‹ Œuvres de Georges HumbertChapitre 77 sur 192 · CONJUGAISONS ET CORRESPONDANCES · texte numérisé non relu

CONJUGAISONS ET CORRESPONDANCES

73. Nous appellerons points conjugues dans un systeme s deux points situes sur la courbe S, dont les arguments ont la somme constante .y, a des multiples pres de co, /ito'.

Remarque. — Au point devue geometrique, on peut definir comme il suit un systeme de points conjugues.

Soient, sur la courbe S, n — i points fixes quelconques. Considerons les courbes adjointes de degre n — 2 qui passent par ces points. Ces

, n(n—3) , ' , (« — 2)(/i + i) courbes ont ^ — - -+- n — 2, cest-a-dire^ ~ -— 1 points

fixes, etforment ainsi un faisceau. Les deux points mobiles ou l'une quelconque de ces courbes coupe S ont evidemment deux arguments dont la somme est constante, et sont, par suite, conjugues dans un systeme fixe.

I. — Equation generate des droites joignant deux points conjugues.

Enveloppe de ces droites.

74. L'equation qui donne les arguments des points d'intersection d'une droite quelconque avec S est de la forme

Si cette droite passe par deux points conjugues dans le systeme s, on connait la somme s de deux zeros de la fonction f(t); la somme

des n — 2 autres sera -(co + /ico') — s a des multiples pres de to, «co'.

La fonction f(t) sera done de la forme [equation (35)]

SUR ■ LBS COUnBES DE GENKE UN. I 33

Pour que les n zeros de f(t) soient les arguments de n points de S, situes sur une droite, il faut et il suffit que les quantites a,, a2; Pu $n-2 verifient (n — 3) relations de la forme (n° 44)

Pi(mi'ai + nta3) -+- (32(/n'(a,+ nj«2) +. . .= o (i == i, 2, . . ., n — 3),

mh ... etant des constantes.

De ces n — 3 relations, on tirera les valeurs proportionnelles de 3,, 3 3

^ =•&==.! = fe?,

,/t Ji Jn-2

/,>, /2, ... designant des polynomes homogenes, de degre n — 3 en a, et a2, et Ton a ainsi, sous forme symbolique,

Dans le second inembredeveloppe, a, et a, entrent au degre n — 2, et, par suite, 1'equation generale des droites joignant deux points conjugues dans le systcme s sera de la forme

0 = 07, Cp„24- ({/„ -2'+ &3 Xn—2,

%-», ••• etant des polynomes homogenes de degre n — 2 en a,, a2. II resulle de la que :

Les droites qui joignent deux points conjugues dans un systemc donne enveloppent une courbe de (n — <±yemc classe ('), unicursale et donl le degre est, en general, 1 (n — 3).

75. Le degre et la classe de cette courbe s'abaissent si la valeur don nee de s est lasommedes deux arguments ef ete.2 qui correspondent a un point double de S : en effet, 1'equation qui donne les arguments des points ou S est coupee par une droite quelconque issue du point double considere admet les zeros e{ et e\ dont la somme esU. La courbe enveloppe cherchee se decompose done en un point et une courbe de classe n — 3. On peut se rendre compte de ce fait directement.

On a toujours, pour la fonction f(t),

/(0 = («t <Pi-l-«2 ?i) ([3,?; + ...).

(') Clebscii, Journal de Crelle, t. 64, p. '217.

76. Parmi les equations qui lient a,, a2 ; (3,, ... est la suivante (n°45)

(6i /(e,) : —f{e\) \ Xi(e\);

or on a, puisque e, -+- e', =

f(e\) = f(s-e,) et, d'apres les relations (37),

liit i/it

9', $>;<*) ^ ■ , <p'; - 0 = ?; (o gir '•

L'equation (61) devient done, en remplacant ^\(e\), y\(e\) par leurs valeurs,

(62) -r- )„ \ [gi?i(ei) + *»<Pt'(*i)] [Pi?a(«i) + • • ■]

2 (It

= (fl v [«i<Pi(gi) + «»?i(g«)] [Pi¥t(«'i) + ■ • •]>

et l'expression a, ^(^i) a2?i(e0 est en facteur. Si on l'egale a zero, on ecrit que

e'est-a-dire que la droite consideree passe par Ie point double (e,, e\). Si on ne l'annule pas, l'equation (62), debarrassee de ce facteur,

devient une relation lineaire et homogene entre [3, (3„2,qui permet

d'exprimer une de ces quantites en fonction lineaire et homogene des autres. On a ainsi

/(0 = («„ fa, .... f3„-3),

et Ton en conclut, corame on 1'a fait plus haut, que l'equation generale des droites joignant deux points conjugues dans le systeme eK -he\, et ne passant pas par le point double (elf e\), est de la forme

o = o;1a);i 3-*-^2d'„3+ *sX»Hu

<pn s, . .. etant des polynomes homogenes de degre n — 3 en a,, a2.

Ces droites enveloppent done une courbe de (n — '\yme classc unicursale et, en general, de degre i(n — 4)-

SUR LES COURBES I)E GEN KE UN. f 35

77. Celte courbe enveloppe louche la tangenle menee an point double (c, , e\ ) a la courbe A, de degre n — 3, adjointe a. S.

En effet, toute courbe de degre n — 3 passant par les ~ n (n — 3) — i

points doubles de S, autres que le point (et, e\), coupe S en deux points mobiles dont les arguments ont pour somme <?, + e\ (n° 43 bis).

La droite D joignant ces deux points sera done une des droites considerees. Or, si la courbe de degre n — 3, dont on vient de parler, se rapproclie de la courbe A, la droite D tend a se confondre avec la tangente menee a A au point (e, , e\ ). c. q. f. d.

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