I. Dans l'édition de t645 : « se vide. » Malheuue. h
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ne diffèrent point P Du tout point en ce qui est des vertus, mais beaucoup en ce qui touche le sujet où l'une et l'autre s'exerce; car en fun l'esprit se dilate et se relâche naturellement , et en l'autre, il sent de la douleur, qui est chose contre nature. Ce ne sont point choses qui se touchent, puisqu'il V a tant d'espace qui les sépare. Il n'y a pas moins de vertu d'un côté que d'autre; la diversité des sujets n'apporte point de changement à la vertu. Que la matière soit molle ou dure, facile ou diiïicde, plaisante ou fâcheuse, la vertu n'en est ni pire ni meilleure. C'est donc force que les biens de l'un et de l'autre soient égaux, parce que celui qui est joyeux se comporte si bien en sa joie, et celui qui souffre fait une si louable résistance à la douleur, qu'il est impossible de se comporter mieux. Or deux choses qui sont telles qu il n'en peut être de meilleures, ne peuvent être que pareilles ; car si ce qui est hors la vertu, la peut faire ou plus grande ou plus petite, une même chose ne peut être bonne et honnête tout ensemble ; et cela étant, il ne faut plus parler qu'il y ait rien d'honnête au monde. La raison est qu'une chose ne peut être honnête, quand on la fait par force et contre son gré. Toute chose honnête est volontaire : qui fait une chose lentement, qui se plaint, qui recule, qui appréhende, il ôte à l'action tout ce qu elle a de grâce, qui est de prendre plaisir en ce qu'on fait. Ce qui n'est point libre ne peut être honnête ; toute crainte a de la servitude ; ce qui est honnête est hors de trouble et de crainte. On ne peut refuser une chose, la juger mauvaise et s'en tourmenter, qu'il n'y ait du tumulte et de la discorde en l'âme; car d'un côté l'apparence du bien nous pousse, et de l'autre la doute du mal nous retient. Et pour ce, quand il est question de faire quelque chose de louable, s'il y a des obstacles, il ne faut point dire qu'il v ait du mal, mais seulement qu'il y a de l'incommodité. Une chose honnête ne connoît ni
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commandement ni contrainte ; elle est pure et séparée de tout mal. Je vois bien que c'est, direz-vous; vous nous voulez, persuader qu'autant fait celui qui est bien à son aise, que celui qui n'ouvre point la bouche en la torture, et qui par sa patience fait rendre ceux qui ont charge de le tourmenter*. Je pouvois vous répondre ce que dit Épicure : qu'un homme sage, quand on Tauroit mis à rôtir dans le taureau de Plialaris, sécrieroit : « Je me trouve bien, je me moque de tout ce qu'on me fait. "^ ous étonnez-vous que je vous die quon n'est pas mieux de faire bonne chère en un festin, que d'être parmi les gènes, quand on a le courage et la force de les endurer? Que ferez-vous quand vous oirez Epicure vous dire que c'est plaisir d'être tourmenté? Quant à moi, je trouve qu'en cet exemple il y a de la différence entre la joie et la douleur. Si j'en avois choix, j'en desircrois l'un, et tàcherois de me parer de l'autre, s'il m'étoit possible. L'un est naturel, l'autre contre nature. Tant qu'on les considérera de cette façon, il y aura bien loin de l'un à l'autre.
V. Mais si vous en venez à la vertu, vous trouverez qu'aux matières tristes, comme aux plaisantes, sa procédure est toujours semblable. La peine, la douleur, et tout ce qu'il V a d'incommodités, ne servent de rien; la vertu les gardera de paroître. Les douleurs, les ennuis, les injures se resserreront aussitôt ; et de quelque part qu'elle éclaire, tout ce qui brilioit en son absence s obscurcira, comme les étoiles en la présence du soleil. Les incommodités, quelques grandes quelles soient, quand elles se rencontrent avec elle, ne paroissent non plus que l'eau d'une nuée en la mer. Et pour montrer qu il est comme je le vous dis, qu'un homme de bien \oie une chose louable, il s'y en ira sans marchander. Les bourreaux, les feux, les