PREMIÈRE PARTIE
vement qu'en un espace qui est étendu , ainsi fimagiiiation , le sentiment et la volonté dépendent tellement d'une chose qui pense que nous ne les pouvons cpncevoir sans elle. Mais , au contraire , nous posons concevoir l'étendue sans figure ou sans mouvement ; et la cliose qui pense sans imagination ou sans sentiment, et ainsi du reste.
Nous pouvons donc avoir deux notions ou idées 54. claires et distinctes , l'une d'une substance créée nonspouvons qui pense, et l'autre d'une substance étendue, ^^^^'^^tw pourvu que nous séparions soig^neusement tous de la substanles attributs de la pensée d'avec les attributs de l'é- de celle qui
j T., . . -j' 1 . est corporelle,
tendue. Nous pouvons avoir aussi une idée claire et de Dieu. et distincte d'une substance incréée qui pense et qui est indépendante , c'est-à-dire d'un Dieu , pourvu que nous ne pensions pas que cette idée nous représente tout ce qui est en lui, et que nous n'y mêlions rien par une fiction de notre entendement ; mais que nous prenions garde seulement à ce qui est compris véritablement en la notion distincte que nous avons de lui et que nous savons appartenir à la nature d'un être tout parfait. Car il n'y a personne qui puisse nier qu'une telle idée de Dieu soit en nous, s'il ne veut croire sans raison que l'entendement humain ne sauroit avoir aucune connoissance de la Divinité.
Nous concevons aussi très distinctement, ce que ^^•
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c est que la durée, 1 ordre et le nombre, si , au lieu nous en pou-
vous aussi je mêler daBs l'idée que nous en avons ce qui
aToirdeladu- . i iv i / i i i
rée, de l'ordre appartient proprement à 1 idée de la substance,
BOUS pensons seulemait que la durée de chaque
* chose est im mode ou une façon dont n^us con-
^dérons cette chose en tant qu'elle contiifue d'être ; et que pareillement l'ordre et le nombre ne diffèrent pas en effet des choses ordonnées et nombrées , mais que ce sont seulement des façons sous lesquelles nous considérons diversement ces choses. 56- Lorsque je dis ici façon ou mode, je n'entends
Ce que c'est . ^ . * .„ *.^ -u ^
quequaUté et* ricu quc çc quc jc nomiue ailleurs attribut ou quaçonoumode! ^^^^' ^^/isds lôrsquc je considèpc que la substance en est autrement disposée ou diversifiée , je me sers partiôuli^ement du nom de mode ou façon; et lorsque , de cette disposition ou changemesit , elle peut être appelée telle, je nomme qualités les diverses façons qui font quelle est ainsi nommée 5 enfin , lorsque je pense plus généralement que ce& modes bu qualités sont en la substance, sans les considérer autrement que comme les dépendances de cette substance, je les nomme attribtfts. Et , parceque je ne dois concevoir en Dieu aucune variété ni changement, je ne dte pas qu'il y ait en lui des modes ou des qualités , mais plutôt des attributs*; et même dans les choses créées, ce qui se trouve en elles toujours de même sorte, comtœe l'existence et la durée en la chose qui existe et qui dure , je le nomme attribut , et non pas mode ou qualité.
De ces qualités ou attribute, il y en a quelques 57. uns qui sont daxis les chos^ mêmes, et d'autiies atdibau qS qui ne sont qu'en notre pensée ; ainsi , par ei^ewple, ^enf â*^*!^ le t^nps, que nous ctisttnguons de la durée prise ^1 «««««uqaeUes gênerai, et quç nous disons être le nombre du bues, et d'anmouvement , n'est rien qu'une certaine iaçon ^^a^^ ^l' dont noiùs pensons à cette durée ^ c^ur^ nous nie "^^^ ?«"•««• concevons point qcie la durée des choses qui sont mues soit autre que cellet des cd^oaes qui ae le sont point : comme il «^ évident de ce que si deux corps sont mus pendant une faeure, l'un vite ^ l'autre lentement , nous ne comj^ns pas plus de temps en l'usi qu'en l'autre, encor#que nous supposions plus de mouvement en Fun de ces deux corps. , Mais afiii de compren<ke la diarée de toutes les ,
choses sous une même n^sure , nous nous servons ordinairement de la dniée de certains mouvements réguliers qui font les jours et les années, et la nommons temps, après l'avoir ainsi compalrée; bien qu'en e£Eet ce que nous nommons ainsi ne soit rien Ijiors de la véiitable durée des choses qu'une Êiçoin djS penser.
pe niéme ie nombre que nous considérons en 58. général, sansfadre réflexion sur aucune chose créée; brVêu<^ n'çst point hors de notre pensée, non plus que dé'^Ident'de tewles ces ^autres idèe^ générales quue dans i'éooie ^^^^ pemée. on comprend sous le Jiom d'uni vénaux. r'-- sg.
Qui se font de qeik seul que nous nous servons ^îîiîfererair
d'une même idée pour penser à plusieurs choses particulières qui ont entre elles un certain rapport. Et lorsque nous comprenons sous un même nom les choses qui sont représentées par cette idée , ce nom est aussi universel. Par exemple, quand nous voyons deux pierres, et que, sans penser autrement à ce qui est de leur nature, nous remarquons seulement qu'il y en a deux, nous formons en nous l'idée d'un certain nombre que nous nommons le nombre de deux. Si , voyant ensuite deux oiseaux ou deux arbres, nous remarquons (sans pens^ aussi à ce qui est de leur nature) qu'il y en a deux, nous reprenons par ee même moyen la même idée que nous avions auparavant formée, et la rendons universelle , et le nombre aussi que nous nommons d'un nom universel le nombre de deux. De même, lorsque nous considérons une figure de trois cotés, nous formons une certaine idée que nous nom^ mons l'idée du triangle, et nous nous en servons ensuite à nous représenter généralement toutes les figures qui n'ont que trois cotés. Mais, quand nous remarquons plus particulièrement que , des figures de trois côtés , les unes ont un angle droit et que les autres n'en ont point , nous formons en nous une idée universelle du triangle rectangle, qui, étant rapportée à la précédente qui est générale ei plus universelle, pteut être nommée espèce; et l'angle droit, la différence imiverselle par où les triangles