I. Ex amhitlûne, dit le latin
■2. Virgile, Enéide, liv, VI, v. 5i3, 3i'\.
4go LES ÉPiTRES DE SÉNÈQUE.
joie que goûtent les Dieux, et ceux qui les imitent, n'a jamais d'inlermission ni de fin. Elle en auroit si elle étoit mendiée d'ailleurs. Mais pource qu'elle naît en euxmêmes, elle ne dépend point d'une puissance étrangère. La fortune n'ôte point ce qu'elle n'a pomt donné.
Arguaient. — I. 11 blâme les yœux que les parents font pour leurs enfants. — II. Contie la gourmandise et la somptuosité des festins.
I, Je me plains, je dispute, je me mets en colère. Encore vous desirez ce que votre nourrice, votre précepteur, ou votre mère vous ont désiré. Vous ne jugez pas encore combien ils vous ont désiré de mal. O que les vœux de ceux qui nous aiment nous sont contraires, et principalement quand le succès en est comme ils le souhaitent! Je ne m'étonne pas si d'un bout à l'autre notre vie est pleine de misères. Nous croissons entre les malédictions de nos pères et de nos mères.
II. Une fois en notre vie parlons aux Dieux, sans leur rien demander. Jusques à quand sommes-nous résolus de les importuner, comme si nous n'avions de quoi nous nourrii'? TSe ferons-nous jamais autre métier que semer les champs de toute une contrée? Quand serons-nous lassés de tant de moissons? Jusques à quand sei'a-ce qu'une infinité de barques iront aux provinces étrangères, chercher la provision d'une seule table? Peu d'arpents de terre fournissent de la pâture pour * un bœuf;