‹ Œuvres de Henri Poincaré : (volume 2)Chapitre 81 sur 126 · I. — Définitions · texte numérisé non relu

I. — Définitions

Je considère un système de fonctions abéliennes de genre p dépendant des p variables

lll, Kl, ■■■, U,,

et admettant j.p périodes.

J'écrirai souvent pour abréger

V(iii) ou F(H,— e,),

au lieu de

Cl, e,, . . . , C/i étant des constantes quelconques.

Si F(«i) est une des fonctions abéliennes considérées et si l'on a

F(m,) = F(u/-i- fil),

on dit que

r/,, II-,, ..., a,,

est une période; on sait que l'on peut toujours supposer que l'on a choisi les

FONCTIONS ABELIENNES.

variables normales et les périodes normales de sorte que le tableau complet des 2p périodes s'écrive

1 "lA,

avec la condition

Les p premières périodes du tableau (i) seront les périodes de première espèce et les p dernières les périodes de seconde espèce.

Une fonction 0 d'ordre n est une fonction entière qui jouit des propriétés suivantes :

i" Quand on augmente les u, de la /,'"""= période de première espèce (c'està-dire quand on change M/, par exemple en Uk+ 2i7r, les autres m, ne changeant pas), la fonclion 0 est multipliée par un facteur constant, que j'appellerai a^;

2" Quand on augmente les Uj de la A''^""^ période de seconde espèce, la fonctioa 0 est multipliée pai- un facteur exponentiel de la forme

de sorte que Les facteurs

ft(«,--4- ^^■.x) = e""<+T<0(«,).

z/, et e""*+Tt

s'appelleront les muUiplicaleurs.

Si deux fonctions 0 ont les mêmes multiplicateurs, on dira qu'elles appartiennoat au mcmQ faisceau.

U est bien connu que, dans un faisceau d'ordre n et de genre /), il y a

nP

fonctions 0 linéairement indépendantes dont toutes les autres fonctions 0 du faisceau sont des combinaisons linéaires.

Parmi les fonctions 0 il y en a une qui est particulièrement remarquable et que j'appellerai 0.

386 FONCTIONS ABÉLIENNES.

C'est la fonclion Lion connue

Se ■ " -

qui est une fonction 0 du premier ordre.

Le cas le plus simple est celui que j'appellerai le cas singulier elliptique; c'est celui où dans le tableau (i) des périodes normales tous les a, /, sont nuls si i^k.

La fonclion 0 est alors le produit de/? fondions 0 elliptiques.

Vient ensuite le cas que j'appellerai cas singulier abélien. II se présentera dans les circonstances suivantes :

Soil

Prenons les p dernières lignes du tableau (i), nous obtiendrons ainsi un tableau à p lignes et p colonnes. Je suppose que tous les éléments de ce tableau soient nuls, sauf :

i" Ceux qui appartiennent à la fois aiw pi premières lignes et aux pi premières colonnes ;

2" Ceux qui appartiennent à la fois aux/)^ lignes suivantes etaux/?^ ciilonnes suivantes;

El enfin ceux qui apfiarlicnnenl à la fois aux p,i dernières lignes et aiix/i,^ dernières colonnes.

S'il en est ainsi la fonclion 0 à p variables sera le produit de (] fonctions 0 admettant respeclivemenlyjf , />.j, ... cA p,; variables.

On sait comment les fonctions abèliennes ont été imaginées; on a considéré une courbe algébrique (piclconque de genre/» et les/) intégrales abèliennes de première espèce correspondantes que j'appellerai V\, Cj, ..., l'y,; supposons alors qu'on prenne sur la courbe p points quelconques, qu'on considère une des intégrales abèliennes t',, et (ju'on fasse la somme ir, des valeurs de cette intégrale en ces p points.

Alors toute fonction symétrique des coordonnées de nos p points sera une fonclion abélienne de

FONCTIONS ABELIENNES. 887

Mais on sait également que toutes les fonctions abélicnnes ue peuvent pas dire obtenues de cette manière.

Un système S de fonctions abélicnnes de genre p dépend de

constantes qui sont les périodes normales cii^k.

Une courbe algébrique de genre p, si l'on ne regarde pas comme distinctes deux courbes dérivées l'une de l'autre par une transformation birationnelle, ne dépend que de 3/> — 3 constantes.

Ces deux nombres sont égaux pour /> = 2 et pour /» = 3 ; mais, pour /» > 3, le premier est plus grand; il existe donc des fonctions abélicnnes qui n'ont pas pour origine une courbe algébrique de genre /J.

J'appellerai fonctions abéliennes spéciales celles qui admettent celte origine.

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