QUATRIEME PARTIE
Historique du Cacao.
Les premières notions connues sur le cacaoyer ou le cacaoier , sont dues à des auteurs espagnols, comme on peut le oir dans l’énumération des ouvrages qui en traitent, sur— out par Robles-Cornejo, Herrera, Oviedo, etc. Les déails qu’on doit aussi au docteur Hernandez, médecin du j'oi à la Nouvelle-Espagne, sont très-étendus et pleins d intérêt. Ce médecin a compté quatre cacaotiers qui n’ont pour aractères particuliers que la hauteur des arbres et la groseur des fruits, ce qui peut, tout au plus, constituer des ariélés dues à l’influence du sol et du climat ; il leur a donné es noms de Quachahuatl , Mecacahuall, Xocicucahuatl et rialcacahuatl. D’après lui, la première , qui est la plus levée, donne beaucoup de fruits; la seconde est d’une haueur moyenne et porte des feuilles et des fruits plus petits;
Ïi troisième donne des fruits encore plus petits et rouges en ebors; enfin la quatrième, dont le nom signifie petit arbre à, iacao, a ses graines très-petites. Ce sont celles qui sont généalement employées en breuvage; les autres servent, dit I. Gallais, de monnaie. On peut, à ce sujet, consulter les ourages suivans : Rerum medicarum novœ Uispaniœ historia , a monographie du cacao, etc.
Aublet a désigné trois espèces de cacaoyers :
1° Le cacaoyer sauvage, cacao sylveslris; ses feuilles sont j rès-entières et les fruits sans côte.
2° Le cacao anguleux, cacao guianensis. Aublet. Feuilles lentées, fruit cotonneux et roussàtre, ayant cinq côtes saillantes. On trouve ces deux espèces dans les forêts de la Luyane.
3° Le cacaotier cultivé, cacao sativa. A. C’est le fruit de ce dernier qui donne les amandes connues dans le commerce sous ie uom de cacao. Les naturalistes n’ont pas admis celte distinc-
tion ; et Linné est le premier qui ait classé cet arbre précieux.
Il en fit un genre qu’il nomma Theobroma (mets des dieux), et qu’il plaça dans la polyadelphie de candrie. Par la suite il crut que le theobroma de la Guyane, Theobroma guianensis d’Aublet, était une espèce particulière : mais Tournefort et Ju ssieu n’en ont admis qu’une espèce, le Theobroma cacao , que ce dernier a rangé dans la famille des malvacées. Enfinni M3I. Bompland et de Humboldt en ont découvert une autre espèce qu’ils ont nommée Theobroma bicolor.
Les régions de l’Amérique, situées sous la Zone-Torride, sont les seules où, jusqu’à ce jour, on ait rencontré le cacaoyer indigène, surtout le Mexique, dont il était une des principales richesses, quand Fernand-Cortès en fit la conquête. Sa culture s’étendait au nord jusqu’à la province deZacalecas, et les provinces de Mechoacan,d’Oaxaca,de Tabasco, de Vera-Crux, qui payaient à Montezuma des tributs considérables de cacao. Cet arbre croit aussi naturellement à la Guyane et à la côte de Caraque. Ce ne fut guère que verssj le milieu du 17e siècle que la France se livra, dans ses colonies, à la culture du cacaoyer.
Cet arbre aime les lieux abrités et les terrains humides et! profonds; il craint un soleil trop ardent; il est de la taille de nos grands cerisiers. Les auteurs ont beaucoup varié sur lai hauteur de cet arbre : Chaumeton, Poiret et Chamberet la portent à 50 pieds ; A. Richard et Merat à 30 et même 40; Milhau et Deluk, de 12 à 20 pieds; lîoussingault à 15 pieds, etc.
Le bois du cacaotier, poreux et léger, est couvert d’une écorce quiest fauve sur les jeunes branches et d'une teinte plus foncée sur le tronc. Les jeunes feuilles sont d’un pourpre rosé, et les plus grandes, qui sont d’un vert foncé, ont jusqu’à 20 pouces de longueur sur 5 ou 4 de largeur, avec une bordure dont la couleur se rapproclio»de celle de la chair. Cet arbre offre, en même temps, des boutons, des fleurs et des fruits mûrs; les boutons ont la longueur d’une amande de cerise et sont d’un blanc verdâtre ou rosé; les fleurs sont petites, inodores, les unes blanches et les autres d’un rose tirant sur la couleur de chair. Les fruits mûrs sont d’un jaune foncé ou mélangé de rouge, ordinairement rugueux à leur surface, ayant l’aspect des melons, présentant de huit à dix côtes qui, lorsqu’elles sont mures, s’entr’ouvrent et laissent sortir les graines de cacao, dites Cabosse. Ces graines sont contenues
Jans le fruit dans cinq loges disposées à plat et symétrinuement comme une sorte de stratification de 20 à 30 graines entourées d une pulpe rosée gélatineuse, d’une acidité agréable. Les plus gros fruits peuvent en contenir de 40 à 50, taniis que, dans les Antilles, ces fruits ont rarement plus de cintr Douces. De ces arbres étant gênés dans leur développement ne contiennent cjue de 6 à 15 semences.
Le cacao a la forme d’une olive : lorsqu’il est mûr, il offre me pellicule mince d un rouge vif, qui recouvre une subtance d un rouge brun; s’il n’est point parvenu à sa matu- ' c Par aite> chair et la pellicule sont d’un blanc rougeâtre |u . d un 'vert loncé. Les cacaos se distinguent ordinairement uivant les lieux d’où ils proviennent; les plus généralement mportes en Europe sont :
1° De Guatimala : les cacaos de Soconusco.
2o De Colombie : ceux de la Madeleine, de Macaraïbo, de ruayaqml , de Sainte-Marthe ou Ocana , de Caracas, de emeran de Berbicc , de Surinam, de Sinnamari, de c zyenne , d Arrawari y de Macaps.
°° Rr.ési} : “e 1>ara > de Maragnon, et de Bahia.
4 Des Antilles : de Cuba, de Saint-Domingue de la amaïque de Sainte-Croix, de la Guadeloupe, delà Marinique, de Sainte-Lucie et de la Trinité.
■)° Des îles d Afrique : ceux de Bourbon.
M. Gallais (associé de M. Dehauve) les a divisés en sept fasses et a indiqué les caractères qui sont propres à chacune ! Cn CS accomPaon8nl (,e figures très-bien faites.
En t rance, le cacao lo plus estimé, c’est le C. caraque ; on t distingue en gros ci petit caraque: il provient de laprojnce ae Mcagaraque, dans la Nouvelle-Espagne; son épiderme ft ternef.1 gnsàtre; il se sépare facilement de l’amande, e cacao dit des îles vient des Antilles : il est plus petit, plus
ner, plus aplati que le précédent ; il est aussi d’une teinte us rouge.
Le cacao de Carthagène est le plus estimé, tant parce que n fruit est plus gros que celui de Caraque, de Macaraïbo de Guayaqml, que parce qu’il est plus huileux. Le cacao Larthagene est peu connu en Espagne ; celui qu’on y cnle est comme présent; il se consomme presque en entier ns e district de cette ville et dans quelques localités des aes, °ù il s en fait ud grand commerce.
Fiance, après le caraque el celui des Antilles, on donne Limonadier, on
la préférence aux cacaos de Maragnon, de St.-Domingue , de la Martinique, de la Guadeloupe, de Cayenne et de Maracaïbo.-
Caractères des principaux cacaos.