‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 194 sur 241 · QUATRIÈME PARTIE. 4l · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. 4l

tant k cause qu'elles sont plus grosses, qu'à cause qu'elles se meuvent plus vite , bien qu'elles empêchent cet air de descendre vers la flamme, elles ne peuvent pas être empêchées par lui en même façon de monter plus haut vers H, où, perdant peu à peu leur agitation, elles se changent en fumée.

Et cettie fumée ne trouveroit aucune place où 98-

* ^ Comment Pair

se mettre hors de la flamme , à cause qu'il n'y a et les antres

.j.j.., A ,|, -j corpsnonrris-

pomt de vide, si , a même temps qu elle entre dans sent la flaml'air , une pareille quantité de cet air ne prenoit ™®* son cours circulairement vers le lieu qu'elle quitte; c'est pourquoi lorsqu'elle . monte vers H , elle en chasse de l'air qui descend par I et K vers B, où, rasant le haut du flambeau B et le bas de la mèche F, il coule de là dans la flamme et sert de matière pour l'entretenir. Toutefois, à cause que ses parties sont fort déliées , elles ne pourroient suffire à cela toutes seules; mais elles foiit aussi monter ^ avec soi , par les pores dé la mèche , des parcelles de cire à qui la chaleur du feu a déjà donné quel^ que agitation ; ce qui fait que la flamme se conserve en changeant continuellement de matière, et en ne demeurant jamais deux moments de suite la même, que comme fait une rivière en laquelle il afflue incessanament de nouvelles eaux.

Et ce mouvement circulaire de l'air vers la ^ ^p-

Qne rair rc-

flamçae peut aisément être connu par expérience; vient circulai-

rement^ vers

car lorsqu'il y a un assez grand feu dans une lefeuenia

4l4 ^^^ PRINCIPES DE LA. PHILOSOPHIE,

place de la chambrc OÙ toutes les portes et fenêtres sont bien fermées , et où , excepté le tuyau de la cheminée par où la fumée sort, il n'y a rien d'ouvert que quelque vitre cassée ou quelque autre trou assez étroit, si on met la main auprès de ce trou l'on sent manifestement le vent que fait l'air en venant par là vers le feu en la place de la fumée, loo. Ainsi on peut voir qu'il y ^ toujours deux choses

hqatan étei- reqmscs pour laire que le leu ne s éteigne point.

^et Xù vfent* ^^ première est qu'il y ait en lui des parcelles du

qu'il y a des tToisième élément , qui , étant mues par le premier,

corps qnibrâ' *

lent dans aient assez de force pour repousser le second élément avec l'air ou les autres liqueurs qui sont au* dessus de lui, et empêcher qu'elles ne le suffoquent. Je ne parle ici que des liqueurs qui s^mt au-dessus, à cause que, n'y ayant que leur pesanteur qui les fasse aller vers lui, celles qui sont au-dessous n'y vont jamais en cette façon pour l'éteindre, et elles y vont seulement lorsqu'elles y sont attirées pour le nourrir , comme on voit que la même' liqueur qui sert à entretenir la flamme d'im flambeau quand il est droit le peut éteindre quand il est renversé; et, au contraire, on peut faire des feux qui brûlent sous l'eau, à cause qu'ils contiennent des parcelles du troisième élément si solides , si agitées , et en si grand nombre , qu'elles ont la force de repousser l'eau de tous côtés, et ainsi l'empêcher d'éteinchre le feu.

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