‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 171 sur 241 · Pour ce qui est de l'eau, j'ai déjà montré com · texte numérisé non relu

Pour ce qui est de l'eau, j'ai déjà montré com

De la natare ^ ^ ^ ^

de Teau, et meut elle est composée de deux sortes de parties,

. QUATRIÈME PAUTIE. Ô'Jl

toutes deux longues et unies , dont les unes sont pourquoi eiie

• se change ai-

molles et pliantes , et les autres sont roides et in- sèment en air flexibles ; en sorte que, lorsqu'elles sont séparées » ** ^ ^ ^' celles-ci composent le sel , et les autres composent l'eau douce. Et parceque j'ai assez curieusement fait voir dans les Météores comment toutes les propriétés qu'on peut remarquer dans le sel et dans l'eau douce suivent de cela seul qu'ils sont composés de telles parties /je n'ai pas b^oin d'en dire autre chose, sinon qu'on y peut remarquer la smte et la liaison des choses que j'ai écrites, et comment, de ce que la terre s'est formée en la façon que je viens d'expliquer, on peut conclure qu'il y a maintenant telle proportion entre la grosseur des par^ ties de l'eau et celle des parties de l'air , et aussi entre ces mêmes parties et la force dont elles sont mues par la matière du second élément, que lorsque cette force est quelque peu moindre qu'à l'ordinaire cela suffit pour faire que les vapeurs qui se trouvent en l'air prennent la forme de l'eau, et que l'eau prenne celle de la glace; comme au contraire , lorsqu'elle est tant soit peu plus grande , elle élève en vapeurs les plus flexibles parties de l'eau , et ainsi leur donne la forme de l'air.

J^ aussi expliqué dans les Météores les causes 49. des vents, par lesquels l'eau de la mer est agitée fluxd""*'*^ en plusieurs façons irrégulières; mais il y a en<:ore en elle un autre mouvement, qui fait qu'elle se

mer.

O^a LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE.

hausse et se baisse règlement deux fois le jour en chaque lieu , et que cependant elle coule sans cesse du levant vers le couchant, de quoi je tâcherai ici de dire la cause. Soit ABCD' la partie du premier ciel qui compose un petit tourbillon attlôujp de la terre T, dans lequel la lune est com- , prise , et qui les fait mouvoir toutes deux autour de son centre , pendant qu'elle les emporte aussi autour du soleil. Et posant pour plus grande facHîté que la mer 1,2, 3,4 couvre toute la superficie de la ferre EFGH , comme elle est aussi couverte de Tair 6,6,7,8 , considérons que la lune empêche que le point T , qui est le centre de la terre , ne soit justement au même lieu que le point M , qui est le centre de ce tourbillon , et qu'elle est cause que T est un peu plus éloigné que M du point B. Dont la raison est que la lune et la terre ne se pouvant mouvoir si vite que la matière de ce tourbillon par qui elles sont emportées , si le point T n'étoit point un peu plus éloigné de B que deD,la présence de la lune empêcheroit que cette matière ne coulât si librement entre B et T qu'entre T et D; et parcequ'il n'y a rien qui détermine le lieu de la terre en ce tourbillon , sinon l'égalité des forces dont elle est pressée par lui de tous côtés , il est évident qu'elle doit un peu s'approcher vers D quand la lune est vers B, afin que

* Voyez planche VIII , figure 3.

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