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comme en une somme d'argent prêté. Plus on est longtemps devant que s'en revanclier, et plus il faut que la , revanche soit grande. C'est ingiatitude que rendre un bienfait sans usure; tellement que quand nous faisons nos comptes de recette et de mise% nous y devons avoir égard. On ne sauroit trop montrer de ressentiment^, quand on a reçu quelque plaisir. 11 n'est pas de ceci comme de la justice, que communément on estime appartenir plus aux autres qu'à celui qui la fait. C'est un bien tout nôtre. La meilleure part du bienfait retourne vers lui-même : nous ne profitons^ jamais à personne, que nous ne nous profitions. Je ne veux pas dire que celui que nous aurons assisté nous assistera, que celui que nous aurons défendu nous défendra, parce qu'un bon exemple retourne à celui qui le donne, comme les mauvais sont ordinairement à la confusion de leurs auteurs, et peu souvent on a compassion de la misère de ceux qui en faisant injure ont montré le chemin d'en faire ; mais pource que toutes les vertus ont leurs récompenses en elles-mêmes (car on ne les exerce pas pour y gagner), le salaire d'une bonne action, c'est l'avoir faite. Je reconnois un bienfait, non afin qu'un autre voyant que je rends bien , soit plus libéral à me prêter, mais pource que je suis bien aise de faire une chose très-belle et très-agréable. Je reconnois un bienfait, non pource qu'il m'importe de le reconnoître, mais pource qu'd me plaît, et qu'ainsi ne soit, s'il faut que pour m'acquitter je fasse croire que je suis un ingi'at, et que je couvre ma revanche de l'apparence d'une injure, je ne ferai point difficulté de passer au travers de ma honte, pour aller où je suis ap-