I. « Ne soit de mourir. » [Editions de i645 «^' i(i
ÉPiTRE LXVII. 529
tablenient elle est désirable. Et quoi? Penseriez-vous que rien ne fût désirable que ce qui vient par le ministère des voluptés et du repos, et qui nous fait mettre les festons sur notre porte * ? Il y a des voluptés mélancoliques, et des vœux plus célébrables par adoration que par applaudissement. Ne pensez-vous pas que Régulus ne désirât d'être bientôt de retour au supplice qui lui étoit réservé par les ennemis? Prenez l'âme de quelque grand personnage, et pour quelque temps laissez les opinions populaires : représentez-vous la vertu telle que vous devez penser qu'elle est , belle , magnifique , et qui ne demande point que nous lui portions des œillets et des roses ^, mais que nous la servions avec le sang et la sueur. Regardez jM. Caton approchant ses mains pures de cette vénérable poitrine, et courageusement agrandissant la plaie, que le coup n'avoit pas fait assez profonde*. Que lui direz-vous? Que vous plaignez son inconvénient, ou que vous louez sa résolution? 11 me souvient à ce propos de notre Démétrius, qui dit qu'une vie hors de toute appréhension, et qui n'a jamais contesté contre la fortune, est une mer morte. Quand un homme n'a rien qui l'excite, qui lui fasse noise, ni qui par menace ou attaque lui donne sujet d'éprouver comme il a le courage en bonne assiette, mais croupit en l'oisiveté d'un repos continuel : ce n'est pas trauquil- Uté, malacia est''. Attalus le Stoïque disoit ordinairement qu'il aimoit mieux que la fortune l'employât au camp qu'à la chambre. « Je suis tourmenté, mais je ne
I . Qux excipiuntur, dit Sénèque, foribus urnatis. ■2. Qux nobis non tare nec sertis, dit le latin, sed sudore et sanguine colenda est.