QUATRIÈME PARTIE
que je tâcherai maintenant d'expliquer. Premièrement on en peut déduire que l'air n'est autre chose qu'un amas des parties du troisième élément, qui sont si déliées, et tellement détachées les unes des autres qu'elles obéissent à tous les mouvements de la matière du ciel qui est parmi elles : ce qui est cause qu'il est rare , liquide et transparent , et que les petites parties dont il est composé peuvent être de toutes sortes de figures. La raison qui me fait dire que ces parties doivent être entièrement détachées les unes des autres, est que si elles se pourvoient attacher , elles se seroient jointes avec le corps E ; mais parcequ'elles sont ainsi déjointes , chacune se meut séparément de ses voisines et retient tellement à soi tout le petit espace sphérique dont elle a besoin pour se mouvoir de tous côtés autour de son centre , qu'elle en chasse toutes les autres sitôt qu'elles se présentent pour y entrer , sans qu'il importe pour cet effet de quelles figures elles soient.
Et cela fait que l'air est aisément condensé par 46. le froid et dilaté par la chaleur ; car ses parties peot être faciétant presque toutes fort molles et flexibles , ainsi ^ercondcn^^^ que des petites plumes ou des bouts de cordes fort déliées , chacune se doit d'autant plus étendre qu'elle est plus agitée, et par ce moyen occuper un espace sphérique d'autant plus grand; mais, suivant ce qui a été dit de la nature de la chaleur
elle doit augmenter leur agitation, et le froid la
doit diminuer.
^, ?^'. Enfin , lorsque l'air est renfermé en quelque
qa'îiabeaa- yaisseau daus lequel on en fait entrer bes^ucoup
coup de force • / >»i 5 j>
à M dilater plus grande quantité qu il n a coutume et en contn cMtai^s tenir , cet air en sort par après avec autant de force
machines, q^'on en a cmployé à l'y faire entrer, dont la raison est que, lorsque l'air est ainsi pressé, chacune de ses parties n'a pas à soi seule tout l'espace sphérique dont elle a besoin pour se mouvoir , à cause que les autres sont contraintes de prendre une partie du même espace , et que retenant cependant l'agitaticm qu'elles- avoient, à cause que la matière subtile qui continue toujours de couler autour d'elles leur fait retenir le même degré de chaleur, elles se frappent ou se poussent les unes les autres en se remuant , et ainsi s'accordent toutes ensemble à faire effort pour occuper plus d'espace qu'elles n'en ont : ce qui a servi de fondement à l'invention ' de diverses machines, dont les unes sont des fontaines, où l'air ainsi renfermé fait sauter l'eau tout de même que si elle yenoit d'une source fort éle- . vée ; et les autres sont comme de petits canons , qui, n'étant chargés que d'air, poussent des balles ou des flèches presque aussi fort que s'ils étoient chargés de poudre.