‹ Œuvres de Pasteur (volume 3)Chapitre 115 sur 146 · A LA DERNIÈRE NOTE DE M. P. THENARD · texte numérisé non relu

A LA DERNIÈRE NOTE DE M. P. THENARD

SUR LE CHAUFFAGE DES VINS

Remarquons d'abord qu'il existe des difTérences profondes entre les assertions de cette nouvelle Note et celles des deux premières (3). M. Thenard n'a pas mis, il est vrai, à ces différences capitales des angles bien vifs, faits pour arrêter le regard et l'attention; mais on ne saurait attendre davantage d'un contradicteur mal engagé.

M. Thenard ne conteste plus la nouveauté et l'efficacité de mon procédé du 11 avril 18G5, qui procurera des millions à la Bourgogne; mais il donne à penser que la reconnaissance envers l'inventeur gène ses compatriotes. Soit : ce ne serait pas In première fois que les découvertes scientifiques n'auraient rencontré que l'ingratitude chez ceux qui en profitent. Les sentiments du Maréchal Vaillant, Président du Conseil général de la Côte-d'Or, sont tout autres.

La Note à laquelle je réponds paraît avoir principalement pour but d'expliquer la conduite tenue par M. Thenard. Mieux informé aujourd'hui que le 23 août et le 4 octobre, M. Thenard doit reconnaître jusqu'à l'évidence que le Maréchal Vaillant, ne se proposant pas de faire au Conseil général une dissertation historique, mais bien l'annonce d'un procédé pratique propre à prévenir toutes les maladies des vins fins de la Bourgogne, sans altérer leurs qualités les plus délicates, ne pouvait raisonnablement parler que du procédé de mon brevet du 11 avril 1865, le seul qui réalise ces conditions, et nullement des procédés d'Appert et de M. de ^'ergnette.

En effet, si le Maréchal Vaillant eût entretenu ses compatriotes du procédé d'Appert, M. Thenard se fût levé pour déclarer que ce procédé est très nuisible aux vins fins de la Bourgogne, et que c'est pour ce motif qu'on ne s'en est jamais servi. D'autre part, le Maréchal Vaillant n'aurait pu parler du procédé de :M. de Vergnette qu'en blessant la justice et la vérité; car si mon procédé du U avril 1865

1. Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du S novembre 1869, LXIX p. 973-974.

2. Thenard (P.). Note en réponse à la dernière Communication de M. Pasteur, sur le chaufifage des vins. Ibid., p. 9B8-941. (Xote de l'Édition.)

3. (Ju trouve la première Note de M. Thenard dans le Journal d'agriculture pratique, no du 9 septembre [18(39, II, p. 389-390]. {Note de Pasteur.)

est : 1° antérieur à celui de M. de Vergnette; 2" éprouvé et démontré efficace, celui de M. de Vergnette du l'"' mai suivant, consistant à porter le vin pendant deux mois dans un grenier ou dans une étuve de 45 à 52°, n'a jamais été appliqué par personne, et il est si mauvais qu'on pourrait l'intituler dérisoi rement, mais justement : « Procédé pour altérer la finesse et le bouquet des vins fins de la Bourgogne, ou pour les rendre malades plus vite et plus complètement qu'en les laissant dans la cave. »

Ces quelques lignes suffiront pour réfuter toutes les erreurs qui subsistent encore dans la dernière Note de M. Thenard.

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