‹ Nouveau manuel du limonadier, du glacier, du chocolatier et du confiseurChapitre 8 sur 55 · HUILES ESSENTIELLES · texte numérisé non relu

HUILES ESSENTIELLES

Huile d’at\is.

On l’obtient par la distillation de l’anis avec l’eau. Cette huile cristallise par le plus petit froid; sa couleur est d’un gris sale; elle est soluble dans l’alcool et dans l’eau ; elle a l’odeur et la saveur de l’anis. Elle sert à préparer l’anisctle et l’eaude-vie anisée qu’on boit dans certain pays.

Huile de bergamotte ( Citrus limelta bergamotla) Risso.

Huile de cannelle.

On la prépare en distillant l’écorce de cannelle avec suffisante quantité d’eau. On connaît deux sortes d’huile de cannelle : 1° celle de Ceylan, qui est la plus rare et la plus estimée; elle coûte, rendue à Paris, depuis 40 jusqu’à 50 f. l’once ; 2o celle de la Chine, dont le prix est de 8 à 10 f.; son odeur est moins agréable. On exprime une huile du fruit de çannellier ; cette huile est blanche, assez consistante; onia nomme cire de cannelle.

Huile de cédrat, citrus medica cedra; ■ — de citron, citrus medica et citrus limonum. — R. d’orange, citrus aurantium; — d’orangette, citrus aurantium minimarum ; et de limette, citrus limetla.

Par expression. Ce procédé, suivi en Italie, en Portugal et en Provence, consiste à râper l’épiderme de l’écorce blan che du zeste , afin de déchirer ainsi les vésicules huileuses qui la recouvrent; on ramasse ensuite celte espèce de pulpe, et ou l’exprime entre des glaces inclinées. Ces huiles déposent, pai le repos, un peu de parenchyme, qu’elles avaient entraîné lorsqu’elles sont devenues claires, on les conserve dans uj (lacon bien bouché.

j Nous devons à M. Geoffroi un autre procédé pour l’extraction de ces huiles au moyen de l’alcool ; il consiste à laisser macérer pendant quelques jours la partie extérieure des écorces dans ce menstrue, et à y en ajouter ensuite de nouvelles jusqu’à ce que l’alcool soit très-chargé de cette huile. Alors, en ajoutant de l’eau à cette solution, ce liquide s’unit à l’alcool et en sépare l’huile. M. Schwelzen conseille d’employer l’éther sull'urique au lieu de l’alcool.

Enfin, il est encore un moyen plus avantageux, c’est la jséparation de ces huiles en distillant les écorces qui les contiennent. Ce procédé est préférable à celui par expression, attendu que les huiles obtenues par ce dernier mode contiennent toujours dn mucilage eide l’huile fixe : aussi sont-elles sujettes à s’altérer plus tôt. Nous allons présenter une de ces huiles préparées par expression et par distillation. Les autres huiles précitées peuvent être obtenues de la même manière.

Huile de Citron.

Celte huile, obtenue par expression, est jaune, très-odorante, devient bientôt épaisse, ne so dissout pas en entier jdans l’alcool, graisse les étoffes, et acquiert à la longue une odeur désagréable.

Obtenue par la distillation, cette huile est fluide, d’une odeur, il est vrai, moins suave, mais elle est beaucoup plus soluble dans l’alcool et se conserve plus long-temps.

Ces diverses huiles se préparent en Provence et en Portu- 1 gai : celle d’orangette est connue dans le commerce sous le nom d’huile de petit-grain; et celle d'orange sous celui d’essence de Portugal. On les falsifie avec l’alcool.

Pour reconnaître cette fraude, l’on a proposé de les agiter p avec un peu d’eau, qui reste laiteuse si l’huile contient de ! l’esprit-de-vin, tandis que, dans le cas contraire, elle devient claire. M. Vauquelin pense que celte épreuve n’est satisfaisante que lorsque les huiles ne contiennent qu’une certaine quantité d’alcool ; que lorsqu’elle est moindre, elles produisent 1 avec l’eau le même effet que celles qui sont pures.

Il est bon de faire observer que lorsqu’on se propose d’extraire l’huile volatile de toute autre substance que des écorces des fruits, il faut les réduire en poudre et les ramollir par la vapeur d’eau avant que de les exprimer. 11 est cependant préférable de recourir à la distillation, attendu qu’on peut opérer plus en grand et que l’on obtient des produits plus purs.

Huile de Girofle.

Prenez :

Girofle aromatique concassé. . . . 500 parties.

Sel marin . 50

Eau pure . 1000

Laissez en macération pendant douze heures, et distillez jusqu à ce que la liqueur passe claire dans le récipient dont le col doit être long. La liqueur laiteuse obtenue abandonne bientôt 1 huile qui , se trouvant beaucoup plus pesante que I eau, va au fond du vase. Cette huile, ainsi obtenue, est d une couleur jaunâtre, d’une odeur très-suave, d’une saveur analogue à celle du girofle, mais beaucoup plus forte. Elle est employée comme odontalgique, comme parfum, etc.; elle est regardée comme cordiale.

Huile de Menthe poivrée.

Pour obtenir cette huile, on prend de la menthe au moment de sa floraison, on la choisit très-vigoureuse et cultivée dans un sol bien exposé au midi; on doit, avant de la distiller, la dépouiller des tiges et la laisser en infusion dans 1 eau pendant un jour. On la distille ensuite avec deux fois et demi son poids d’eau, et lorsqu’on a obtenu une quantité d’eau égale à celle de la menthe, on sort celle-ci de la cucurbite et on redislille la liqueur avec de nouvelle menthe, etc. L’huile de menthe a une couleur verdâtre, elle a une odeur et une saveur très-fortes de menthe, elle est soluble dans l’alcool et dans l’eau. La première solution constitue l’esprit de menthe, et la seconde l’eau de menthe dont on fait un si grand usage en médecine, comme cordiale, vermifuge, etc.

L’huile de menthe poivrée est d’une couleur jauuàtre, elle a une odeur et une saveur de menthe poivrée, excessivement forte; elle irrite les yeux et se dissout dans l’alcool et dans l’eau ; elle constitue alors l’esprit et l’eau de menthe poivrée ; outre son emploi en médecine comme cordiale et vermifuge, elle sert à faire les pastilles de menthe. Cette huile sert à la préparation des pastilles et de la liqueur de ce nom, etc.

Huile de muscades.

Pour préparer celle huile, on pile les noix muscades dans un mortier de fer chauffé, jusqu’à ce qu’elles soient réduites en une pâle qu’on place dans une toile de coutil entre deux

plaques de fer chaudes, qu’on soumet à l'action d’une bonne presse; l’huile qui en découle se fige par le refroidissement. Celle huile esl un composé d’une huile douce et d’une huile volatile qui est fluide, et qui se volatilise par la distillation avec l’eau : elle est très-aromatique; l’autre huile est épaisse et conserve un peu d’odeur, qu’elle doit sans doute à un peu d’huile volatile qu’elle retient. L’huile de laquelle on en a séparé une partie de celle qui est fluide, est amenée à la consistance ordinaire en la fondant avec le sain-doux : cette fraude est facile à reconnaître , attendu que cette huile est moins odorante.

Huile de fleurs d’oranger.

Elle se prépare comme celle de roses.

Huile de roses .

C’est en Turquie et en Perse qu’on prépare l’huile de rose avec la rose pâle, qui doit, dans ces contrées, être beaucoup plus odorante que dans les nôtres, et la rose muscade, qui a une odeur bien plus forte, et de laquelle participe davantage l’huile de rose du commerce.

On obtient celte huile en redistillant plusieurs fois la même eau sur des pétales de roses; l’huile ainsi obtenue offre une masse cristalline, formée d’un grand nombre de lames aiguillées, brillantes, qui, par le seul effet de la chaleur de la main, se fondent dans les parties liquides, où elles sont comme suspendues. Dans cet état, elle est transparente et a une teinte d’un blanc verdâtre; quand elle est pure, son odeur est trèsforte; lorsqu’elle est affaiblie par d’autres huiles, elle est très-suave : cette huile est soluble dans l’eau; elle lui communique son odeur, et constitue ainsi 1 eau de roses triple, double ou simple, suivant la quantité d huile dont 1 eau est chargée. Elle se dissout en entier dans l’alcool bouillant; à froid, ce menstrue la sépare en deux parties, 1 une qui est liquide et soluble dans l’esprit de vin, l’autre, qui ne s’y dissout point, offre des lames brillantes : ces deux huiles sont odorantes, d’après JVL Guibourt. Depuis quelques années, le prix de cette huile, qui était exorbitant, a beaucoup diminué.

Cette huile est employée comme parfum, pour diverses liqueurs, pastilles, bonbons, etc.

Huile de l’iris de Florence.

Iris Florentina, plante de la famille naturelle des iridèe»,, Limonadier. *

qui croît en Italie et dans le midi del!i France. C’est la racine que l’on emploie; on la trouve dans le commerce, en morceaux compactes, pesans, blancs, comprimés, larges et oblongs, inégaux à leur superficie; son odeur est violacée, la saveur amère et acre; la poudre qu’elle fournil est blanche et farinacée.

Son odeur de violette fait qu’on l’emploie souvent, au lieu des fleurs de cette plante, pour certaines conserves et certains sirops auxquels on veut communiquer celte même odeur.

D’après M. Vogel, elle est composée de fécule, d’une huile fixe, d’une huile volatile, cristallisable, d’une matière fibreuse.

Macis et noix muscade.

Ces deux substances sont le produit d’un très-bel arbre qui croît naturellement aux Moluques, et qui est cultivé particulièrement aux îles de Benda. Il a été transporté à l’Ilede-France en 1770 et 1772, par l’immortel Poivre; on le cultive aussi depuis long-temps à Cayenne et dans les Antilles. Les botanistes le nomment, d’après Thunberg, myrislica moschala, et le placent dans la famille des myristicées.

Son fruit, qu'il importe surtout au confiseur de connaître, est un drupe pyriforme, marqué d’nn sillon longitudinal, de la grosseur d’une pèche. Le brou en est charnu, mais peu succulent; il s’ouvre à mesure qu’il mûrit et se dessèche; on voit quelquefois en Europe de ces fruits entiers qui ont été cueillis avant leur maturité, et confits à l’aide du sucre.

La noix de la muscade est entourée par une membrane pulpeuse, de couleur safranée, nommée arille, qui est divisée en laciniures linéaires, qu’on croyait, mal-à-propos, la fleur du muscadier. Cet arille est connu dans le commerce sous le nom de macis. Sous cet arille on trouve la noix qui est ronde, dont l’odeur et la saveur sont très-aromatiques ; sa couleur est grisâtre, elle contient beaucoup d’huile essentielle dans son parenchyme charnu; elle est aussi sillonnée à l’extérieur. L’huile essentielle de muscade, qui est trèsdouce, prend le nom de beurre de muscade, et est jaunâtre. Elle a une odeur de muscade bien caractérisée et est d’une couleur jaune marbrée.

Le macis est une enveloppe laciniée, épaisse, qui se trouve sous le brou du fruit; lorsqu’elle est récente, elle est d’un

assez beau rouge; elle esl jaune par la dessication. Elle sert d’enveloppe à une espèce de coque brunâtre qui couvre les noix muscades. Le macis ressemble assez à la muscade pour l’odeur et la saveur; mais il est plus amer et plus piquant. Son huile est très-eslimee.

Du Maugostan-Guttier.

Le maugostana cambogia de GoertNER, ou gambogia qulta de Liniveus, est un arbre de la t'amille naturelle des gutifères, polyand. monog.-, il est originaire des Indes orientales; lorsqu on lui fait une incision, il laisse découler un suc gommo-résineux connu dans le commerce sous le nom impropre de gomme-gutte. 11 nous est apporté du Malabar en magdaléons ou en petits pains aplatis, plus ou moins gros, d’un aspect flavescenl à l’extérieur, et d’un rouge plus fonce à l’intérieur; sa cassure brillante esl opaque, sans odeur,

S n ais imprimant à la bouche une saveur âcre et très-amère. Les confiseurs ne l’emploient qu’à cause de sa belle cou eur jaune qu’il abandonne facilement; alors il sert à la coloration des pastilles, dragées, et à la peinture du pastillage; mais il ne faut jamais l'employer en grande quantité, car la gommen-ulte purge violemment à la dose de huit à douze grains. Nous n’en parlons ici que pour faire connaître combien il faut se défier de cette couleur, qui leur est interdite.

D’après John, elle est composée de :

Résine iaune . ^ „

Gomme . ^ J’ v

Impuretés . . o

De la Menthe poivrée.

Ment ha piperita , plante de la famille naturelle des labiées, dont les Heurs sont en épi, de couleur violacée etcourtement pédonculèes. Elle est originaire d Angleterre, e c fleurit sur la fin de l’été et est cultivée dans les jardins, en France. Sa saveur est vive et piquante, et laisse dans la boudie une sensation particulière de fraîcheur; son odeui esl très-aromatique et fort agréable. C'est son huile essentielle, quelle contient en grande abondance, qui sert à taire des pastilles de menthe dont on fait un si grand usage, sui tout pour les bals.

De la Mélisse.

La mélisse citronnelle, à cause de son odeur de citron, est le melissa officinalis des botanistes, famille naturelle des labiées; elle est cultivée dans les jardins, et croit spontanément dans le midi de la France. Elle est employée à la confection de l’eau, connue sous le nom d’eau de Mélisse des Carmes.

Nous ne décrirons pas une foule d’autres plantes de la famille naturelle des labiées, qui toutes contiennent une huile essentielle aromatique, très-agréable, et que l’on peut employer avec avantage dans l’art du confiseur et du distillateur; nous nous contenterons d’en donner la nomenclature botanique, afin de les rappeler au souvenir de nos confrères, qui, par la suite, pourront en tirer de grands avantages; ce sont :

La sauge officinale.

L’hysope .

La sarriette ....

La lavande officinale. .

Le marube ....

Le thym .

Le serpolet.

L’origan .

Le dyctame.

Le basilic . ...

La moldavique.

et beaucoup d autres dont le catalogue.

Salvia officinalis.

Ilyssopus officinalis.

Satureia horlensis.

Lavandula vera.

Marubium vulgare.

Thymus vulgare.

Thymus serpillum.

Origanum vulgare. Origanum diclamus.

Ocimum basilicum.

Dracocephalum maldovica.

s ne pouvons pas donner ici

Du Miel.

Nous ne chercherons point à établir si le miel se produit dans 1 estomac des abeilles, ou si elles le puisent tout formé dans les fleurs, et ne font que l’élaborer. Nous nous bornerons à dire que le miel est une variété du sucre qu’on récolte en quantité dans les contrées où croissent abondamment les plantes aromatiques. C’est une erreur de croire qu’ils sont d autant plus blancs, que ces végétaux sont dans les climats plus chauds. Il suffit de citer celui des Pyrénées orientales, qui est en général très-coloré, tandis que celui du département de l’Aude est blanc ou jaune doré. Dans le midi de la France, notamment à Narbonne, on l’extrait des ruches

deux fois par an , au mois de mai et au mois de septembre ; le premier est plus aromatique, plus blanc, plus consistant et i de meilleure qualité. Au bout d’un an, il dépose des cristaux : qui, lavés dans l’alcool, sont de sucre presque pur.

Les miels les meilleurs sont blancs ou jaunes dorés; ils sont aromatiques, épais, transparens; ils se solidifient d’autant plus vite, qu’ils contiennent davantage de sucre cristallisable; aussi, ceux d'automne, qui en contiennent beaucoup moins, restent-ils plus long-temps liquides. Le miel le plus ( estimé est celui do Narbonne; vient ensuite celui du Galinois. Onenjvrépare une eau, un sirop, des confitures, etc.

Du Miroxilum baumier.

Le myroxilum balsamiferum est un arbre qui croît dans le provinces les plus chaudes du continent de l’Amérique méris dionale, au Pérou et dansla province do Carthagène, aux environs de la vide de Tolu; il est de la famille naturelle des légumineuses ; il fournit par incision la substance connue sous lenotn de baume du Pérou , dont ou distingue deux sortes dans le commerce : l’un est presque sec, d'une couleur fauve claire ; il est ordinairement contenu dans de petites calebasses : c’est celui qu’on obtient en pratiquant des incisions à l’arbre. L’autre est liquide, d’un brun rougeâtre, et s’extrait en faisant bouillir dans l’eau les écorces et les jeunes rameaux : c’est le baume du Pérou noir du commerce; son odeur est forte, mais ag-réable ; sa saveur est âcre et amère; il brûle avec flamme lorsqu'il est chaud, se dissout entièrement dans l’alcool. Ces baumes ne sont portés que rarement en Europe, et la substance que l’on nous donne pour telle n’est que du liqnidambar.

Les confiseurs l’emploient peu ; il sert à aromatiser les liqueurs.

Mûres.

Fruit du Munis nigra de Linné, monœcie triande, f. des urlicées. On croit que cet arbre est originaire de la Chine. Ses Heurs sont dioïques. Les fruits, que tout le monde connaît, et que l’on nomme mûres, ont la forme ovoïde et ressemblent beaucoup à la framboise par leur extérieur mamelonné. Ces mamelons sont le résultat de la réunion des calices des chatons femelles, devenus, par une disposition particulière, succulens, charnus et contenant chacun une seule semence. La couleur du fruit est d’un rouge noirâtre et d’une

saveur sucrée agréable. On prépare avec son suc, qui jouit des mêmes propriétés que celui de framboises et de cerises, un miel et un sirop qui sont rafraîchissons, et qu’on emploie contre les inflammations delà gorge.

Du Noisetier.

Le noisetier, corylus avellana, de la famille naturelle des cupulifères, est un arbrisseau commun dans les haies et les forêts, que la culture a singulièrement modifié en lui faisant produire des amandes de formes et do couleurs variées. La plus connue est celle qu’on nomme aveline, qui nous vient du midi de la France. Les confiseurs, en les couvrant de sucre, en font des dragées; il faut pour cela les choisir nouvelles, non rances, car autrement elles ont un très-mauvais goût.

Du Noyer.

Grand et bel arbre, originaire de la Perse, appelé par les botanistes, juglans regia ; il est de la famille naturelle des juglandées. Il est assez connu pour que nous nous dispensions d’en donner la description; son fruit est une noix ou drupe sèche, ovoïde, arrondie, verte, glabre, marquée d’un sillon longitudinal; son endocarpe osseux, ou noyau, s’ouvre en deux valves. L’amande est blanche, irrégulièrement lobée et comme cérébriforme.

On fait avec la noix verte un ratafia excellent et de trèsbonnes confitures.

Oranger.

Citrus aurantium (Linné), polyandrie icosandrie, f. des auranliées. Ce bel arbre est originaire de la Chine. Gallesio attribue celte exportation aux Génois; une longue tradition la rapporte aux Portugais; car on assure qu’il existe encore à Lisbonne, dans le jardin du comte Saint-Laurent, un oranger qui fut apporté de la Chine en 1520, par Jean de Castro. Les chroniques disent qu’en 1563, les croisés revenant de la Terre sainte, portèrent cet arbre aux îles d'Hyères, et que depuis il s’est propagé dans toute la Provence. L’oranger croît naturellement dans quelques parties de l’Italie, de l ’Espagne, du Portugal, aux îles de Majorque et de Minorque, à ÎSice, dans la Provence et même à Perpignan, dans le jardin de l’Hôpital; en Catalogne, à Barcelonne et ses environs, ils croissent dans les champs; à Mataro, ils bordent le grand chemin. L’oranger offre un grand nombre de variétés. M. Risso a fait

connaître, dans une monographie qu’il en a donnée, les principales. Dans presque toute la France, l’oranger est cultivé dans des caisses. Cet arbre s’élève jusqu’à plus de 50 pieds de hauteur; sa tige est ronde, verte et odorante; ses feuilles sont entières, lancéolées, un peu sèches, luisantes, d’une odeur suave. On distille les fleurs pour en retirer une eau et une huile dites de Neroli, qui servent àaroniatiser les dragées, les pastilles, les crèmes, les liqueurs, etc. Ou praline les Heurs récentes.

INous ajoutons ici, pour complément de l’article relatif aux citrons, que les bigaradiers ont les fruits acides et amers; les bergamotiers portent un fruit qui a un arôme très-agréable; ils sont légèrement acides. Leurs fleurs sont très-recherchées à cause de leur excellente odeur; il en est de même de l’écorce ou zeste du fruit. C’est le citron bergamia vulgaris; les limetiers ont les fleurs blanches, d’une odeur douce et particulière; le fruit, plus ou moins gros et douceâtre, fade et légèrement amer; les cédratiers , portant des fruits gros, verruqueux, à pulpe acide. C’est à cette section qu’apparliennent les énormes poncires qu’on envoie, confits au sucre, de différens points de l’Italie, et qu’on trouve aussi en Espagne et en Portugal.

Du Pêcher.

Le pêcher commun, persica vulgaris, arbre de la famille naturelle des rosacées, est originaire de la Perse; il se cultive aujourd’hui dans les vignes et les jardins, soit en plein vent, soit en espalier.

Le fruit, qui porte le nom de pêche, est un drupe ordinairement arrondi, creusé d’une sorte de gouttière longitudinale d’un seul côté, tomenlcux; la chair est très-épaisse et succulente; le noyau est arrondi, pointu d’un côté, marqué de sillons irréguliers et profonds. On en compte quatre races.

PREMIÈRE RACE

Pêches communes, velues, chair fondante , se détachant du noyau, et la peau s’enlevant facilement de la chair.

Avant-pêche blanche : petite, chair rouge, blanche, douce, musquée, très-hàtive; elle mûrit en juin.

Petite mignone ou double de Troyes : grosseur moyenne, chair blanche, vineuse, goût agréable ; mûrit eu août.

Avant-pêche rouge ou de Troyes ; plus grosse, sucrée, mûrissant fin juillet.

Avant-pêche jaune ou rossanne : petite chair sucrée, jaune; mûrissant fin juillet.

Madeleine-blanclie : grosse chair musquée et sucrée ; bonne à la fin d'août.

Abberge jaune, ou rnsamont : également connue sous le nom de la belle Sarah. Chair sucrée, vineuse; bonne à la fin d’août.

Grosse mignone, ou veloutée de Meslet : chair vineuse, sucrée, blanche; bonne fin août. Elle est très-cultivée à Montreuil, comme étant très-productive et udc des meilleures pèches.

Pourpre hâtive ou la vineuse ; grosse, peau rouge, chair blanche ; en août.

Chevreuse hâtive ou belle chevreuse : grosse, chair sucrée; fin août.

Galande, belgarde ou noir de Montreuil : grosse, ou chair sucrée.

Incomparable en beauté, ou la jolie fenlon : grosse, chair vineuse, très-productive.

Vineuse de fromenlin : fort grosse, chair vineuse.

Belle chartreuse : chair jaunâtre sucrée.

Belle beause : grosse, sucrée; en septembre.

Madeleine rouge ou de courson : chair blanche, barrée de rouge, vineuse; bonne en septembre.

Pêche Malte : chair blanche, musquée, bonne.

Bnurdine , Narbonne, ou belle de Millemont : moyenne grosseur, chair vineuse, blanche; eu octobre.

Admirable, ou le bon desalleurs : grosse, chair blanche, sucrée et vineuse, bon goût ; mi-septembre.

Téton de Vénus : grosse, chair blanche, sucrée et parfumée ; septembre.

Belle de Vilri, admirable , tardive : chair ferme, bonne.

Nivelte ou veloutée : moyenne grosseur, chair sucrée, parfumée; septembre.

Persique : chair ferme, acidulé, tres-lardive.

Page 1