‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 229 sur 241 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

VU qu'elle ne procède que des causes purement matérielles et destituées de pensées pu de libre aii>itre ) que la raison n'en puisse être donnée par le moyen de ces mêmes principes. Ce qui me fait ici conclure que tous les autres principes qui ont jamais été ajoutés à ceux-ci, sans qu'on ait eu aucune autre raison pour les ajouter, sinon qu'on n'a pas cru que sans eux quelques e£fet& naturels pussent être expliqués , sont entièrement superflus.

Je finirois ici cette quatrième partie des principes de la philosophie, si je l'accompagnois de deux autres, l'une touchant la nature des ani^^ maux et des plantes; l'autre touchant celle de l'homme, ainsi que je m'étois proposé lorsque j'ai commencé ce traité. Mais parceque je n'ai pas encore assez de coonoissance de plusieurs choses que j'avois envie de mettre aux deux der* nières parties, et que par faute d'expérience ou de loisir je n'aurai peut-être jamais te moyen de les achever, afin que celles-ci ne laissent pas d'être complètes , et qu'il n'y manque rien de ce que j'aurois cru y devoir mettre , si je ne me fusse point réservé à l'expliquer dans les suivantes , j'ajouterai ici quelque chose touchant les objets de nos sens : car jusques ici j'ai décrit cette terre, et généralement tout le monde visible, comme si c'étoit seulement une machine en laquelle il n'y

Quelle» choses doivent encore être expliquées , afin qae ce traité soit complet.

eût rien du tout à considérer que les figures et les mouvements de ses parties ; et toutefois il est certain que nos sens nous y font paroître plusieurs autres choses , à savoir des couleurs , des odeurs , des sons, et toutes les autres qualités sensibles, desquelles si je ne parlois point on pourroit penser que j'aurois omis l'explication de la plupart des choses qui sont en la natiu^e.

^^9' c'est pourquoi il est ici besoin que nous remar-

Ce que c'est r t. ^ t. ^ ^

que le sens, et quious qu'cucore quc notre âme soit unie à tout

en quelle fa- , -m-, , , - ..i

çonnoossen. 1© corps, elle cxercc néanmoins ses principales tons. fonctions dans le cerveau, et que c'estià non seulement qu'elle entend et qu'elle imagine, mais aussi qu'elle sent ; et ce par l'entremise des nerfs , qui sont étendus comme des filets très déliés , depuis le cerveau jusques à toutes les parties des autres membres , auxquelles ils sont tellement attachés , qu'on n'en sauroit presque toucher aucune • qu'on ne fasse mouvoir les extrémités de quelque nerf, et que ce mouvement ne passe, parle moyen de ce nerf, jusqu'à cet endroit du cerveau où est le siège du sens commun , ainsi que j'ai assez amplement expliqué au quatrième discours de la Dioptrique; et que les mouvements qui passent ainsi par l'entremise des nerfs jusques à cet endroit du cerveau auquel notre âme est étroitement jointe et unie , lui font avoir diverses pensées , à raison des diversités qui sont en eux; et, enfin , que

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