‹ OEuvres de Descartes, publiées (volume 4)Chapitre 93 sur 241 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

ginaire, et ne dépend que de leur fantaisie; au lieu que la raison pour laquelle ils pourroient dire que la terre se meut est évidente et certaine. ,

De plus, suivant lliypothèse de Tycho, le soleil ^9-

r , ^ . . ^K 11 Et aussi qn'el-

Ëtisant un circuit tous les ans autour de la terre lesemeutaaemporte avec soi non seulement Mercure et Vénus, ^'^^ ««> « • mais encore Maors, Jupiter et Saturne, qui sont plus éloignés de lui que n'est la terre, ce qu'on ne sauroit concevoir dans un ciel liquide , comme ils le supposent, si la matière du ciel qui est entre le soleil et ces astres n'est emportée tout ensemble avec eux , et que cependant la terre , par une force particulière et différente de celle qui transporte ainsi le ciel, se sépare des parties de cette matière qui . la touchent immédiatement , et qu'elle décrive un cercle au milieu d'elles. Mais cette séparation qui se fait ainsi de toute la .terre devra être prise pour son mouvement.

On peut ici proposer une. difficulté contre mon £0^^:^ '^eia hypothèse; à savoir, que, puisque le soleil sarde terre change

. A • . . iw 11 **® situation

toujours une même situation a 1 égard des étoiles au regard des fixes , il est donc nécessaire que la terre qui tourne tM*^*!* n'wt autour de lui approche de ces étoiles et s'en éloi- pa»«<«*j^]«

* » au regard des

gne aussi de tout l'intervalle qui est compris en ce étoiles fixes, à grand cercle qu'elle décrit en faisant sa route d'une extrême disannée ; et néanmoins on n'en a encore rien su dé- ^^^' couvrir par les observations qu'on a faites. Mais il est aisé de répondre que la grande distance qui est

entre la terre et les étoiles en est cause t car je la suppose si immense, que tout le cercle que la terre décrit autour du soleil, à comparaison d'elle, ne doit être compté que pour un point. Ce qui semblera peut - être incroyable à ceux qui . n'ont pas accoutumé leur esprit à considérer les merveilles de Dieu , et qui pensent que la terre est la principale partie de l'univers parcequ'elle est la demeure de l'homme, en faveur duquel ils se persuadent sans raison que toutes choses ont été faites ; mais * je suis assuré que les astronomes, qui savent déjà que la terre comparée au ciel ne tient lieu que d'un point, ne le trouveront pas si étrange. ^'- ,. Et cette opinion de la distance des étoiles fixes

Que cette dis- '■

tance des étoi- peut être confinnée par les mouvements des co-

les fixes est , -, . , , ^

nécessaire ii^etes , lesquellcs on sait maintenant assez n être qS^riermoû- P^^ï^^ *^^ météorcs qui s'engendrent en l'air proche vements des j^ nous , aihsi qu'on a vulgairement cru dans l'é-

cometes. ^ *^

cole avant que les astronomes eussent examiné leurs parallaxes; car j'espère faire voir ci-après que ces comètes sont des astres qui font de si grandes excursions de tous côtés dans les cieux, et si différentes tant de la stabilité des étoiles fixes que du circuit régulier que font les planètes autour du soleil , qu'il seroit impossible de les expliquer conformément aux lois de la nature, à moins que de supposer un espace extrêmement vaste entre le soleil et les étoiles fixes, dans lequel ces excursions

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