‹ Œuvres complètes de Thomas Jan Stieltjes, pub. par les soins de la Société mathématique dAmsterdamChapitre 127 sur 153 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

ÉTUDE DES TROIS CAS PARTICULIERS. SUR LE PROBLÈME DES MOMENTS DANS LE CAS INDÉTERMINÉ.

66. Le résultat auquel nous sommes arrivé dans le n" 47 est parfaitement général et embrasse tous les cas possibles. Cependant , il peut arriver que la fonction $ (m) prenne une forme particulière : c'est ce qui arrive déjà dans le cas où la fraction continue est oscillante. Nous allons étudier ici quelques nouveaux cas de ce genre.

Supposons z^x réel positif; dans quels cas P2n (») et Qsn {x) tendentils vers une limite finie pour « = oo ? Puisque

Q2« (a;) = So + ^1 ^ + • • • + ^n x",

oBi = 2J^(a, + ag + . .. +a2fc-i)a2ft,

il faut certainement que Sj reste fini : la série

doit être convergente. Mais cette condition nécessaire est aussi suffisante, car, puisque les racines de Q2n(2) = 0 sont réelles et négatives, on a

/ éBi xV cft Q2n(a;)<(^l + -^j <eAx<;eax

La série a étant convergente , il s'ensuit que la série

V,a2fc est aussi convergente. Quant à la série

elle peut être aussi bien convergente que divergente.

Mais, dans le premier cas, on retombe sur le cas déjà examiné, où aussi

Pin + lix), Q2n+l(^)

restent finis Nous aurons un cas nouveau en supposant: 1" La série

est diverg-ente ; 2° La série

est convergente.

Par des raisonnements absolument analogues à ceux développés dans le Chapitre IV, on arrivera aux conclusions suivantes.

Dans tout le plan on a

limP2„(2)=S(3), limQ2„(«)=(a(2),

S{z)etQ,{z) étant des fonctions holomorphes. Ces fonctions sont du genre zéro et n'ont que des zéros simples , qui sont réels négatifs. On a par exemple

où aie est limite de la Ji'^"® racine de

pour n = 00.

La fraction continue converge vers

i— -2 + aft

et la distribution {yk, a a) est la solution du problème des moments qui est déterminé et n'en admet point d'autres. Puisque

Q2n + l(g) aigQo(g) + aaSQ2(2)+--- + a2n + lgQ2n(g)

et que Q2n(2) tend vers 6l{z) tandis que la série

est divergente , on voit facilement que

„=xai + a3 + ...+a2n+i ^'

4e même

lim %+l(^) . ^ ^ g (^)

n = ooai + «3 + ... +a2n+l

Ainsi se vérifie donc la convergence de la fraction continue , puisqu'on a aussi

n = oo Q2n + l(3) â(s)

67. Voyons maintenant dans quel cas P2n + i(a;) et Q^n + iiz) tendent vers des limites finies. Puisque

il faut certainement que la série

soit convergente. Mais cette condition est aussi suffisante. La convergence de a' entraîne celle de

quant à la série

elle peut être convergente ou divergente; mais, dans le premier cas, on retombe sur un cas déjà étudié.

En supposant au contraire :

1° La série

est divergente ; 2° La série

y (03 + 04 + ■ • • + «2ft)a2fc + i est convergente.

On a un cas particulier nouveau, qui conduit aux résultats suivants Dans tout le plan on a

IimP2„+i(2)= ^1 {z), \imQ2u + i{e) = £li{z),

^1 (z) et â| (2) étant holomorphes dans tout le plan.

Ces fonctions sont du genre zéro et n'ont que des zéros simples qui sont réels négatifs. On a par exemple

où Pit est la limite de la A'*™» racine de

Q2h+i(—z):z = 0, pour n = 00 .

La fraction continue tend vers

Q,{z)- z'^z + ^,^è + fi,^--'

et la distribution (^4, A*) (^o = 0) est la solution du problème des moments.

On a ensuite

lim P^»(^) __ = § (2) ,

ce qui met en évidence la convergence de la fraction continue.

.) X ffs^S- • -«an,

.) X a^a, . . . a2n, .) X agCs- . •a2« + ] ,

.) X «1 Og . . .02n + i;

68. Je reprends les formules du n" 2, mais pour ordonner maintenant

les polynômes P„, Q„ suivant des puissances descendantes de la variable

P2„(a) = 2"-Ml+a0-i + a'2-2 +

q2n + i(z) = Z" + Hl + ÔZ~' -{- ô' Z-^ +

on aura, en introduisant les bk,

Posons aussi ^2=1, puis

on aura

et il est clair que les TJ« : V„ sont les réduites de la fraction continue

bj

en sorte qu'on a

Un + l Un -|- ^«' Un — 1 ,

En supposant donc d'abord t positif, les U„ et Vn vont en augmentant. Pour qu'ils tendent vers des limites finies , il faut évidemment que les quantités a, fi, y, ô restent finies. Cette condition revient évidemment à celle-ci : la série

RÈCIffiRCHES SUR LES FRACTIONS CONTINUES. 62Ô

doit être convergente. Ensuite on reconnaît facilement que cette condition nécessaire est aussi suffisante , et qu'elle conduit à cette conséquence : pour toute valeur réelle ou imaginaire de <, on a

limU,i = u(t), lira V,i ^=v{t),

u{t) et v{t) étant deux fonctions holomorphes. On a donc

lim^M^ = ltar"*'-^'

La fraction continue est donc convergente , et en effet il est clair que la série

,ak

doit être divergente, puisque nous supposons que la série

est convergente.

69. Posons 71 = 2 m ou n = 2m-\- l selon que n est pair ou impair, on aura

V„ =•(! + X^t){l -\- X.J) . . .{l + Xmt),

OÙ nous supposerons

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