QUATRIEME PARTIE. ^ S^S
la matière de ce tourbillon ne la presse point plus vers F que vers H ; tout de même, lorsque la lune est vers C , la terre se doit un peu retirer vers A ; et généralement, en quelque lieu que la lune se trouve, le centre de la terre T doit toujours être un peu plus éloigné d'elle que le centre du tourbillon M. Considérons aussi que lorsque la lune est vers B elle fait que la matière du tourbillon ABCD a moins d'espace pour couler non seulement entre B et T, mais aussi entre T et D, qu'elle n'auroit si la luiie étoit hors du diamètre BD, et que par conséquent elle s'y doit mouvoir plus vite , et presser davantage les superficies de l'air et de l'eau, tanl vers 6 et 2 que vers 8 et 4 > et, ensuite, que, l'air et Feau étant des corps liquides, qui cèdent lorsqu'ils sont pressés , et s'écoulent aisément ailleurs, ils doivent avoir moins de hauteur ou profondeur sur les endroits de la terre marqués F et H , et par même moyen en avoir plus sur le^ endroits E et G que si la lune étoit ailleur%
Considérons outre cela que , d'autant que la 5o.,
. Pourqaoi
terre tait un tour sur son centre en vingt-quatre reaa de la heures, sa partie marquée F, qui est maintenant doM^"he^ vis-à-vis de B , où l'eau de la mer est fort basse , ** ^^^^^
' ' ^ Tingt-qnatre
doit arriver en six heures vis-à-vis de C, où la mer minâtes à est fort haute : et de plus que la lune , qui fait cendre en aussi un tour en un mois dans le tourbillon BCDA, *^^^^^'»*'^s'avance quelque peu de B vers C, pendant les six.
heures que l'endroit de la terre marcpé F emploie à ' étrç transporté jusques au lieu où est maintenant G ; en sorte que ce point marqué F ne doit pas seulement employer six heures, mais aussi environ douze minutés de plus, pour parvenir jusques au lieu de la plus grande hauteur de la mer , qui sera pour lors un peu au-delà de G, à cause de ce que la lune se sera cependant avancée ; et tout de même qu'en six autres heures et douase minutes le point de la terre marqué F sera un peu au-delà du lieu où est H, où la mer sera pour lors la plus basse» Et ainsi on voit clairement qtie la mer doit employer environ douze heures et vingt-quatre minutes à montâr et descendre en chaque lieu.
^'- De plus il faut remarquer que ce tourbillon
Potunqnpi les * * *
marées sont ^CD n'est pas exactement rond , et que celui de ^loî^e^k* ses diamètres dans lequel la lune se trouve étant inneestpieme r\tïne OU nouvelle cst Ic dIus Dctit de tous , et
on nonvelle r r r '
qn'anx antres cclui gui Ic coupc à augles droits cst Ic plus grand, ainsi qu'il a été dit ci-dessus ; d'où il suit que la présence de la lune presse davantage les eaux de la mer , et les fait hausser et baisser davantage , lorsqu'elle est pleine ou nouvelle, que lorsqu'elle n'est qu'à demi pleine.
^ ^^- Il faut aussi remarquer que la lune est toujours
Ponnjaoi t. ^ j
ciiessontanssi fort prochc du plan de l'écUptique, au lieu que la
pins grandes . 111
anx éqni- . terre tourne sur son centre suivant le plan de
QUATRIÈME ÏPARTIE. 3^5
Téquateur , qui en est assez éloigné , et que ces nox«s qu'aux ^ deux plans s'entre-coupent aux lieux où se font les équinoxes, mais qu'ils sont fort éloignés Tun de l'autre en ceux des solstices. D'où il suit que c'est au commencement du printemps et de l'automne , c'est-à-dire au temp^ des équinoxes , que la lune agit le plus directement contre la~ terre , et ainsi rend les marées plus grandes.
Il y a encore ici à remarquer que, pendant que 53.
, X T 1 Pourquoi
la terre tourne d E par F vers G , c est-a-dire de reau et l'air l'occident vers l'orient, l'enflure de l'eau 4)ij2, et ccMcTes*^celle de l'air 8,5,6, que je suppose maintenant sur ties orientales Tendrok de la terre marqué E , passent peu à peu vei» les occi-
. - dentales.
vers ses autres parties qui sont plus a 1 occident; en sorte que dans six heures et douze minutes elles seront sur l'endroit de la terre marqué H , et dans douze heures et vingt-quatre minutes , sur celui qui est marqué G , et en même façon que les enflures dé l'eau et de l'air marquées 2,5,4 ^^ 6,7,8 passent de G vers F, en sorte que l'air et l'eau de la mer ont un cours continu qui les porte des parties orientales de la terre vers les occidentales.
Il est vrai que ce cours n'est pas fort rapide \ 54.
• -1 I • J»^^ * 1 » 1 ^ • ' Pourquoi les
mais il ne laisse pas d être tel qu on le peut aise- pays qui ont ment remarquer : premièrement, à cause que dans riem^ont orles longues navigations il feut toujours employer dinairement
^ o o i j moins chauds
plus de temps lorsqu'on va vers l'orient que lôrs- que ceux qui
376 f LES PHINGIPES DE LA PHILOSOPHIE.
l'ont aa cou- qu'oii rctoume vers l'occident ; puis aussi à cause
chfliit
qu'il y a des détroits dans la mer où Ton voit que
Veau coule sans cesse vers le couchant ; et enfin ,
à cause que les terres qui ont la mer vers l'orient
ont coutume d'être moins échauffées par le soleil
que celles qui. sont en même climat et ont la mer
vers l'occident. Comme en voit, par exemple,
qu'il fait moins chaud au Brésil qu'en la Guinée ;
dont on ne peut donner autre raison , sinon que
le Brésil est plus rafraîchi par l'air qui lui vient
de la mer, que la Guinée par celui qui lui vient
des terres qu'elle a au levant.
^^ • il Enfin? il faut remarquer que, bien queia terre
n'y a point de uc soit pas toutc couvcrte dcs caux de la mer,
dan« les lacs, ^iusi qu'cUc cst ici représentée, toutefois, à cause,
vewiMbô^ que celles de l'Océan l'environnent, elles doivent
de la mer a ne ^tTc mues par la luue en même façon que si elles
se fait pas anx ^ ^ ^ ,
mêmes heures la couvroicut entièrement : mais que pour ce qui qu u eu. ^^^ j^^ j^^^ ^^ ^^ étangs qui sont du tout séparés
de l'Océan, d'autant qu'ils ne couvrent pas de si grandes parties de la terre qu'un côté de leur superficie soit jamais beaucoup plus pressé que l'autre par la présence de la lune , leurs eaux ne peuvent être ainsi mues par elles ; et que bien que celles qui sont au milieu de l'Océan s'y haussent et baissent régléiAent en la façon que j'ai décrite, toutefois leur flux et reflux vient différepiment et à divers temps aux divers endroits de sqs bords 9