‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 231 sur 241 · QUATRIÈME PARTIE. 5o · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. 5o

lorsque le sang est si grossier qu'il ne coule et ne se dilate qu'à peine dans le cœur, il excite dans les mêmes nerfs un niouvement tout autre que le précédent , et qui est institué de la nature pour donner à l'âme le sentiment de la tristesse ^ bien que souvent elle ne sache pas elle-même ce que c'est qui fait qu'elle s'attriste ; et toutes les autres causes qui meuvent ces nerfs en même façon , donnent aussi à l'âme le même sentiment. Mais les autres mouvements des mêmes nerfs lui font sentir d'autres passions, à savoir celles de l'amour, de la haine, delà crainte, de la colère, etc., entant que ce sont des sentiments ou passions de l'âme ; c'est-à-dire en tant que ce sont des pensées confuses que l'âme n'a pas de soi seule, mais de ce qu'étant étroitement unie au corps elle reçoit l'impression des mouvements qui se font en lui : car il y a une grande dififérence entre ces- passions et les connoissances ou pensées distinctes que nous avons de ce qui doit être aimé, ou haï, ou craint, etc. , bien que souvent elles se trouvent ensemble. Les appétits naturels, comme la faim, la soif^ et tous les autres, sont aussi des sentiments excités en l'âme par le moyen des nerfs de l'estomac, du gosier, et des autres parties ; et ils sont entièrement différents de l'appétit ou de la volonté qu'on a de manger, de boire, et d'avoir tout ce que nous pensons être propre à la conservation de notre corps ;

5o4 l'BS PRINCIPES PE LA PflILOSOPHIE.

mais , à cause que cet appétit ou volonté les accompagne presque toujours , on les a nommés des appétits.

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