DANS LES SUBSTANCES ACTIVES SUR LA LUMIERE POLARISÉE
En réunissant toutes les indications cristallographiqu.es que j'ai données sur les substances actives dans ce Mémoire et ceux qui l'ont précédé, on ne tarde pas à reconnaître que toujours la forme hémiédrique dans ces substances est une des formes dérivées les plus simples, et que si on la prend pour forme primitive, on n'introduit aucune complication dans la notation des faces du cristal.
La disposition très simple des faces hémiédriques est accusée, dans presque tous les cas, par un caractère physique qui m'a été souvent utile pour reconnaître l'existence de l'héniiédrie. Le prisme droit à base rhombe est la forme type la plus ordinaire dans les substances actives que j'ai étudiées, et les modifications habituelles du prisme sont des faces qui portent sur les angles aigus ou obtus du prisme. Or il arrive presque constamment, 1° que les faces hémiédriques reposent sur les arêtes de la base du prisme; 2° que les arêtes d'intersection des modifications sur les angles du prisme (faces des biseaux), avec les faces hémiédriques, se projettent sur les diagonales des bases du prisme. Aussi peut-on assigner d'avance, et presque avec une entière certitude, quelle sera la forme hémiédrique de telle substance active déterminée. Ainsi il est très facile de prédire quelles seront les formes hémiédriques des substances suivantes, où je n'ai pas encore rencontré l'héniiédrie, quand on aura fait apparaître forcément ce caractère par des moyens semblables à ceux que j'ai mis en pratique dans ce travail.
Tartrate neutre de soude; malamide; codéine cristallisée dans l'éther ; tartrate neutre de chaux.
La forme cristalline du tartrate neutre de soude est représentée figure 18. Il est excessivement probable que l'hémiédrie sera accusée par quatre facettes tétraédriques reposant tangentiellement sur les arêtes d'intersection des faces n et g, et que son arête d'intersection avec la face M sera normale à l'arête d'intersection des faces M et g, ce qui détermine complètement sa position. On peut même, dans ce cas particulier, en parlant des relations générales que j'ai fait connaître entre les formes cristallines de tous les tartrates, assigner la position du tétraèdre par rapport aux faces principales du cristal.
Il est également très probable que, quand on aura rendu la malamide bémiédrique, les faces hémiédriques porteront sur les
Fig. 17.
Fig. 18.
Fig. 19.
angles solides formés par la base et les pans N et M (fig. 17). Je ne puis davantage indiquer leur position, parce que le prisme lui-même de la malamide ne peut être déterminé par ses modifications en trop petit nombre. Mais on peut regarder comme presque certain que les faces tétraédriques reposeraient sur les arêtes de la base du prisme rhomboïdal droit qui correspond au prisme rectangulaire M, N. En résumé, et un peu plus abstraitement, on peut dire : Soit le prisme rhomboïdal type M, M, P (fig. 19) :
M =(110) P = iOOl) .
Ce prisme portera généralement une seule modification sur les angles E, une seule sur les angles 0, dont les notations seront (011) et (101).
Cela posé, presque toujours la face hémiédxique sera (111).
Si le prisme porte deux modifications sur ses angles, il arrivera quelquefois qu'il y aura aussi deux systèmes de faces héiniédriques, comme dans le tartrale double rie soude et d'ammoniaque, et les notations des nouvelles modifications homoédriques et hémiédriques se correspondront encore.
S'il y a deux systèmes de modifications sur les angles et un seul système de faces hémiédriques, on peut être assuré que ces dernières correspondront à l'un des deux systèmes de modifications homoédriques.
L'étude de l'hémiédrie dans le prisme oblique à base rectangle, pour les cas que j'ai fait connaître, conduit à des remarques analogues, et il est tout aussi facile de préciser d'avance les divers modes d'hémiédrie qu'il peut présenter.
DEUXIEME PARTIE § IV. — Sur une nouvelle classe de combinaisons isomères,