ACTE II, SCÈNE III
Grey.
Jamais fidèle sujet se réjouit de la découverte d'une trahison plus que moi-même, à cette heure bénie où je me vois dans l'impossibilité de mener à bien une entreprise damnée. Pardonnez à ma faute, mon souverain, mais non à ma personne'.
Le Roi Henry.
Dieu vous acquitte dans sa grâce! Ecoutez votre sentence. Vous avez conspiré contre notre royale personne, de concert avec un ennemi déclaré, et reçu de ses coffres un or misérable, prix de notre mort. Vous avez voulu vendre votre roi à l'assassinat, ses princes et ses pairs à la servitude, ses sujets à l'oppression et au mépris, son royaume entier à la désolation. En ce qui concerne notre personne nous ne cherchons pas à nous venger: mais nous devons veiller au salut de notre royaume dont, vous trois, avez conspiré la ruine. C'est donc à ses lois que nous vous livrons. Partez d'ici, pauvres misérables coupables, pour aller à la mort. Que Dieu, dans sa miséricorde, vous donne et le courage de la voir en face et le repentir de vos crimes... Emmenez-les. {Les conspirateurs sortent, escortés) .
Maintenant, seigneurs, en France! Que l'entreprise nous soit glorieuse! Je ne doute pas d'une guerre facile et heureuse. Puisque Dieu nous a si gracieusement permis de découvrir une dangereuse trahison qui épiait notre route pour s'opposer à nos débuts, tous les obstacles, soyez-en certains, seront aplanis. En avant, mes chers compatriotes. Nous remettons entre les mains de Dieu l'armée qui va combattre. En merl Faites avancer les étendards. Je ne serai plus roi d'Angleterre, si je ne suis pas roi de France !
{Ils sortent).