‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 209 sur 241 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

raison est que les parcelles de Tacier ne sont point si éloignées de la situation en laquelle il faut qu'elles soient pour le rendre fort dur , qu'elles n'y puissent être remises par l'action du feu , et la retenir lorsque le froid succède fort promptement à la chaleur ; an lieu que les parties du fer n'ayant jamais eu une telle situation , ne la peuvent ainsi acquérir. Or, afin de.feire que le fer ou l'acier se refroidisse fort promptement, on a coutume de le tremper dans de l'eau ou dans quelques autres liqueurs froides; comme, au contraire, afin qu'il se refroidisse lentement et devienne plus mou , on le trempe dans de l'huile ou dans quelque autre liqueur grasse ; et parcequ'à mesure qu'il se rend plus dur il devient aussi plus cassant, les artisans qui en font des épées , des scies , des limes , et au* très instruments, n'emploient pas toujours les plus froides liqueurs à le tremper, mais celles qui sont tempérées et proportionnées à l'effet qu'ils désirent. Ainsi , la trempe des limes ou des burins est différente de celle des scies , des épées , ou autres semblables instruments , selon que la dureté est plus requise aux uns qu'aux autres y et qu'il est plus ou moins à craindre qu'ils ne se cassent : c'est pourquoi on peut dire avec raison qu'on tempère l'acier lorsqu'on le trempe bien à propos.

Pour ce oui est des petits conduits profMres à i44recevoir les parties cannelées, on connoit de ce qui rence a y a

entre les pores a été dit Qu'îl v CD doit avoir CD très grand nom-

de raimant , ^ "^ ^ ^

de l'acier et brc tant dans l'acier que dans le fer, et même beaucoup plus que dans l'aimant , dans lequel il y a toujours plusieurs parties qui ne sont point métalliques. On conhoît aussi que ces conduits doivent être beaucoup plus entiers et plus parfaits dans l'acier que dans le fer , et que les petites pointes que j'ai dit être couchée^ dans leurs replis ne s'y renversent pas si aisément d'un côté sur l'autre qu'ils font dans le fer; premièrement à cause que la mine dont on fait l'acier est la plus pure, et celle dont les parcelles ont le moins changé depuis qu'elles sont sorties de la terre intérieure, puis aussi 4 cause qu'elles y sont mieux agencées et plus serrées que dans le fer» Enfin, on connoîtque ces conduits ne sont point tous tournés ni dans l'acier ni dans le fer, ainsi qu'ils sont dans l'aimant; à savoir , en sorte que toutes les entrées des conduits par où les parties cannelées qui viennent du pôle austral peuvent passer regardent un même côté, et que toutes celles qui peuvent recevoir les parties cannelées qui viennent du pôle sep ten triobal regardent le côté contraire ; mais que ces conduits y sont tournés en diverses façons et sans aucun ordre certain , à cause que l'action du feu a diversement changé leur situation. Il est vrai que pendant le moment que cette action .cesse, et que le fer ou l'acier ^Gobrasé se refroidit, les

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parties cannelées qui coulent toujours par le dessus de Ja terre d'un de ses pôles vers l'autre , peuvent disposer quelques uns de leurs conduits en la Façon qu'ils doivent être, afin qu'elles "y aient lij>re passage ; et elles peuvent aussi disposer ainsi peu à peu quelques uns des pores de Pacier ou du fer qui n'est point embrasé, lorsqu'il demeure long-temps en une même situation, mais parcequ'il y a beaucoup plus de. tels conduits dans le fer et dans l'acier que les parties cannelées qui pas-, sent par l'air n'en peuvent remplir, elles n'en peuvent ainsi dfeposer que fort peu; ce qui est cause qu'il n'y a point de-'fer ni d'acier qui n'ait quelque chose de la vertu de l'aimant, bien qu'il n'y en ait presque point qui en ait tant qu'il n'en puisse avoir encore davantage.

Et toutes ces choses suivent si clairement des '^^•

" . . . r f - 1 / • ^ dénombre-

principes qui ont été ci-dessus exposés , que je ne ment de tou-

laisserois pas de juger qu'elles sont telles que je prlétéTdenii-

viens de dire, quand bien je n'aurois aucun égard "**"**•

aux propriétés qui en peuvent être déduites ; mais

j'espère maintenant faire voir que toirf:es celles de

ces propriétés que les plus curieuses expériences

des admirateurs de l'aimant ont pu découvrir jus-

ques à présent peuvent si facilement être explir

quées par leur moyen , que cela seul suffiroit pour

persuader qu'elles sont vraies, encore qu'elles

n'eussent point été déduites des premiers prin-

454 ^^S PRINCIPES DJB LA PHIIiOSOPHlE.

dpes de la aatui^. Et afin qu'on remarque mieux quelles sont toutes ces propriétés , je les réduirai ici à certains articles, qui sont : *"

1 . Qu'il y a deux pôles en chaque aimant , Tun desquels , en quelque lieii de la terre que ce soit , tend toujours à être tourné vers le septentrion , et l'autre vers le midL

2. Que ces pôles de l'aimant tendent aussi à se pencher vers la terre , et ce diversement , à raison des divers lieux où il est transporté.

3. Que lorsque deux aimants de figure ronde sont proches, chacun d'eux se tourne et se penche vers l'autre, en même &çon qu'un seul se tourne et penche vers la terre.

4. Que lorsqu'ils sont ainsi tournés l'un vers l'autre, ils s'approchent jusques à ce qu'ils se touchent.

5. Que s'ils sont retenus par contrainte en une situation contraire à celle-là, ils se fuient et se reculent l'un de l'autre.

6. Que si un aimant est divisé en deux pièces, suivant la ligne qui joint ses deux pôles , les parties de chacune de ces pièces tendent à s'éloigner de celles de l'autre pièce dont elles étoient les plus proches avant la division.

7. Que s'il est divisé en un autre sens , en sorte que le plan de la division coupe à angles droits la ligne qui joint ses pôles, les deux points de cette

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