‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 43 sur 241 · Pendant que nous . rejetons ainsi tout ce dont · texte numérisé non relu

Pendant que nous . rejetons ainsi tout ce dont

Que nous ne -* ^

saurions don- nous pouvous douter le moins du monde , et que

ter sans être, ^ . a >»i ^ /•

et que cela est HOUs leiguons même quil est taux, nous suppoct^noTsitce ^^^^ facilement qu'il n'y a point de Dieu , ni de certainequ'on ^igi j^ Jc tcrrc, ct quc uous u'avons poiut de

peut acquérir. * , j a

corps; m^is nous ne saurions supposer de même que nous ne sommes point pendant que nous doutons de la vérité de toutes ces choses : car nous avons tant de répugnance à concevoir que ce qui

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pense n'est pas véritablement au jnéme temps qu'il peme, quiç, nonobstant toutes le» plus extravagantes suppositions , nous ne saurions nous empêcher de croire que cette conclusion , Je pense, donc je sais, ne soit vraie , et par conséquent la première et la plus certaine qui se présente à cdui qui conduit ses pensées par ordre.

Il me semblé aussi que ce biais est tout le meil* ^ g letur que nous puissions choisir pour connoître la Q^'^^ ^<^^'

■ ^ * * noit aussi en-

nature de Fâme, et qu'elle est une substance entiè- suite la dis-

, . , , ' . tinction qui

r^nent distincte du corps : car, examinant ce que estentrerâme nous sommes, nous qui sommes persuadés main- ** ^^ ^^^' tenant qu'il n y a rien hors de notre pensée qui soit véritablement ou qui existe , nous connoissons manifestement que, pour être, nous n'avons pas besoin d'extension, de figure, d'être en aucun lieu, ni d'aucune autre seipblable chose que l'on peut attribuer au corps, et que nous sommes par cela seul que nous pensons ; et par conséquent que la no»tion que nous avons de notre âme ou de notre pensée précède celle que nous avons du corps, * et qu'elle est plus certaine , vu que nous doutons encore qu'il y ait aucun corps au monde , et que nous savons certainement que nous pensons.

Par le mot de pensa!*, j'entends tout ce qui se fait 9. en nous de telte sorte que nous l'apercevons immé- que^pens^. diatement par nous-mêmes; c'est pourquoi non seulement entendre, vouloir, imaginer, mais* aussi

sentir, est la même chose ici que penser. Car si je dis que je voisi ou que je marche, et que j'infère de là que je suis ; si j'entends parler de l'action qui se fait avec mes yeux ou avec mes jambes , cette conclusion n'est pas tellement infaillible , que je n'aie quelque sujet d'en douter, à cause qu'il se peut faire que je pense voir ou marcher, encore que je n'ouvre point les yeux et que je ne bouge de ma place ; car cela m'arrive quelquefois en dormant , et le même pourroit peut-être m'arriver encore que je n'eusse point de corps : au lieu que si j'entends parler seulement de l'action de ma pensée ou du sentiment, c'est-à-dire de la connoissance qui est en moi , qui fait qu'il me semble que je vois ou que je marche , cette même conclusion est si absolument vraie que je n'en puis douter,, à cause qu elle se rapporte à l'âme ^ qui seule a la faculté de sentir ou bien de penser en quelque autre façon que ce soit, lo. Je n'explique pas ici plusieurs autres termes

notions d'ef* ^^^^ j® ^^ suis déjà scrvi et dont je fais état de me cT W ™u\>n ^^^^^^ ci-après; car je ne pense pas que, parmi ceux les obscurcit qui lirout mes écrits, il s'en rencontre de si studéfiniràiafa- pidcs qu'ils uc puisseut entendre d'eux-mêmes ce ITqJeiieaul V^^ ^^* termcs signifient. Outre que j'ai remarqué s'acquièrent q^g j^g philosophcs, eu tâchâiit d'expliquer par l'étude, mais les règles de leur logique des choses qui sont manous. nifestes d'elles-mêmes , n'ont rien fait que les obscur-

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