‹ Nouveau manuel du limonadier, du glacier, du chocolatier et du confiseurChapitre 49 sur 55 · DES PASTILLES A LA GOUTTE, ET AUTRES · texte numérisé non relu

DES PASTILLES A LA GOUTTE, ET AUTRES

Pour faire ces pastilles, il faut choisir de beau sucre royal ni soit sans odeur; ou le pile doucement, on le passe à trabrs un tarais de crin un peu gros, ensuite on le repasse au irais de soie pour en séparer le plus fin; sans cette précauon préalable, la pastille serait compacte, lourde et nulleient brillante.

La quantité de sucre que l’on veut employer étant pilee et imisée, on le met dans un vase de faïence, et on le délaie avec ne eau aromatique quelconque; il ne faut pas qu il soit trop quide , car il fondrait , ou la pastille qui en serait faite grattait et ne produirait qu’une masse informe; s il était trop vais, il ne pourrait couler. Il faut cependant, si le sucre st trop grossièrement pilé, y ajouter un peu de celui qui a

té passé au tamis de soie. . . .

La pâle ainsi préparée, l’on en met une certaine quantité ans un petit poêlon à bec. Ce poêlon est mis sur le feu , et uand le sucre commence à frémir autour de la paroi du vase , u donne un coup de spatule dans le milieu, on retire de lessus le feu et l’on coule sur des feuilles de fer-blanc U esmies. Deux heures après, on en’1" * e les pastilles de dessus es feuilles, et on les met le lendemain à l'étuve pour achever le les sécher et de leur donner le brillant et la durete qui ont eur mérite. Si on les mettait de suite <i l’étuve leur atome se lissiperait.

Pastilles au cuiraçao.

On fait la pâle avec du cuiraçao , et on opère comt

dessus.

Pastilles à la fleur d’orange .

On fait de la pâte avec de la bonne eau de fleur d’oranj: et on opère comme ci-dessus.

Pastilles au jasmin.

On fait la pâte avec de l’eau simple, et on aromatise at de l’alcoolat de jasmin.

Pastilles au girofle.

On fait la pâle avec de l’eau ordinaire, et on aromat avec quelques gouttes d’essence de girofle.

Pastilles à la salade.

On fait la pâle avec de l’eau distillée de laitue, et on opè comme ci-dessus.

Pastilles au safran.

On fait une infusion de safran, on la passe et on lire clair; après l’entier refroidissement, on fait la pâte av cette infusion, et on opère comme ci-dessus.

Pastilles à l'héliotrope.

On fait la pâte avec de l’eau pure, et on aromatise a’ quelques gouttes de néroli, d’alcoolat de jasmin et de t béreuse.

Pastilles à l’œillet.

On fait la pâle avec de l’eau , et on aromatise avec qu ques gouttes d’alcoolat d’œillets rouges.

Pastilles du sérail.

Musc. .

Ambre gris Vanille.

Gimgembrc Safran.

Musc. .

Cubèbes.

Macis, o

G grains.

. V- gros.

. 1 gros.

4 gros.

2 gros.

8 grains.

6 gros.

6 gros.

Girofle . */2 gros.

Cannelle de Ceylan . 1 gros.

Gomme adragante . 1 once.

On fait dissoudre la gomme dans un verre d’eau de roses,

. on forme une pâte avec du sucre passé au tamis de soie, 3rès quoi on ajoute les autres substances qui doivent être réalablement réduites en poudre très-fine.

Quelques préparateurs y ajoutent dix à douze gouttes 'essence de cantharide, mais il vaut mieux ne pas employer elle substance, attendu qu’elle produit des effets très-danereux, en portant avec trop de violence son action sur les rganes géniaux : au surplus, c’est un violent poison; on ait abandonner aux médecins son usage.

Cette dragée convient aux personnes qui ont perdu leurs •rces par épuisement; la dose est de trois à quatre par >ur.

On fait ces pastilles de la grosseur d’un grain d’orge, et

l’on veut on les grossit et finit comme la dragée de ver-

ure.

Pastilles de cachou au mucilage de gomme adragant.

Cachou en poudre fine. . . 4 gros.

Sucre en poudre . 10 onces.

Suffisante quantité de mucilage de gomme adragant. Opéez comme ci-dessus.

Pastilles à la cannelle.

Cannelle de Ceylan en poudre. . 2 gros.

Sucre . . S onces.

Suffisante quantité de mucilage de gomme adragant. •pérez comme ci-dessus.

Les pastilles de guimauve, de réglisse et de soufre se ont par le même procédé.

Pastilles à la rose.

Ici, la pâte doit être faite avec de l’eau de rose et colorée vec un carmin liquide, en suivant en tout point les mêmes rocédés que pour les pastilles à la goutte.

Pastilles à la violette.

Mêmes procédés que ci-dessus ; on aromatise la pâte avec e l’esprit d’iris de Florence, on colore avec le bleu en

liqueur et le carmin liquide, et l’on ajoute quelques goutte: d’acide tartrique pour soutenir le bleu.

Pastilles au, citron et à l’orange.

On prend un citron qui ait l’écorce bien nette, on le râpi jusqu’au blanc; on met cette ràpure avec le sucre royal, o* ajoute six grains d’acide tartrique par livre de sucre; oi colore, soit avec le jaune liquide, soit avec la gomme-gutt( soit avec le safran, et on suit les procédés indiqués.

Si l’on mettait trop d’acide tartrique, le sucre graisserait et il serait impossible d’enlever les pastilles de dessus le feuilles de fer-blanc.

Si nous conseillons la coloration avec de la gomme-gutte c est pour flatter l’œil, car nous devons prévenir que cett substance âcre est un violent purgatif. Cette couleur n’est pa la seule employée. Cependant, malgré ce désagrément, il es presque impossible de ne pas s’en servir dans le décor d pastillage , vu la belle couleur qu’elle fournit.

Pastilles au café.

On se sert des mêmes procédés que ci-dessus, pour fair la pâte, mais au lieu d’eau aromatisée, on se sert d’une fort infusion de café, faite au moyen d’un filtre.

Pastilles au, chocolat.

On prend, par livre du sucre, deux gros de bon chocola on le râpe, on en fait une pâte avec le sucre, et on opèi comme pour les autres pastilles, en ayant cependant l’attei tion de n en pas chauffer beaucoup à la fois, car la pâte grt nerait et ne pourrait plus être employée.

Pastilles de menthe.

Faites votre pâte avec de l’eau ordinaire ; quand el est faite, ajoutez un peu de sucre, passez au tamis de soi ensuite ajoutez quelques gouttes de bonne essence < menthe poivrée; il faut goûter la pâte, parce que s’il n’y pas assez d’essence de menthe, on en ajoute, et s’il y < avait avec excès, il serait impossible d’en faire usage, par que les pastilles qui en proviendraient, deviendraient nn sibles au lieu d’être utiles. On ne les met pas à l’étuve par

ue le feu ferait volatiliser l’essence de menthe qu’elles conennent; on les conserve dans un bocal que l’on ferme herméquement, et on les tient toujours dans un lieu sec et à Tari de toute humidité.

Autres pastilles de menthe poivrée.

On a deux poudres de sucre, Tune fine et l’autre granule. On prend un petit poêlon d’argent ayant un bec latéral ing et un manche de bois; on y met le sucre en poudre fine t un peu d’eau de menthe poivrée très-forte. Quand la fuon du sucre est opérée , on y verse le sucre en pondre gratifiée et quelques gouttes d’essence de menthe poivrée; on smue avec une spatule d’argent, et bientôt après on fait auler par le bec le sucre fondu en gouttes égales, au moyen ’une broche d’acier, sur du papier où elles se figent en rodes sphériques. On les en détache et on les fait sécher à l’air bre. En Allemagne, on fait ces pastilles avec le sucre et sau; et, quand elles sont faites, on dissout 20 gouttes 'essence de menthe poivrée dans 30 d’éther; on imbibe

Insuite les pastilles avec celte solution éthérée. Par la desiccation, l'éther se vaporise. Cette méthode ne vaut pas celle ;ue nous avons exposée.

On prépare de la meme manière Les pastilles de menthe crépue,

— de citron ,

— d’orange ,

— de bergamotle ,

— à la rose ,

> — à la vanille,

— à la cannelle, etc.

On les aromatise avec les essences de ces végétaux; on les dore en rose, jaune, etc., suivant la nature de ces pastilles, uelquefois, au lieu des sucs d’orange et de citron, on donne ces dernières la saveur acidulé au moyen du suroxalate de passe, de l’acide oxalique et des acides citrique ou tarjique.

Pastilles à la vanille.

On ajoute à la pâte de l’esprit de vanille ou de la vanille fiée avec du sucre; ensuite on colore avec du bleu en liqueur, Ton met deux ou trois grains d’acide tartrique, dissous ins l’eau, pour soutenir le bleu; sans cela la plus petite chaur altère cette couleur et la fait tomber.

Pastilles imitant la groseille.

Oa forme la pâte avec de l’eau, on y ajoute un peu d’espri de framboise et de violette ou d’iris de Florence , et une suf fisante quantité d’acide tartrique dissous dans l’eau , on co lore avec du carmin liquide, et l’on opère comme pour le autres. Ces pastilh sont excellentes, nous en avons fait mar ger à des gourmets qui les ont prises pour des pastilles d groseilles véritables.

Nous observerons ici, que nous n’avons pas fixé les doses employer pour les pastilles, car c’est à l’artiste à déguster c qu’il fait , il peut aromatiser plus ou moins; il n’en est pas d même pour l’emploi de l’acide tartrique, la dose est de deu à trois gouttes par livre de sucre pour soutenir et aviver b couleurs, et de six à huit gouttes pour donner un petit gof d’acide, car davantage ferait grainer le sucre.

Préparation extemporanée des pastilles.

Les confiseurs des petites villes, qui n’ont pas un fort déb des pastilles, pourront en préparer de toutes les odeurs < cinq minutes. Voici la manière d’opérer :

On fait sa pâte comme â l'ordinaire, mais seulement av de l’eau non aromatisée. Les pastilles coulées et enlevées > dessus les feuilles colorées ou non, sont mises à l’étuve po les faire sécher. Quand il faut les aromatiser, on en met u livre ou deux dans un flacon à large goulot : par exemple, l’on veut faire deux livres de pastilles de menthe, on pre deux gros d’éther sulfurique, dans lequel on étend quelqi gouttes d’essence ou huile essentielle de menthe poivrée; mélange étant fait dans un petit flacon bouché à l’émeril , i le jette dans le flacon qui renferme les pastilles, on le boucl on agile en tous sens afin qu’elles soient toutes égalemi mouillées. Cette opération étant terminée, on verse les p tilles sur un tamis, on les met pendant cinq à six minu à l’étuve, pour faire volatiliser l’éther qui ne laisse plus su: sucre que la substance aromatique qu’il a dissoute, On fait celte manière les pastilles :

A la rose , Au jasmin,

Au girofle, A la jonquille,

A l’orange , A la tubéreuse,

Au citron , Au réséda ,

et généralement toutes celles qui peuvent se faire avec >

miles essentielles et les odeurs qui peuvent se dissoudre au noyen de l’éther sulfurique.

Des pastilles ch fruits.

Ces pastilles, d’une odeur et d’une saveur exquises , ne peuvent se conserver long-temps ; il ne faillies faire que quand pu en a un débit assuré, car, au bout d’une huitaine, l’odeur Ist perdue, et elles sont même désagréables à l’œil.

Pastilles à la fraise.

On prend des petites fraises de bois, bien mûres et bien parfumées; on les monde et on les broie dans un mortier de uarbre; ensuite on passe celte pulpe à travers un tamis assez in , afin que les pépins ne puissent y trouver passage. Après ;etle préparation, on prend ce qui est passé, on en forme une )àte avec le sucre pilé, et, passé au tamis de crin , on colore ivec un peu de carmin et on opère comme pour les autres, in observant qu’il ne faut les mettre à l’étuve que lorsque e temps est humide, car elles perdraient, en les soumettant •s la chaleur long-temps continuée, tout l’arôme qui fait leur aonté.

On fait, parle même procédé, les pastilles :

De framboises , De pêches ,

D’épine-vinette, D’abricots,

De groseilles rouges et blanches, A l’ananas ,

■t à tous les autres fruits; on colore suivant le fruit et le *;oùt.

" Il faut aussi observer que certaines baies, telles que celles :le l’épine-vinette, ne contiennent pas assez de suc; il faut 'dors les piler avec un peu d’eau et y ajouter une substance aromatique analogue à l’odeur qui leur est particulière.

Des pastilles coupées.

On nomme pastilles coupées, celles qui sont de deux coujcurs, ou qu’on laisse quelquefois blanches à moitié, taillis que l’autre est à moitié colorée. A cet effet, ou se sert l’un poêlon à bec, partagé en deux par un diaphragme de :uivre, en observant de préparer ces pâtes en des vases diffé- •ens, et d’avoir deux spatules pour remuer dans chacun des lompartimens du poêlon, afin de ne point mélanger les coueurs. On fait de celle manière toutes sortes de pastilles ; ori Limonadier. 35

peut même en faire qui ont deux arômes différens avec le même instrument et par les mêmes procédés. Elles se coulent, comme les autres, sur des feuilles de fer-blanc.

Ces pastilles sont d’un effet fort agréable à la vue, et jouissent des mêmes qualités que celles dont nous avons donné les formules précédemment. C’est surtout dans les mélanges assortis qu’elles se font le plus remarquer.

Pastilles de santé.

Nous aurions pu uous dispenser de donner la formule des préparations suivantes, parce qu’elles sont du ressort de la pharmacie ; mais comme elles sont souvent demandées aux confiseurs, nous n'avons pas cru empiéter sur le domaine des] pharmaciens, en donnant la formule de quelques-unes de ce: pastilles.

Pastilles divines.

Prenez : Musc. . . .

Girolle. .

Ambre gris.

Safran. . .

Graine de basilic Ecorce d’orange.

Macis. . . .

Storax-calamite.

Muscade . .

G grains.

1 demi-gros.

G grains.

G grains.

1 demi-gros. 1 demi-gros.

18 grains.

1 demi-gros.

1S grains.

On pile toutes ces substances, on les tamise; maislemusi l’ambre et le storax étant des matières résineuses, il faut h pulvériser avec un peu de sucre. On fait ensuite la pâte avi du mucilage de gomme adragant, pour donner assez c consistance à une demi-livre de sucre et à ces substance Le tout étant bien mêlé, on en forme des tablettes rond

avec un emporte-pièce; chaque tablette doit peser un gros.

On prend quatre de ces pastilles par jour; elles facilite la digestion en excitant l’estomac, elles donnent de l’appét elles corrigent la mauvaise haleine, réparent les forces épi

sèes, etc.

Pastilles au cachou.

On prend une livre de sucre passé au tamis de crin, or ajoute une once et demie de cachou, aussi en poudre. 1 forme la pâle avec de l’eau et on coule les pastilles comi les précédentes.

On peut doubler la dose du cachou, ceci dépend du goût des iersonnesqui les mangent. On peut aussi les préparer avec 0 mucilage de gomme adragant et le sucre, de même que les pastilles divines, et en former des tablettes; mais nous pré— érons, à cause du coup— d’œil et de la qualité, la méthode [lie nous venons d’indiquer.

On aromatise aussi ces différentes pastilles qui sont toutes plus ou moins stomachiques, suivant le goût des amateurs. C’est ainsi qu’on peut faire des pastilles au cachou, à la vioelte, à la rose, au citron, à la vanille, etc., etc. Ces pastilles, [uoique désagréables au goût lorsqu’on les mange, finissent >ar produire une sensation assez agréable.

Pastilles de guimauve soufflées.

On prend une livre de gomme arabique pilée et passée au amis de soie, on fait fondre celte gomme à froid dans un aeu d’eau dans laquelle on a mis de l’eau de fleur d’orange ; ensuite on fait cuire une livre de sirop blanc au boulé, jue l’on verse peu -à-peu dans la gomme dissoute , en bâtant le tout rapidement pour opérer la fusion et bien faire le néiange. Ceci fait, on bat vingt-quatre blancs d’œufs en deux fois : la première, on en met dix-sept, et lorsqu’ils sont en neige, on les mêle avec le sucre et la gomme; de suite on bat ie reste des œufs et on les ajoute à la masse qu’on a toujours battue. On colore si l’on veut. On dresse sur du papier collé, on fait des pastilles de la grosseur d’un demi-franc, un peu bombées. On les met sécher à l’étuve, et on les enlève après leur dessiccation; elles sont bonnes pour des rhumes et les calbarres.

Pastilles contre la soif.

Acide oxalique pur en poudre

Sucre blanc .

Eau dislilée de zestes de citron Essence de citron.

Gomme adragant . . ,

Faites des pastilles de 12 grains.

. 1 gros.

. 8 gouttes.

. 48 grains.

Pastilles digestives, ou de bicarbonate de soude , de Darcet.

Bicarbonate de soude , bien sec en

poudre. . 1 once,

Sucre en poudre fine . 19 onces.

Gomme adragant . 2 gros */2.

Eau . 2 onces.

Essence de menthe poivrée, suffisante quantité.

On mêle soigneusement le sucre avec le sel et on le bat avec le mucilage formé avec la gomme adragant; on en fait une pâte consistante qu’on coupe en tablettes de 20 grains qui contiennent chacun un grain de bicarbonate de soude.

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