‹ Nouvelle méthode pour apprendre à lireChapitre 103 sur 160 · DIALOGUE · texte numérisé non relu

DIALOGUE

Le professeur. — Si je vous posais maintenant des questions comme je vous en ai posé au commencement de nos leçons, telles ([ue{viz.): Avez-vous le chapeau qu'a mon frère? ai-je faim? a-t-il l'arbre du jardin de mon frère? etc., que répondriez-vous?

Les élèves. — Nous sommes forcés {obligea) d'avouer que nous avons d'abord trouvé ces questions tant soit peu ridicules ; mais pleins de confiance en votre méthode, nous y avons répondu aussi bien que la petite provision de mots et de principes que nous avions alors pouvait nous le permettre. En effet, nous n'avons pas tardé à nous apercevoir que ces questions étaient calculées pour nous inculquer les principes et nous exercer à la conversation par les réponses contradictoires que nous étions forcés d'y faire. Mais maintenant que nous savons presque soutenir une conversation dans la belle langue que vous nous enseignez, nous vous répondrions qu'il est impossible que nous ayons le même chapeau qu'a votre frère ; car deux personnes ne sauraient avoir une seule et même chose. A la seconde question, nous répondrions qu'il est impossible que nous sachions si vous avez faim ou non. Quant à la dernière, nous dirions qu'il y a plus d'un arbre dans un jardin ; et quand vous nous demandez s'il a l'arbre du jardin, la phrase ne nous paraît pas logiquement correcte. En tout cas, nous serions des ingrats (ungrateful) si nous laissions échapper une si belle occasion sans vous témoigner {without eœpressing) la reconnaissance la plus vive des peines que vous avez prises. En arrangeant ces sages combinaisons (combinalion), vous avez réussi à nous inculquer presque imperceptiblement (imperceptibly) les principes de la langue et à nous exercer sur la conversation. Enseignée de toute autre manière, cette langue présente aux étrangers, et même aux hommes nés dans le pays, des difficultés presque insurmontables.

Page 1