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nombre de ces phénomènes, sinon ce que nous en ce quia été
1, ^ • 1 . expliqué en
pouvons apercevoir par 1 entremise des sens ; mais , ce traité. excepté le mouvement, la grandeur, la figure et la situation des parties de chaque corps , qui sont des choses que j'ai ici expliquées le plus exactement qu'il m'a été possible, nous n'apercevons rien hors de nous par le moyen de nos sens que la lumière, les couleurs, les odeurs , les goûts, les sons , et les qualités de l'attouchement. Or je viens de prouver que nous n'apercevons point que toutes ces sortes de qualités soient rien hors de notre pensée , sinon les mouvements , les grandeurs , et les figures de quelques corps , si bien que j'ai prouvé qu'il n'y a rien en tout ce monde visible , en tant qu'il est seulement visible où sensible , sinon les choses que j'y ai expliquées.
Mais je désire aussi que Ton remarque que, bien 200. que j'aie ici tâché de rendre raison de toutes les nTc^nt^t^ choses matérielles , je ne m'y suis néanmoins servi «'^î ««cjuis
** •' . principes qui
d'aucun principe qui n'ait été reçu et approuvé n'aient été repar Aristote et par tous les autres philosophes temps de tout qui ont jamais été au monde; en sorte que cette J^rte^'^Vet^te philosophie n'est point nouvelle , mais la plus an- philosophie cienne et la pins vulgaire qui puisse être: ^car je veUe, maisia n'ai rien du tout considéré que la figure, le nlou- etkpi^™^^
inscom-
vement et la grandeur de chaque corps, ni exa- ™^ncq«i
^ ^ r 7 puisse être.
miné aucune autre chose que ce que les lois des
mécaniques, dont la vérité peut être prouvée par
5l4 L^^ PRINGIPISS DE LA PHILOSOPHIE.
une infinité d'expériences, enseignent devoir suivre de ce que des corps qui ont diverses grandeurs , ou figures y ou mouvements, se rencontrent ensemble. Mais personne n'a jamais douté qu'il n'y eût des corps dans le monde qui ont diverses grandeurs et figures , et se meuvent diversement , selon les diverses façons qu'ils se rencontrent, et même qui quelquefois se divisent, au moyen de quoi ils changent de figure et de grandeur. Nous expérimentons la vérité de cela tous les jours , non par le moyen d'un seul sens, mais par le moyen de plusieurs, savoir de l'attouchement, de la vue, et de l'ouïe ; notre imagination en reçoit des idées très distinctes, et notre entendement le conçoit très clairement. Ce qui ne se peut dire d'aucune des autres choses qui tombent sous nos sens, comme sont les couleurs, les odeurs, les sons, et semblables : car chacune de ces choses ne touche qu'un seul de nos sens, et n'imprime en notre imagination qu'une idée de soi qui est fort confuse, et enfin ne fait point connoître à notre entendement ce qu'elle est.
'a^^ er ^^ ^^ peut-être que je considère plusieurs partain que les ties en chaque corps qui sont si petites qu'elles bieiMntcom- nc peuvcut être senties , et je sais bien que cela ne ^eriMemi^ ^^"^ P^^ approuvé par ceux qui prennent leurs sens blés. pour la mesure des choses qui se peuvent connoître. Mais c'est, ce me semble, faire grand tort au
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raisonnetnetit humain de ne vouloir pas qu'il aille plus loin que les yeux ; et il n'y a personne qui puisse douter qu'il n'y ait des corps qui sont si petits qu'ils ne peuvent être aperçus par aucun de nos sens , pourvu seulement qu'il considère quels sont les corps qui sont ajoutés à chaque fois aux choses qui s'augmentent continuellement peu à peu, et quels sont ceux qui sont ôtés des choses qui diminuent en même façon. On voit tous les jours croître les plantes, et il est impossible de concevoir comment elles deviennent plus grandes qu'elles n'ont été, si on ne conçoit que quelque corps est ajouté au leur : mais q^ui est-ce qui a jamais pu remarquer par l'entremise des sens quels sont les petits corps qui sont ajoutés en chaque moment, à chaque partie d'une plante qui croît? Pour le moins , entre les philosophes , ceux qui avouent que les parties de la quantité sont divisibles à l'infini , doivent avouer qu'en se divisant elles peuvent devenir si petites qu'elles ne seront aucunement sensibles. Et la raison qui nous empêche de pouvoir sentir les corps qui sont fort petits est évidente : car elle consiste en ce que tous les objets que nous sentons doivent mouvoir quelques unes des parties de notre corps qui servent d'organes à nos sens , c'est-à-dire quelques petits filets de nos nerfs , et que chacun de ces petits filets ayant quelque grosseur, les corps qui sont
5l6 LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE.
beaucoup plus petits qu'eux n'ont point la force de les mouvoir : ainsi , étant assurés que chacun des corps que nous sentons est composé de plusieurs autres corps si petits que nous ne les saurions apercevoir , il n y a , ce me semble , personne, pourvu qu'il veuille user de raison, qui ne doive avouer que c'est beaucoup mieux philosopher de juger de ce qui arrive en ces petits corps que leur seule petitesse nous empêche de pouvoir sentir par l'exemple de ce que nous voyons arriver en ceux que nous sentons, et de rendre raison par ce moyen de tout ce qui est en la nature ( ainsi que j'ai tâché de faire en ce traité ), que, pour rendre raison des mêmes choses, en inventer je ne sais quelles autres qui n'ont aucun rapport avec celles que nous sentons, comme sont la matière première , les formes substantielles , et tout ce grand attirail de qualités, que plusieurs ont coutume de supposer, chacune desquelles peut plus difficilement être connue que toutes les choses qu'on prétend expliquer par leur moyen. ^ Qae^s'prm- Peut-êtrc aussi que quelqu'un dira que Démocipcs^ne »'ac- crite a déjà ci-devant imamné des petits corps qui
cordent pas '' o i i x
mieux avec avoieut divcrses figures, grandeurs et mouvemocriteV'â- iHcnts, par le divers mélange desquels tous les à'I^wuon corps sensibles étoient composés , et que néan-
des autres, moins sa philosophîe est communément rejetée. A quoi je réponds qu'elle n'a jamais été rejetée
aoa.