PONCTUATION. 1 4S
explicatives, parce qu’elles sont séparables ; on ne l’emploie pas pour les propositions incidentes déterminatives, parce qu'elles sont inséparables du mot auquel elles sont liées. Ex. :
Le temps, qui change tout, change aussi nos humeurs.
La gloire qui vient de la vertu est préférable à celle qui s'acquiert par les armes.
6° On emploie la virgule avant et après toute réunion de mots outoutmotqn’on peut retrancher sans détruire le sens de la phrase; tels sont les adjectifs ou les participes accompagnés d’un complément, les compléments circonstanciels, les mots mis en apostrophe, les propositions enclavées dans une antre, etc. Ex. :
Le fruit meurt en naissant, dans son germe infecté.
Le style de Bossuet, toujours noble et rapide, entraîne et étonne.
Je crains Dieu, cher Abner, et n’ai point d’autre crainte.
Le travail, dit un auteur, est père au plaisir.
7° Lorsqu’on sous-entend dans une seconde proposition le verbe de la première, on le remplace par la virgule. Ex.
On a toujours raison ; le destin, toujours tort.
8° Lorsqu’on n’exprime que le sujet d'une proposition el liptique, ce sujet se place entre deux virgules. Ex. :
Les langues ont, chacune, leurs bizarreries.
Ici chacune est mis pour chacune a ses bizarreries.
2 . — Il y a trois cas principaux où l’on emploie 1 c point et virgule ; les voici :
1° On emploie le point el virgule pour séparer les propositions semblables qui ont une certaine étendue. Ex. :
Soyez ici des lois l’interprète suprême ;
Rendez leur ministère aussi saint que vous-méme ;
Enseignez la raison, la justice et la paix.
2° On emploie le point et virgule pour les propositions que l’on oppose ou que l’on compare l’une à l’autre. Ex.:
Le titre de conquérant n’est écrit que sur le marbre ; mais le titre de père du peuple est gravé dans les cœurs.
Le bonheur peut conduire à la grandeur suprême ;
Mais, pour y résister, il faut la vertu même.
3° On emploie le point et virgule pour séparer les parties Manuel. — D. Supérieur. "
principales de toute énumération dont les parties subalternes exigent la virgule. Ex. :
Turenne parle, chacun écoute ses oracles; il commande, chacun suit avec joie ses ordres ; il marche, chacun croit courir à la gloire.
3- — Il y a trois cas principaux où l’on emploie les deux points; les voici :
\° On emploie les deux points après une phrase finie, mais suivie d’une autre qui la développe ou l’éclaircit. Ex. :
Travaillez, prenez de la peine :
C'est le fonds qui manque le moins.
2" On emploie les deux points lorsqu’on passe à une énumération ou que l'on en sort. Ex. :
Voici les quatre siècles littéraires : le siècle de Périclès, le siècle d’Auguste, le siècle de Léon X et le siècle de Louis XIV.
L’exercice, la sobriété, le travail : voilà trois médecins qui ne se trompent pas.
3” On emploie les deux points après une proposition qui annonce une citation. Ex. :
Le chêne un jour dit au roseau :
Vous avez bien raison d’accuser la nature.
$ 3 . Emploi du Point , du Point d'interrogation , du Point d 1 exclamation et des Points de suspension .
1. Où se met le point? — 2. Où se met le point d’interrogation , et où faut-il que soit l’interrogation pour qu’on emploie le point interrogatif ? — 3. Après quoi se met le point d’exclamation ? — 4. Quand emploie-t-on les pointa de suspension?
— Le point se met à la fin de toutes les phrases indépendantes de celles qui suivent, ou qui n’y tiennent que par le fond même de la pensée que l’on développe. Ex. :
La déesse tenait d’une main un sceptre d’or pour commander aux vagues. Elle avait un visage serein et plein de majesté. Des Tritons conduisaient son char. On voyait au milieu des airs Eole, empressé et inquiet.