Une école mutuelle se divise en huit classes, parta
gées en groupes de neuf élèves. Or la grande difficulté, c’est de faire coïncider l’espace qu’ils doivent occuper aux bancs, aux groupes et le long de la muraille. Pour la résoudre , mesurez en mètres le périmètre ou pourtour de la classe ; divisez ce nombre par et multipliez le quotient
par 6. Comme les moniteurs ne se rangent pas contre le mur et sont en avant des élèves, si les groupes sont de neuf, on peut ajouter un neuvième au quotient.
4. — Une classe doit avoir autant de corps de menuiserie qu’il y a de cercles. Oo appelle corps de menuiserie un
036 méthodes
banc et une table liés ensemble par des traverses. — Les tables et les bancs sont de trois dimensions pour les grands, pour les moyens et pour les petits élèves. — Il est bon de placer à l'extrémité des corps de menuiserie un pupitre et un banc où le moniteur travaille sans perdre de vue ses élèves.
iî. — Le maître domine la classe d’une estrade élevée de deux marches ; sur l’estrade se trouve le bureau du maître et son pupitre fermant à clef.
A droite du maître et le long du mur est un casier où l’on serre les livres de la lecture courante et tout ce qui regarde le chant. Chaque classe a sa case. — A gauche du maître et le long du mur est une petite bibliothèque où l’on serre les livres à l’usage des classes et du maître.
ü. — Autour de la classe régnent des traverses de sapin, garnies de clous, pour y suspendre des tableaux de lecture, de grammaire, d’arithmétique, de système légal des poids et mesures, de géométrie, de dessin linéaire, de géographie, d'histoire et de musique. Ces tableaux sont collés sur des plaucheltes de bois de sapin bien sec, percées d’un trou par le haut.
Au milieu et dans le haut des tableaux noirs, on suspend à un clou des tableaux de lecture, de grammaire et de géographie. Ou suspend des tableaux d’arithmétique, de dessin linéaire, à gauche du tableau noir, qui doit rester libre pour les calculs et les dessins.
7 . — Les moniteurs sont armés d’une baguette qui leur sert d’indicateur dans les expériences du demi-cercle. Les exercices finis, ils la suspendent à un clou du tableau noir. Les premiers de groupes portent à leur cou une médaille de bronze.
Le mode, mutuel a, comme le mode simultané, besoin d'un tableau d’honneur, d'un tableau noir, etc.
§ 2. De la direction ou tenue d’une école mutuelle.
Que comprend la direction ou tenue d’une école mutuelle ?
La direction ou tenue d’une école mutuelle comprend : 1 * la distribution du temps et du travail ; 2 ° la surveillance qui s’exerce par les moniteurs; 3° les commandements,
d'enseignement. 957*
1<SS punitions, les récompenses et les examens; 4° les registres.
1° Distribution du temps et du travail.
1 . Quelle est la distribution du temps et du travail ? — 2. Qu’y a-t-il à dire sur les conges et les vacances?
1. — Rien n’est plus important que la distribution du temps et du travail.
La classe du matin commence par l’inspection de propreté, la prière cl l’appel; puis viennent tour à tour les exercices d’écriture, de lecture, de calcul et de dessin linéaire , l’appel des bons et des mauvais points , la prière et la sortie.
La classe du soir commence comme celle du matin ; puis viennent successivement la grammaire, le catéchisme, la musique, l’écriture, la géographie, la lecture, le dessin linéaire, etc., exercices qui se terminent par la prière.
2. — Les congés et les vacances ont lieu comme au mode simultané (p. 931).
2® Moniteurs.
V. Qu’est-cc que les moniteurs, et combien y en a-t-il d’espèces? — 2. Quelle est l’importance des moniteurs, et doit-il y avoir pour eux une classe? — 3. Combien faut-il de moniteurs généraux, et quelle est leur fonction ? — 4. Quelle est la fonction des moniteurs particuliers et des moniteurs adjoints?
1. — Les moniteurs sont des élèves intelligents et sages, chargés de transmettre l’instruction aux élèves moins avancés qu’eux , sous la direction et la surveillance des maîtres.
11 y a trois sortes de moniteurs, savoir : les moniteurs généraux, les moniteurs particuliers et les moniteurs adjoints.
2. — Les moniteurs sont moins des surveillants que des élèves-maîtres; il est donc indispensable que le maître, dont ils doivent partager les fonctions, les instruise avec soin dans une classe particulière d’une heure par jour.
5. — Si la classe est nombreuse, il faut douze moniteurs généraux pour que le tour de chacun ne revienne que toutes les quinzaines. — Il y a des classes où l'on n'emploie que trois moniteurs généraux : un pour l'écriture, la grammaire Manuel. — D. Supérieur. 40
HtfTHODES
et le dessin linéaire , un pour la lecture et la géographie, et un pour l’arithmétique.
Le moniteur général inspecte , le matin, la classe; il dispose les cahiers d’appel , la sonnette, le sifflet et la table du maître. — A huit heures trois quarts il ouvre la porte aux moniteurs, en fait l'appel et remplace les absents. — A neuf heures, il fait entrer les élèves , monte à l'estrade, observe tous les mouvements , fait mettre les élèves à genoux pour réciter la prière, et les fait ensuite rentrer dans les bancs. C’est lui qui fait la prière à la fin de la classe.
4. — Les moniteurs particuliers sont les élèves les plus intelligents de chaque classe. Il y a des moniteurs pour la lecture, pour l’écriture, etc. ; cependant les mêmes moniteurs peuvent être chargés de plusieurs branches d’instruction. Les moniteurs adjoints sont choisis parmi les bons élèves, dont le maître tient une liste exacte.
3° Commandements, punitions, récompenses et examens.
1. Par quels moyens se transmettent les commandements? — 2. Quels sont les tableaux en usage dans les écoles mutuelles? — 3. Quelles sont les punitions et les récompenses? — 4. Les examens sontils plus importants dans une école mutuelle que dans une école simultanée? — 5. Combien faut-il d’examens dans une année? — C. Comment se font les examens pour chaque matière de renseignement?
1. — Les commandements se transmettent par la voix, la sotinette , le sifflet et les signes. Le sifflet est réservé aux maîtres, le moniteur général a la sonnette.
2. — Voici la liste des tableaux employés dans les écoles mutuelles :
i° Tableau de la méthode de lecture sans épellation ; 2° d’écriture et de dictées ; 3° de grammaire ; -4° d’arithmétique et du système légal des poids et mesures; 3® de dessin linéaire ; 6° de géographie ; 7° d’histoire ; 8° de musique.
5. — Les punitions et les récompenses se donnent comme au mode simultané (p. 932).
4- — Dans le mode mutuel , le maître n’enseigne pas luimême ; il doit donc vérifier de temps à autre le travail des moniteurs par l'examen des élèves.
Quand un nouvel élèTe se présente , le maître doit Pio-
d’enseignement.
terroger avec soin pour savoir dans quel groupe il doit le placer ; c’est le seul moyen d'établir une classification exacte.
3. — L’examen doit se faire une fois par mois , à la dernière semaine, pour constater les progrès des élèves, et faire passer dans une classe supérieure ceux qui le méritent. Les examens mensuels sont fort importants , car ils excitent l’émulation des élèves, qu’ils tiennent constamment en éveil.
6. — Le maître commence par la classe de lecture , et consacre dix minutes à l’examen de chaque groupe. 11 fait passer de la première à la deuxième classe de lecture les élèves qui lisent , sans hésiter et dans quelque ordre qu'on le leur demande, tout le vocabulaire de leur classe.
L’examen des écritures se fait par des dictées de mots ou de phrases. Une heure suffit pour une école nombreuse.
Dans l’examen d’arithmétique , le maître exige de la première classe un tracé correct et élégant des chiffres ; à la deuxième, il dicte des additions ; à la troisième des soustractions, et ainsi de suite pour toutes (es autres.
L’examen de grammaire se fait aux groupes. Le maître dicte des phrases que l’on écrit sur le tableau noir ; dans les classes plus élevées, il fait analyser et décomposer les phrases.
Pour l’examen du catéchisme, de l’instruction morale et religieuse, les élèves se placent le dos au mur et répondent successivement aux questions qui leur sont adressées , ou bien ils récitent les prières qu’ils ont apprises.
L’examen du dessin linéaire se fait aux groupes pour les premières classes , et aux bancs pour les autres.
L’examen de géographie se fait devant les caries murales. Si les élèves dessinent des cartes géographiques , le maître -examine et juge leur travail.
L’examen de la classe de chant se fait par le professeur chargé de cet enseignement , ou par le maître si l’école n’a pas pour cet objet de professeur spécial.
Outre ces examens mensuels, il y a encore deux grand* examens , l’un a Pâques et l’autre avant les prix.
4° Registres.
Combien faut-il de registres?
Il faut irois registres, savoir: 4° le registre d’inscription des élèves ; 2* le registre de correspondance; 3° le registre des dépenses et des recettes.
Ces registres sont tenus par le maître.
Pour l’emploi de ces registres, voyez page 934, à la méthode d’enseignement simultané.