‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 66 sur 241 · PREMIÈRE PARTIE. 1 I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. 1 I

sens. Car encore que voyant un corps nous ne soyons pas mmns assurés de son existence par la couleur que nous apercevons à son occasion que par la figure qui le\||Tmine , toutefois il est cer^ tain que nous connoissons tout autrement en lui cette propriété qui est cause que nous disons qu'il est figuré que cell^ qui £aiit qu'il nous semble qu'il est coloré.

Il est donc évident , lorsque nous disons à quel- 70.

* Que nous

qu un que nous apercevons des couleurs dftns les pouvons ju-

objets, qu'il en est de même que si nous lui disions feçoM d^

que nous apercevons en ces objets je ne sais quoi wT^ar^^ê

dont nous ignorons la nature , mais qui cause «lesquelles

nous tombons

pourtant en nous un certam sentiment fort clair et en l'erreur, et fort manifeste qu'éïi nomme le sentiment des cou- no"^ î»évi! leurs. Mais il y a bien de la différence en nos jugements. Car, tant que nous nous contestons de croire qu'il y a je ne sais quoi dans les objets (c'est-à-dire dans les choses telles qu'elles soient) qui cause en nous ces pensées confuses qu'on nomme sentiments , tant s'en Êiut que nous nous méprenions , qu'au contraire nous évitons la surprise qui nous pourroit faire méprendre , à cause que nous ne nous emportons pas sitôt à juger témérairement d'une diose que nous remarquons ne pas bien connoître. Mais lorsque nous croyons apercevoir une certaine couleur dans un objet, bien que nous n'ayons aucune connoissance dis-

tons.

1 I fi LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE.

tincte de ce que nous appelons d'un tel nom , et que notre raison ne nous fasse apercevoir aucune ressemblance entre la couleur que nous supposons être en cet objet et celle cMJfest en notre pensée ; néanmoins , parceqùe nous ne prenons pas garde à cela , et que nous remarquons en ces mêmes objets plusieurs propriétés , comme la grandeur, la figure, le nombre , etc. , qui existent en eux de la même sorte que nos sens ou plutôt notre entendement nous les fait apercevoir, nous nous laissons persuader aisément que ce qu on nomme couleur dans un objet est quelque chose qui existe en Oet objet et qui ressemble entièrement à la couleur qui est en notre pensée ; et ensuite nous pensons apercevoir clairement en cette chose ceque nous n'apercevons en aucune façon appartenir à sa nati^'e. 71. C'est ainsi que nous avons reçu la plupart de nos

^ève^t prin- ^ï^i^urs. A savoir pendant les premières années de cipaîc cause notrc vic , quc notre âme étoit si étroitement liée

de nos erreurs » 11

sont les préju- au corps, qu elle ne sappliquoit à autre chose

ses de notre «% . «^i* 1 • •

enfance. ^^ ^ cc qui causoit eu Im quelques impression^ , elle ne considéroit pas encore si ces impressions étoient causées par des choses qui existassent hors de soi , mais seulement elle sentoit de la douleur lorsque le corps en étoit offensé, ou du plaisir lorsqu'il en recevoit de l'utilité , o ubien , si elles étoient si légères que le corps n'en reçut point 4g commodité, ni aussi d'incommodité qui fut impor»

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