‹ Œuvres de Pasteur (volume 5)Chapitre 4 sur 99 · TROUVÉ CALCULÉ · texte numérisé non relu

TROUVÉ CALCULÉ

Chlore 13,43 13,55

Arsenic 58,10 57,60

Azote 5,35 5,39

Hydrogène 2,30 1,93

Oxygène par différence 20,82 21,77.

La réaction qui donne naissance à ce composé nouveau est facile à concevoir. Le composé obtenu directement par le gaz ammoniac et le chlorure d'arsenic peut se représenter par

2 (ChArAzH) + 4 (ChAzH*) + AzrR

En traitant cette matière par l'eau, AzH3 se dissout ou se dégage, en partie très reconnaissable à l'odeur. Le sel ammoniac se dissout, et 2 (Ch Ar Az H) s'assimile les éléments de 7 équivalents d'eau pour donner la nouvelle combinaison que nous venons de signaler; en même temps, un nouvel équivalent de sel ammoniac entre en dissolution :

2(ChArAzH)+7HO = ChAr2AzH30?-j-ChAzH*.

Cette nouvelle combinaison renferme les éléments de 1 équivalent de chlorarsénimide, de 1 équivalent d'acide arsénieux et de 4 équivalents

Ch Ar2AzH30" = Ch Ar AzII + Ar03 -f 4 (HO).

On peut aussi la regarder comme un arsénite d'ammoniaque ayant

pour formule

(Ch02)ArAz03, AzHiO + HO.

Ce serait un arsénite acide d'ammoniaque renfermant 2 équivalents d'acide arsénieux, dont 1 serait de l'acide arsénieux chloré. J'ai même fait quelques essais dans le but d'obtenir le composé ChO-Ar; ces essais ne sont pas assez avancés pour que je puisse en tirer des conclusions certaines (*).

1. Le chlorure d'arsenic, traité par l'eau, se décompose lorsque l'eau intervient en trop grande quantité. Versée de manière à surnager le chlorure plus dense, celui-ci se. dissout peu à peu, et, au bout de quelques jours, le vase étant ouvert, de manière que l'acide chlorhydrique puisse s'évaporer, il se dépose des cristaux en groupes étoiles de même forme que l'acide

Quoi qu'il en soit de la véritable constitution de cette nouvelle combinaison cristallisée, il est certain que, si on la traite par l'ammoniaque concentrée, elle se prend tout de suite en une masse dure, adhérente au vase, cristallisée, mais dont les cristaux ne sont pas des tables hexagonales régulières. Ce sont encore des tables hexagonales, mais allongées, groupées ensemble, d'aspect nacré, et qui, lavées à l'eau, ne renferment pas trace de chlore. A l'analyse, on trouve que ce n'est autre chose que de l'arsénite d'ammoniaque, ayant pour composition Ar03AzH40, sans eau de cristallisation. En réalité, je n'ai point fait l'analyse des cristaux obtenus de cette manière; j'ai pensé seulement que ces cristaux, ne renfermant pas de chlore, mais seulement de l'acide arsénieux et de l'ammoniaque, pourraient bien être de l'arsénite d'ammoniaque. Il est vrai que cet arsénite n'avait pas encore été obtenu à l'état cristallisé. On trouve en effet dans tous les ouvrages, et notamment dans la Chimie de M. Berzelius ([), qui, plusieurs fois, a eu occasion de se servir d'acide arsénieux dissous dans l'ammoniaque, que cet acide se dissout beaucoup mieux dans l'ammoniaque que dans l'eau, mais que la dissolution évaporée lentement ou à l'ébullition laisse déposer de l'acide arsénieux cristallisé. J'ai répété plusieurs fois cette expérience en arrivant au même résultat. Je pensai que peut-être il fallait obliger l'ammoniaque à rester en présence de l'acide arsénieux, pour que l'arsénite prît naissance ; et, en effet, plaçant de l'acide arsénieux du commerce avec de l'ammoniaque ordinaire dans un ballon que je scellai à la lampe, et que je plaçai ensuite dans un bain de sable à la température de 90 à 100°, je trouvai, après le refroidissement, que tout l'acide arsénieux avait été dissous et remplacé par un corps cristallisé d'aspect nacré et soyeux, offrant exactement la forme des cristaux que j'ai signalés précédemment. Ces cristaux, qui tapissent en groupes étoiles les parois du ballon où l'on fait l'expérience, présentent à l'analyse la composition que j'ai ci-dessus indiquée, ArÛ3AzH40, sans autre eau que celle qui se trouve dans les sels ammoniacaux :

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