‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 59 sur 241 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Lorsque nous concevons la substance, nous con- créatures en

-, 1 . • 11 /• même sens.

cevons seulement une chose qui existe en tel le façon qu'elle n'a besoin que de soi-même pour exister. En quoi il peut y avoir de l'obscurité touchsikt l'explication de ce mot , n'avoir besoin que de soi^ même ; car, à proprement parler, il n'y a que IMeu qui soit tel , et il n'y a aucune chose créée qui puisse exister un seul moment sans être soutenue et conservée par sa puissance. C'est pourquoi on a raison dans l'école de dire quele nom de substance n'est pas univoque au regard de Dieu et des créatures , c'est-à-dire' qu'il n'y a adcune signification de ce mot que nous concevions distinctement , laquelle convienne en même sens à lui et à elles : mais , parcequ'entre les choses créées, quelques unes sont de telle nature qu'elles ne peuvent exister sans^uelques autres , nous les distinguons d'ayec celles qui n^ont besoin que du concours ordinaire de Dieu , en nommant celles-ci des substances , et celles-là des qualités ou des attributs de ces substances.

Et la notion que nous avons ainsi de la substance s». créée se rapporte en même façon à toutes , c'est-à- *2^ Uribu^é dire à celles qui sont immatérielles comme à celles ^ ^'*"*® ** ^^

* ^ corps en

qui sont matérielles ou corporelles; car, pour en- même sens, et

I 11 • I r 1 comment on

tendre que ce sont des substances , il faut seule- connoît la ment que nous apercevions qu'elles peuvent exister ^"^^^^^^ sans l'aide d'aucune chose créée. Mais lorsqu'il est

question de savoir si quelqu'une de ces substances existe véritablement, c'cj^t^-à-dire si eUe est à présent dans le monde , ce n'est pas assez qu'elle existe eiî cette façon pour faire que nous l'apercevions : car cela seal ne nous découvre rien qui excite quelque connoissance particulière en notre pensée , il faut outre cela qu'elle ait quelques attributs que nous puissions remarquer; et il n'y en a aucun qui ne suffise pour cet ^et , a cause que l'une de nos notions communes est que .le néant ne peut avoir aucuns attributs, ni propriétés ou qualités ; c'est pourquoi , lorsqu'on en rencontre quelqu'un , on a raison de conclure qu'il est l'attribut de quelque substance , et que cette substance existe. ^ ^ Mais encore que tout attribut soit suffisant pour

Que chaque ^ ^ *

substance a faire connoîtrc la substance jlll y en a toutefois un

nn attribut . jgf

principal, et cu chacunc qui constitue sa nature et son. essence,

^rLTestia*' ^^ ^^ T*^ ^^^^ ^^^ autres dépendent. A savoir l'é* pensée, com- tcudue cu longucur, largcur et profondeur, consion est celui stîtuc la uature de la substance corporelle; et la ' ^^^^' pensée constitue la nature de la substance qui peiise. Car tout ce que d'ailleurs on peut attribuer au corps présuppose de l'étendue , et n'est qu'une dépendance de ce qui est étendu ; de même , toutes les propriétés que nous trouvons en la chose qui pense ne sont que des façons différentes de penser* Ainsi nous ne saurions concevoir par exemple de figure , si ce n'est en une chose étendue , ni de mou-

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