‹ Œuvres complètes; (volume 2)Chapitre 179 sur 332 · Coulent., comj)ta/tl · texte numérisé non relu

Coulent., comj)ta/tl

328 LES ÉPiTRES DE SÉINEQUE.

acquis du bien, n'ont pas fini leurs misères, mais les ont changées. » Je ne m'en ébahis pas : le vice n'est pas aux choses, il est en l'esprit. Ce qui les dégoùtoit en la pauvreté, les dégoûte aux richesses. Gomme il n'importe au malade que son lit soit d'or ou de bois, parce qu'en quelque lieu qu'on le mette, son indisposition ne le quitte point, aussi depuis qu'un esprit n'est pas sain, mettez-le parmi les richesses, ou parmi la pauvreté, comme vous aimerez le mieux, c'est tout un*, il ne peut aller en part* où sa maladie n'aille quant et lui.

EPITRE XVm.

Argujwent. — I. Le sage doit être modéré dans les débauches publiques, s'il ne les peut fuir tout à fait. — II. Nous devons quelquefois faire essai de l'abstinence et de la pauvreté , et au milieu des caresses de la fortmie, nous résoudre à ses outrages. — UI. Où il y a trop de colère, il n'y a jamais assez de jugement.

l. Nous sommes au mois de décembre. C'est une saison où tout va par écuelles^. Le luxe n'a point de lois : chacun fait le plus de bruit qu'il peut, comme si les Saturnales étoient quelque autre chose que les jours ouvriers. Et certainement il faut avouer que la différence y est si petite, que je trouve que celui rencontra fort bien, qui dit que décembre, qui ne souloil^ être qu'un mois, étoit à cette heure un an entier. Si vous étiez ici, je saurois volontiers ce que vous seriez d'avis de faire ; si nous ferions

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