‹ Nouveau manuel du limonadier, du glacier, du chocolatier et du confiseurChapitre 6 sur 55 · DEUXIÈME RACE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME RACE

Limoniers.

Le fruit est plus petit, son écorce est brien plus mince, et l’arbre plus épineux.

Limon à très-gros fruit. — L. citrouille. — de Saint- Domingue, d feuilles très-larges , — d feuilles épaisses , —

en grappe de raisin, — cannelé , — d’Espagne à épines , — à feuilles ondées, — à fleurs doubles. Les citronniers et les limoniers dorment un suc qui doit son acidité à l’acido citrique dont nous allons parler. Ils sont employés pour faire les limonades, le sirop de limons, etc. ; de l’écorce, on extrait une huile sur laquelle nous reviendrons. Quand les citrons viennent à manquer, on peut y suppléer par cet acide et leur huile essentielle.

Acide citrique.

Découvert par Schéèle. On l’obtient en saturant le suc de citron par le carbonate de chaux. On lave le précipité et on le décompose par l’acide sulfurique en excès, qui s’empare de la chaux, forme un sulfate insoluble qui se précipite; on filtre et l’on fait évaporer dans une bassine d’argent. L acide citrique pur est en cristaux, sous forme de prismes rhomboïdaux; il est transparent, d une saveur acide, presque caustique, est inaltérable à l’air, soluble dans demipartie d’eau bouillante; l’eau froide en disssout les deux tiers de son poids. D’après MM- Gay-Lussac et Thénard , il est composé de :

Oxigène . 59,859.

Carbone . 53,081.

Hydrogène . 6,350.

Cet acide est rafraîchissant, désaltérant. On en fait des pastilles de citron, de limonades, des poudres rafraîchissantes, etc.

Cochenille.

C’est le coctus cacti (Lin.), coccinilla officinalis, insecte de l’ordre des hémiptères, famille des gallinscctes : il est originaire du Mexique, principalement des environs de Guasaca et de Oxaca. On cultive maintenant cet insecte en Espagne, dans le royaume de Murcie et à Malaga; tout porte à croire qu’on pourra le naturaliser dans les déparlemens méridionaux do la France. La cochenille croît principalement sur le nopal ou cactus coccillinifer , ainsi que sur le cactus opuntia. Au Mexique, on va chercher les femelles dans les bois avant qu’elles n’aient fait leur ponte, et on les dépose , au nombre de dix à douze, dans de petits nids de bourre de cocos, qu’on fixe sur les épines du cactus. L insecte y opère sa ponte et meurt; mais, utile encore à sa tamille, sou corps desséché et changé en coque , lui sert de rempart contre

les agens extérieurs; co n’est qu’après celte sorte d’incubation, que, les œufs étant éclos, les petits se répandent par milliers sur la plante, s’v attachent et y subissent toutes leurs métamorphoses. A la dernière, les femelles prennent l’état d’immobilité de leur mère; les mâles acquièrent des ailes, s’approchent des femelles , les fécondent el meurent bientôt après. C’est à celte époque que l’on recueille les femelles sur la plante en les faisant tomber avec un pinceau sur un drap étendu à terre; maison en laisse une certaine quantité qui produit une seconde génération, et celle-ci une troisième que l’on récolte encore la même année. La cochenille de la première récolle est la plus estimée, el la dernière l’est le moins. 0;i la fait mourir en la plongeant un instant dans l'eau bouillante, ou en l’exposant dans un four, soit encore en l’étendant sur des plaques échauffées pardessous. Ces différentes méthodes influent sur la qualité et les propriétés physiques delà cochenille; celle qui a été plongée dans 1 eau est d’un brun rouge çt en partie privée d’une poudre blanche qui recouvre l’insecte vivant; elle est bien moins estimée que les suivantes. Celle qui a été séchée dans des fours est d'un gris cendré et jaspé, et la dernière noirâtre; celle-ci paraît tenir le premier rang dans le commerce, quoiqu’on ne voie pas la raison qui doive la faire préférer à la seconde.

La cochenille, telle que. le commerce nous la présente, ne ressemble guère à un insecte ; c’est un petit corps orbi— culaire, anguleux, d’une ligne de diamètre environ , sans membres appareils, noirâtre, d’un rouge brun ou d’un gris d’ardoise mêlé de rouge. On se convaincra cependant facilement que c’est un insecte; en le faisant tremper dans l’eau, on voit se développer ses membres cl ses anneaux.

On connaît dans le commerce plusieurs cochenilles; nous allons en donner une idée.

1° Cochenille noire. En petits grains ronds el anguleux dont le diamètre est d’environ une ligne; elle est concave d’un côté et convexe de l’autre; on y remarque des rides transversales entre lesquelles est une efflorescence d'un gris blanchâtre. Si on la fait macérer dans l’eau , on observe onze anneaux qui composent son corps. Sa poudre est d’un rouge cramoisi ; délayée dans l’eau, e le est d’un rouge brun trèsfoncé.

2° Cochenille grise ou jaspée. Elle est entièrement cou-

verte d’une efflorescence gris-blanchâtre. Sa poudre est moins foncée; elle est moins riche en principe colorant.

5° Cochenille sylvestre : couleur rougeâtre terne, non argentée. Elle est composée de plusieurs insectes et d un, entre autres, qui vit également sur le nopal commun , et le nopal épineux.

La cochenille noire est connue dans le commerce sous le nom de cochenille fine et de cochenille mestèque ; c’est la plus estimée. Voici les analyses qui en ont été faites.

Analyse de John.

Corps gras, analogue à la cire, matière colorante avec do

l’eau . 50

Gélatine . 10, 5.

Mucus soluble, seulement dans la potasse . 14.

Parties membraneuses. . . 11.

Hydrochlorate dépotasse, chaux et fer unis à de l’a-

Analyse de MM. Pelletier et Cavenlon.

Corps gras, composé d’huile grasse, d’àdipocire, et d’un acide volatil odorant.

— Rouge de cochenille.

— Matière muqueuse.

— -Matière membraneuse transluoide.

— llydroehlorate, sulfate et carbonate de chaux.

— Phosphate et carbonate calcaire.

eide phosphorique. . . . 1,5.

Les confiseurs emploient la cochenille à la confection du carmin, et pour colorer les bonbons et les liqueurs.

Coings.

Fruit provenant du coignassier, pyrus cydonia (Lin.).

Le coignassier commun est un petit arbre originaire, suivant Pline, de l’ile de Crète. Son fruit ressemb'e à une grosse poire; il est très-parfumê et couvert d’un duvet. Ce coignassier a produit celui du Portugal, Pyrus cidonia lusitanien. Le fruit de celui-ci est plus gros, plus tendre et plus parfumé. Il y en a encore deux sous-variétés, le coingpomme qui a quelque ressemblance avec la pomme, et 1 autre coing-poire , parce qu’il en a la forme; mais celui de Portugal estle plus estimé. Il sert à greffer les poiriers, les pommiers, etc. Le coing do la Chine, cydonia sinensis , a les mêmes propriétés alimentaires.

Les pépins de ce fruit sont entourés d’un mucilage estimé. Les ccings sont stomachiques, astringens et mUritifs. On en prépare d’exce lente marmelade, un rob, une gelée nommée cotignac , et des pâtes très-recherchées. Tous les ménages connaissent l’eau de coing, qui est une fort bonne liqueur. On

le confit au moût de raisin, ainsi qu’au miel dans le midi delà France.

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