creux ou plein. Le stigmate est un petit mamelon posant d’ordinaire sur le sommet du style , le plus souvent spongieux, recouvert d’un enduit visqueux, unique ou multiple, selon que le style offre une ou plusieurs divisions.

19. — Les étamines sont les organes mâles de la plante : ce sont de petits corps placés en nombre plus ou moins grand autour du pistil. On y distingue deux parties principales : le filet et l 'anthère. — Le filet e st le support filamenteux, le plus souvent cylindrique, sur lequel est attaché l’anthère. L'anthére est un petit sac membraneux, composé d’une, de deux ou de plusieurs loges. A la maturité, chacune de ces loges s’ouvre isolément pour répandre une poussière jaune qui les remplit et qu’on appelle pollen. Le pollen ou poussière fécondante se compose de grains microscopiques, enveloppés de deux membranes, dont l’interne renferme une matière fluide , épaisse , visqueuse , et de petits corpuscules mêlés souvent à des gouttelettes d’huile.

20. — Le calice est l’enveloppe foliacée de la corolle. 11 se compose de folioles, nommées sépales ou phylles. Si les folioles sont libres dès leur base, dans toute leur étendue, le calice est dit polyphylle ou polysépale ; si elles se soudent plus ou moins entre elles , il est dit monophylle ou monosépale.

La corolle est la partie colorée de la fleur qui enveloppe immédiatement les étamines. Elle se compose de folioles , nommées pétales, qui restent complètement isolées et indé-

pendantes Tune de l’autre, ou qui sc soudent dans une partie plus ou moins grande de leur longueur. Dans le premier cas, la corolle est dite polypétale, et dans le second. monopétale. On appelle fleur simple celle où le nombre des pétales ne dépasse pas le nombre qui convient à son espèce; et double, celle où il le dépasse. Dans la fleur double , les étamines se sont changées en pétales.

On appelle nectaires les corps glanduleux naissant sur les pétales , les étamines , l’ovaire , et laissant suinter celte liqueur miellée qu’on trouve , sous le nom de nectar, dans le fond de quelques fleurs.

La couronne est un organe placé dans quelques plantes à l’intérieur de la corolle sous l’aspect d’un anneau, d’un tube ou d’un godet (narcisse).

On désigne sous le nom d 'écailles des appendices de formes très-variées qu’on observe sur différentes fleurs , comme la base interne des pétales dans la renoncule.

2t. — On nomme fruit tout ovaire fécondé , accru et parvenu à sa maturité. C’est aussi, par extension, l’ensemble des ovaires portés sur ces mêmes pédoncules ou réunis dans la même fleur.

On distingue dans le fruit deux parties principales, le péricarpe et la graine. Le péricarpe est la partie du fruit, sèche , membraneuse ou charnue qui sert d’enveloppe à la graine. La graine est la partie interne du fruit qui renferme V embryon ou rudiment d’une nouvelle plante.

L’embryon est la partie essentielle de la graine. On y ■distingue trois parties principales; la radicule, la plumule et les cotylédons.

La radicule est la jeune racine qui, avant la germination, est toujours simple , mais qui , en se développant , se divise plus ou moins, et tend continuellement à s’enfoncer vers le centre de la terre.

La plumule est la jeune tige, quelquefois peu visible avant la germination, mais d’autres fois aussi longue que la radicule, avec laquelle elle se continue inférieurement.

22. — Les cotylédons sont les appendices latéraux qui représentent les premières feuilles. Or, les cotylédons sont alternes ou vcrlicillés, c’est-à-dire formant des anneaux. Dans le premier cas, la feuille inférieure, solitaire et mieux favorisée dans son développement , se nomme seule cotylédon ; dans le second cas , les deux premières feuilles opposées prennent un égal accroissement et reçoivent toutes deux le nom de cotylédons.

Telle est la base de la grande division des végétaux : 1 » en monocotylédones, c’est-à-dire ceux dont la graine est à un seul cotylédon ou à plusieurs cotylédons alternes; 2° en dicotylédones, c’est-à-dire ceux dont la graine a deux ou plusieurs cotylédons verticillés. 11 faut y joindre les acotylédones, c’est-à-dire les plantes qui n’ont pas de cotylédon.

23. — Les fruits se divisent en simples, ou d’un seul ovaire (cerise) , et en composés, ou de plusieurs ovaires (framboise).

Les fruits simples sont secs ou charnus.

Les principaux fruits secs sont: 1° la gousse ou légume, péricarpe à deux valves ou cosses appliquées Pune contre l’autre (pois) ; 2° la silique , péricarpe à deux valves séparées par une cloison parallèle (chou).

Les principaux fruits charnus sont les fruits à noyau (prunier), à brou (noyer), à plusieurs osselets (néflier), à pomme (pommier) , à pépins (melon) , à baies (groseillier), etc.

24. — On appelle bourgeons les germes ou rudiments visibles, mais non développés, des branches, des feuilles et des fleurs ; lorsqu’ils sont petits encore, ils portent le nom spécial de boutons : on appelle œil le bourgeon qui commence à poindre.

28. — La reproduction par bourgeons est de deux sortes, naturelle ou artificielle. Elle est naturelle quand elle a lieu spontanément dans la plante ; elle est artificielle quand elle s’opère à l’aide de la greffe.

26- — La greffe consiste à faire servir à la nourriture d'un rameau privilégié toute la sève, tout le cambium d’un tronc. On distingue trois especes principales de greffe, savoir : la greffe par approche, la greffe en fente et la greffe en écusson.

27. — On nomme marcotte une branche quelconque tenant au tronc, dont on entoure de terre l’extrémité, après y avoir pratiqué une ligature ou une section, pour lui faire pousser des racines. On coupe la branche lorsqu’elle est enracinée, et l’on a ainsi un nouvel individu. Si l’on coupe la branche avant de la mettre en terre, on lui donne le nom de bouture.

§ 2. Classification des végétaux.

I . Combien connaît-on d’espèces de végétaux ? — 2. Quelles sont les différentes méthodes de classification? — 3. En quoi consiste la méthode de Tournefort ? — 4. En quoi consiste la méthode de Linné ? — 5. En quoi consiste la méthode de Jussieu ?

1. — On connaît en botanique plus de 70,000 espèces. Or il serait impossible de les distinguer facilement si les méthodes de classification ne venaient au secours des botanistes.

2. — On distingue trois méthodes principales de classification : la méthode de Tournefort , la méthode de Linné et la méthode de Jussieu. Celle de Jussieu est la plus généralement adoptée.

3. — La méthode de Tournefort, botaniste français du xvu e siècle, comprend vingt-deux classes, fondées sur les différences de la corolle, en vertu desquelles il a souvent séparé des végétaux du même genre.

4. — La méthode de Linné, botaniste suédois du xvm e siècle, repose sur les caractères que l’on peut tirer des étamines et des pistils. Les classes, au nombre de 21, sont établies d'après les étamines; les ordres, au nombre de 118, le sont en général d’après les pistils; les genres et les espèces sont indiqués par une phrase descriptive. Cette méthode est simple, mais d’une application quelquefois difficile.

3- — La méthode de Jussieu 1 consiste à diviser les végétaux en familles naturelles, c’est-à-dire en groupes qui se ressemblent par un grand nombre de points communs.

Cette méthode comprend trois grandes divisions, subdivisées en quinze classes; chaque classe se compose d’un certain nombre A' ordres ou de familles naturelles; chaque famille est partagée en un certain nombre d’espèces*.

1. On la doit aux deux célèbres botanistes français Bertrand de Jussieu et Antoine-Laurent de Jussieu, son neveu.

2. Nous ne suivrons pas cette classification dans tous ses détails ; nous nous contenterons de parler succinctement des classes et de leurs principales subdivisions.

Les trois grandes divisions reposent sur la structure de l'embryon, qui n’a point de cotylédon (p. 880), ou qui en a un, ou qui en a deux; ces trois divisions sont : i° les acotylédones ou plantes sans cotylédon ; 2° les monocotylédones ou plantes à un seul cotylédon; 5° les dicotylédones ou plantes à deux cotylédons. Les acotylédones s'appellent aussi cryptogames 1 pour les distinguer des deux autres divisions nommées phanérogames.

Les acotylédones ne forment qu'une seule classe; elle a pour caractères l’absence ou l’invisibilité du cotylédon et une fleur inconnue , comme dans les algues , les champignons, les lichens, les mousses.

Les monocolylédones ont pour caractères la présence d’un cotylédon et une fleur distincte : elles forment trois classes , fondées sur la position différente des étamines.

Les dicotylédones ont pour caractères la présence de deux cotylédons et une fleur distincte : elles forment onze classes fondées sur la position des étamines et sur le nombre comme sur la disposition des pétales.

1° Acotylédones.

l re Classe. — Cotylédons absents ou invisibles; fleur inconnue.

I. Quelles sont les principales familles de la l ,e classe?— 2. Qu’estce que les algues, et que comprennent-elles? — 3. Qu’est-ce que les champignons, et que comprennent-ils ? Quelles précautions faut-il prendre dans l’emploi des champignons ? — 4. Qu’cst-ce que les lichens? quels en sont les principaux genres? — 5. Qu’est-cc que les mousses ? — 6. Qu’est-ce que les lycopodes? — 7. Qu’est-ce que les fougères, et que comprennent-elles ?

1 . — Les principales familles de la 1 re classe sont les algues , les champignons , les lichens, les mousses, etc.

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