PREMIÈRE PARTIE
attribuées à l'âme seule, ni aussi au corps seul, mais à l'étroite union qui est entre eux , ainsi que j'expliquerai ci -après : tels sont les appétits de boire et de manger, etc., comme aussi les émotions ou les passions de l'âme qui ne dépendent pas de la pensée seule , comme l^motion à la colère , à la joie , à la tristesse , à l'amour , etc. ; tds sont, enfin , tous les sentiments, comme la douleur, le chatouillement, la lumière, les couleurs, les sons, les odeiurs , le goût , la chaleur, la dureté , et toutes les autres qualités qui ne tombent que sous le sens de l'attouchement.
Jusqiies ici j^ai dénombré tout ce que nous connoissons comme des cJioses, il reste à parler de ce Q^^ *«« v«"-
tés ne peuque nous connoissons comme des vérités. Far ventaimi
11 9 .. élre dénoni-
exemple , lorsque nous pensons qu on ne sauroit trées, et qu'il faire quelque chose de rien , nous ne croyons point "f^ ^®f ^^ que cette proposition soit une chose qui existe ou la propriété de quelque chose, mais nous la prenons pour une certaine vérité éternelle qui a son siège en notre pensée , et que l'on nomme une notion conimune ou un^ maxime : tout de même quand on dit qu'il est impossible qu'une même chose soit et ne soit pas en même temps , que ce qui a été fait ne peut n'être pas fait , que celui qui pense ne peut manquer d'être ou d'exister pendant qu'il pense, et quantité d'autres semblables, ce sont seulement des vérités , et non pas des choses qui
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soient hors de notre pensée, et il y en a un si grand nombre de telles qu'il seroit malaisé de les dénombrer ; mais aussi n'est-il pas nécessaire , parceque nous ne saurions manquer de les savoir lorsque l'occasion se présente de penser à elles , et que nous n'avons point de préjugés qui nous aveuglent. Que toutes PouT Ce qui cst des vérités qu'on npmme des ces vérités notious communcs. il est certain qu'elles peuvent
peuvent être ^ x r
clairement être counucs de plusieurs très clairement çt très mX non^pas distinctement ; car autrement elles ne mériteroient causldw' r'- P^^ d'avoir ce nom : mais il est vrai aussi qu'il y i^gés. en a qui le méritent au regard de quelques personnes , et qui ne le méritent point au regard des autres, a cause qu'elles ne leur sont pas assez évidentes. Non pas que je croie que la faculté de connoître , qui est en quelques hommes , s'étende plus loin que celle qui est communément en tous ; mais c'est plutôt qu'il y a des personnes qui ont imprimé de longue main des opinions en leur créance, qui étant contraires à quelques unes de ces vérités , empêchent qu'ils ne les puissent apercevoir , bien qu'elles soient fort manifestes à ceux qui ne sont point ainsi préoccupés.
5ï- Pour ce qui est des choses que nous considérons
Ce que c'est * .
que la sub- commc ayant quelque existence , il est besoin que
stance; et que i . . • • d ' u .. r» j
c'est un nom ^ous Ics cxammioQs ICI lunc après 1 autre, ann de ^t^* r^* distinguer ce qui est obscur d'avec ce qui est évi- Dieuctaux dcnt en la notion que nous avons de chacune.