PREMIÈRE PARTIE
Dieu , à quoi la noire ne puisse aussi s étendre ; ce qui est cause que nous la portons ordinairement au-delà de ce que nous connoissons clairement et distinctement; et lorsque nous en abusons de la sorte , ce n'est pas merveille s'il nous arrive de nous méprendre.
Cta*. quoique Dieu ne nous ait pas donnéun en- ^^;
■■• * * Lesquelles ne
tendement tout-connoissant , ï^on& ne devons' pas peuvent être
, 1 9*1 • 19 1 imputées à
cronre pour cela qu il soit 1 auteur de nos erreurs , Dieu. parceque tout entendement créé est fini , et qu'il est de la nature de l'entendement fini de n'être pas tout-connoissant.
Au contraire , la volonté étant de sa nature très Quekprinciétendue , ce nous est un avantage très srand de p^^® P®y^®*^-
' . . tiondeThom-
pouvoir agir par son moyen, c'est-à-dire librement; meestd'avoir
Il , A 1 un libre arbi-
en sorte que nous soyons tellement les maîtres de tre , et que nos>actions , que nous sommes dîgiaes de k>uange ^n^^^^^^de lorsque nous Ies< conduisons bien : car, tout ainsi louanpoudc
blâme.
qu on ne donne point aux machines qu on voit se mouvoir en plusieurs façons diverses, aussi justement qu'on sauroît désirer, des louanges qui se rapportent véritablement à elles , parceque ces machines ne représentent aucune action qu'elle^ ne doivent faire par le moyen de leurs ressort», et qu'on en doitne à l'ouvrier qui les a faites, parcequ'il a eu le pouvoir et la volonté de les. compo- ' ser avec tant d'artifice ; de même on doit nous attribuer quelque chose de plus, de ce que nous choi-
sissons ce qui est vrai , lorsque nous le distinguons d'avec le faux par une détermination de notre volonté , que si nous y étions déterminés et contraints par un principe étranger.
^ ^*- Il est bien vrai que toutes les fois que nous
Que nos er- n T.
reurs sont des faillons, il v a du défaut en notre façon d'agir ou
défauts de no- ni» » o
tre façon d'à- cu l usdgc de Hotrc liberté; mais il n'y a point pour pohitdènou^ ^^'^ ^® défaut en notre nature , à cause qu'elle est nature; et ^e toujours la même QUoique nos îuffements soient
les fautes des •' , T. l J D
sujets peuvent vrais OU faux. Et quaud Dieu auroit pu nous don-
sonventétre . . -i 9
attribuées Hcr uue conuoissancc SI grande que nous neusnf^w^^s sions jamais été sujets à faillir, nous n'avons aucun non point à droit pour Cela de nous plaindre de lui ; car, encore que parmi nous celui qui a pu empêcher un mal et ne l'a pas empêché en soit blâmé et jugé comme coupable, il n'en est pas de même à l'égard de Dieu , d'autant que le pouvoir que les hommes ont les uns sur les autres est institué afin qu'ils empêchent de malfaire ceux qui leur sont inférieurs, et que la toute-puissance que Dieu a sur l'univers est très absolue et très libre. C'est pourquoi nous devons le remercier des biens qu'il nous a faits, et non point nous plaindre de ce qu'il ne nous a pas avantagés de ceux que nous connoissons qui nous manquent et qu'il auroit peut-être pu nous départir, oueuubcpié ^^ reste, il est si évident que nous avons une de notre vo- volonté libre, qui peut donner son consentement
nence que
noos en
avons.