‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 230 sur 241 · QUATRIÈME PARTIE. 5o l · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. 5o l

ce sont ces diverses pensées de notre âme qui viennent immédiatement des mouvements qui sont excités par l'entremise des nerfs dans le cerveau, que nous appelons proprement nos sentiments, ou bien les perceptions de nos sens.

Il est besoin aussi de considérer que toutes les i govariétés de ces sentiments dépendent premièrement a de dwèrs^ de ce que nous avons plusieurs nerfs, puis aussi ^/leg^^ de ce qu'il y a divers mouvements en chaque nerf; "««"» «'«'*^-

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mais que néanmoins nous n'avons pas autant de tîts namreis

j'iVf- ^ j r T-. • s et les passions.

sens dinérents que nous avons de nerfs. £t je n en *^ distingue principal«[nent que sept, deux desquels peuvent étr0 nommés intérieurs, et les cinq autres extérieurs. Le premier sens , que je nomme intérieur, comprend la faim, la soif, et tous les autres appétits naturels ; et il est excité en l'âme par les mouvements des nerfs de l'estomac, du gosier, et de toutes les autres parties qui servent aux fonctions naturelles, pour lesquelles on a de tels appétits. Le second comprend la joie, la tristesse, l'amour, la colère, et toutes les autres passions, et il dépend principalement d'un petit nerf qui va vers le cœur , puis aussi de ceux du diaphragme , et des autres parties intérieures. Car, par exemple , lorsqu'il arrive que notre sang est fort pur et bien tempéré, en sorte qu'il se dilate dans le cœur plus aisément et plus fort que de coutume , cela fait tendre les petits nerfs qiii sont aux entrées de ses

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concavités, et les meut d'une certaine fiaçon qui répond jusqiies au cerveau, et y excite notre âme à sentir naturellement de la joie,,Ët toutes et qualités fois que ces mêmes ner£» sont mus de la même façon, bien que ce soit pour d'autres causes, ils excitekit en notre âme ce même sentiment de joie. Ainsi , lorsque nous pensons jouir de quelque bien , l'imagination de cette jouissance ne contient pas en soi le sentiment de la joie , mais elle fait que les esprits animaux passent du cerveau dans les muscles auxquels ces nerfs sont insérés ; et faisant par ce moyen que les entrées du cœur se dilatent , elle fait aussi que ces nerfs se meuvent en la façon qui €st instituée de la nature pour donner le sentie ment de la joie. Ainsi , lorsqu'on nous dit quelque nouvelle, l'âme juge premièrement si elle est bonne ou mauvaise; et, si elle la trouve bonne, elle s'en réjouit en elle-même, d'une joie qui est purement intellectuelle , et tellement indépendante des émotions du corps, que les stoïques n'ont pu la dénier à leur sage, bien qu'ils aient voulu qu'il fût exempt de toute passion. Mais sitôt que cette joie spirituelle vient de l'entendement en l'imagination, elle £ût que les esprits coulent du cerveau vers les muscles qui sont autour du cœur, et là^excitent le mouvement des nerfe , par lequel est exdté un autre mouvement dans le ca*veau , qui donne à l'âme 1^ sentiment ou la passion de la joie. Tout de même ,

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