PREMIÈRE PARTIE. -J
que cetoit leur corps qu'ils voyoient de leurs yeux, qu'ils touchment de leurs mains, et auquel ils attribuoient ms^ à propos la £stculté de sentir, ils n'ont pas connu distinctement la nature de leur âme. /
Mais lorsque lapetisée,qui se connoît soi-même j.^ l^^{ ^^ en cette façon, nonobstant qu'elle persiste encore à -^^ p®'** ^®
* -■■ ■• que si on
douter des autres choses , use de circonspection ignore Dieu pour tâcher d'étendre sa connoissance plus avant, aXr^e^conelle trouve en soi premièrement les idées de plu- ^^nTa^aurasieurs choses ; et pendant qu'elle les contemple simplement f et qu elle n'assure pas qu'il y ait rien hors de soi qui soit s^nblable à ces idées, et qu'aussi elle ne le nie pas, elle est hors de danger de se méprendre. Elle rencontre .aussi quelques no. tions communes , dont elle compose des dénwnstrations qui la persuadent si absolument, qu'elle ne sauroit douter de leur vérité pendant qu'elle s'y applique. Ear exempte, elle a en soi les idrées des nombres et des figures , elle a «aussi entre ses communes notions, < que, si on ajoute des quan- »tîtés égales à d'autres quantités égales, les tous » seront égaux , » et beaucoup d'autres aussi évidentes que celle-ci , par iesqtieUes il est aisé de démontra que les trois an^es d'un triangle sont égaux à deux droits^ etc. Or, tant qu'elle aperçoit ces aotions et l'ordre dont elle a déduit cette conclusion ou d'autres semblables, elle est très assurée
de leur vérité : mais , coBime elle ne sauroit y penser toujours avec tant d'attention , lorsqu'il arrive qu'elle se souvient de quelque conclusion sans prendre garde à l'ordre dont elle peut être démontrée , et que cependant elle pense que l'auteur de son être auroit pu la créer de telle nature qu'elle se méprît en tout ce qui lui semble très évident , elle voit bien qu'elle a un juste sujet de se défier de la vérité de tout ce qu'elle n'aperçoit pas distinctement, et qu'elle ne sauroit avoir aucune science certaine jusques à ce qu'elle ait connu celui qui l'a créée. #
«4. Lorsque par après elle fait une revue sur les
Qa'onpent ,. .
démontrer divcrscs idées OU notions qui sont en soi , et
^ude*^ia qu'elle y trouve celle d'un être tout-connoissant ,
n^Jté^ê' ^<>^t" Passant, et extrêmement parfait, elle juge
treoud'cxis- facilement, parcequ'elle aperçoit en cette idée
ter est com- . ^
priseeniano- quc- Dieu, qui est cct ctrc tout parfait, est ou r^M^X^kd! existe : car encore qu'elle ait des idées distinctes de plusieurs autres choses , elle n'y remarque rien qui l'assure de l'existence de leur objet; au lieu qu'elle aperçoit en celle-ci , non pas seulement une existence possible, comme dans les autres, mais une existence absolument nécessaire et éternelle. Et comme de ce qu^elle voit qu'il est nécessairement compris dans l'idée qu'elle a du triangle que ses trois angles soient égaux à deux droits , elle se persuade absolument quele triangle a les trois angles