QUATRIÈME PARTIE
OU du moins elles composent des corps qui jettent quelque lumière, encore qu'ils ne se consument pas; et c'est de ces exhalaisons que se font les feux follets en la plus basse région de l'air, et les éclairs qu'on voit quelquefois sans qu'il tonne en la moyenne; et en la plus haute, les lumières en forme d'étoiles qui semblent tomber du ciel, ou y courir d'un lieu à l'autre : car les exhalaisons, ainsi qu'il a été dit, sont composées de parties fort déliées, et divisées en plusieurs branches qui se sont attachées à d'autres parties un peu plus grosses, tirées des sels volatils et des sucs aigres et corrosifs ; et il est à remarquer que les intervalles qui sont entre ces branches fort déliées sont si petits, qu'ils ne sont ordinairement remplis que de la matière du premier élément; ce qui est cause que, bien que les parties du second occupent tôt» les autres plus grands intervalles qui se trouvent elïtre les parties des sels ou sycs qui sont revêtues de ces branches, elles en peuvent facilement être chassées lorsque ces exhalaisons étant pressées de divers côtés par d'autres, quelques unes de leurs parties entrent et s'insinuent en ces plus grands intervalles : car l'action du premier élément, qui est entre le» petites branches qui environnent ces sucs , leur aide à les chasser ; et par ce moyen ces parties des exhalaisons se changent en fiamme.
4o4 LES PRINCIPES. DE LA PHILOSOPHIE.