‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 86 sur 241 · TROISIÈME PARTIE. l · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. l

sont si amples qu'on en peut déduire beaucoup mènes oitex-

1 j / » J 1 Pwienccs, et

pins de choses que nous nen voyons dans le ÀquoieUes monde, et même beaucoup plus que nous n'en ^^^rWr."^* saurions parcourir de la pensée en tout le temps de notre vie. C'est pourquoi je ferai ici une briève description des principaux phénomènes dont je prétends recherchier les causes; non point afin d'en tirer des raisons qui servent à prouver ce que j'ai à dire ci-après, car j'ai dessein d'expliquer les effets par leurs causes , et non les causes par leurs effets , mais afin que nous puissions choisir entre une infinité d'effets qui peuvent être déduits des mêmes causes ceux que nous devons principalement tâcher d'en déduire.

Il nous semble d'abord que la terre est^ibeau*

. Quelle procoup plus grande que tous les autres corps qui portion n y a

sont au monde, et que la lune et le soleil sont plus ^^ terrV^tTa'

grands que les étoiles ; mais , si nous corrigeons le ^^' ^ ^^^

défaut de notre vue par des raisonnements de géo- «ance» et de

leurs gran-

métrie qui sont infaillibles, nous connoîtrons pre- dems. mièrement que la lune est éloignée de nous d'environ trente diamètres de la terre , et le soleil de six ou sept cents : et , comparapt ensuite ces distances avec le diamètre apparent du soleil et de la lune , nous trouverons que la lune est plus petite que la terre , et que le soleil est beaucoup plus grand.

Nous coniioîtrons aussi , par l'entremise dé nos c. yeux lorsqu'ils seront aidés de la raison, que tanceiVya

entre les au- Metcure est distant du soleil de plus de deux cents

très planètes ■», y -» -, i i i

etieaoïeu. diamctres de la terre; Venus, de plus de quatre cents ; Mars , de neuf cents ou mille ; Jupiter , de trois mille et davantage ; et Saturne , de cinq ou six iBille.

^ ,7- Pour ce qui est des étoiles fixes, selon leurs

Qu on peut * ' ^

supposer les apparcnccs nous ne devons point croire qu'elles

étoiles fixes . , 111 ii«i

antant éioi- soicut plus proçhcs dc la terre ou du soleil que ^Teuir °° Saturne ; mais aussi nous n'y remarquons rien quf nous puisse empêcher de les supposer plus éloignées, même jusques à une distance indéfinie : et nous pourrons même conclure de ce que je dirai ci-après touchant le mouvement des deux , qu'elles ^^f* sont si éloignées de la terre que Saiturne , à com-

parai^n d'elles , en est extrêmement proche. ^- Ensuite de quoi il est aisé de connoître que la

Qnc la terre , a -i 1 •

étant vue du lunc ct la tcrrc paroitroient beaucoup plus petites

*^"tr<St ^7^ à celui qui les regarderoit de Jupiter ou de Saturne,

comme une ^^^ j^^ paroît Jupitcr OU Satumc au même specta-

planete moin- x 1 1 r

dre que jupi- tcur qui les regarde de la terre, et que si on regardoit le soleil de dessus quelque étoile fixe , il ne paroîtroit peut-être pas^plus grand que les étoiles paroissent à ceux qui les regardent du lieu où nous sommes : de sorte que si nous voulons comparer les parties du monde visible les unes aux autres et juger de leurs grandeurs sans prévention, nous ne devons point croire que la lune, ou la terre, ou le soleil , soient plus grands que les étoiles.

Page 1