‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 187 sur 241 · Si on frappe du bois en même façon, tant sec · texte numérisé non relu

Si on frappe du bois en même façon, tant sec

Comment on ^>j| puissc être, OU u'cu fera point sortir de feu

en allnme m. r ^ r

aussi en frot- pour Cela; car il s'en faut toujours beaucoup qu'il

tant nn bois '■ ' . "* *^ ^

sec. ne soit aussi dur quun caillou, et les premières de ses parties qui sont pressées par la violence du coup se replient sur celles qui les suivent et se joignent à elles avant que ces secondes se replient sur les troisièmes , ce qui fait que les parties du second élément ( qui devroient sortir de plusieurs de leurs intervalles en même temps, afin que le premier élément qui leur succède y pût agir avec

* Voyez planche VIII, figure 4.

avec un miroir

creux oa nn

veire con-

quelque force ) n'en sortent que successivement des premiers en premier lieu, après des seconds , et ainsi de suite. Mais si on frotte assez fort ce même bois pendant quelque temps , le branle que cette agitation donne à ses parties peut suffire pour chasser le second élément d'autour d'elles , et faire que quelques unes se détachent des autres ; au moyen de quoi , ne se trouvant environnées que du premier élément , elles se convertissent en feu. .

On peut aussi allumer du feu par le moyen d'un ?6-

- « . Comment

miroir concave ou dun verre convexe, en taisant que plusieurs rayons du soleil tendant vers un même point y joignent leurs forces : car, encore ^^^^' que ces rayons n'agissent que par l'entremise du second élément , leur action ne laisse pas d'être beaucoup plus prompte que celle qui lui est ordinaire; et elle l'est assez pour exciter du feu, à cause qu'elle vient du premier élément qui compose le corps du soleil : elle peut aussi être assez forte, lorsque plusieurs rayons se joignent ensemble, pour séparer des corps terrestres quelques unes de leurs parties, et leur communiquer la vitesse du premier élément , en laquelle consiste la forme du feu. 3^

Car, enfin, partout où se trouve une telle vitesse Comment la

' • seule agita-

dans les parties des corps terrestres il y a du feu, tiond'un

sans qu'il importe qu'elle en soit la cause. Et ^^^rLiCT.'*

comme il est vrai que ces parties terrestres «e peuvent être environnées de la sçule matière du premier élément sans acquérir cette vitesse , bien qu'elles n'en eussent poiqt du tout auparavant , en même façon qu'un bateau ne peut être au milieu d'un torrent sans suivre son cours , lorsqu'il n'y a point d'ancres ni de cordes qui le retiennent ; il est vrai aussi que lorsque, par quelque cause que ce soit , elles acquièrent cette grande vitesse , bien qu'il y ait plusieurs parties du second élément qui les touchent, et qu'elles' se toucheat aussi les unes les autres, elles chassent incontinent d'autour de soi tout ce qui peut empêcher leur agitation , en sorte qu'il n'y demeure que le premier élément, lequel sert à l'entretenir. Ainsi tous les mouvements violents suffisent pour produire du feu: et cela fait voir comment la foudre, les éclairs et les tourbillons dç vent se peuvent enflammer ; parceque, suivant ce qui a été dit dans les Météores, ils sont causés de ce que l'air qui est enfermé entre deux nues en sort avec une très grande vitesse lorsque la plus haute de ces nues tombe sur la plus basse.

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