‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 114 sur 414 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Londres. La Maison de mistress Quickly à Eastcheap.

Entrent PISTOL, Mistress QUICKLY, NYM, BARDOLPH ET LE PAGE.

Mistress Quickly.

Je t'en prie, époux à la douceur du miel, laisse-moi t'accompagner à Staines.

1. Johnson rappelle qu'un des membres de la conspiration ourdie contre la reine Eiisabetii, probablement Parry, termina ainsi la lettre qu'il lui écrivit avant de mourir: « Discharge me a culpa, but not a poena, good ladie ».

PiSTOL.

Non. Mon cœur d'homme est désolé... Bardolph, sois joyeux! Nym, réveille ta verve de plaisant! Page, arme ton courage ! Falstaff est mort ! Et nous devons le pleurer ! Bardolph.

Je voudrais être avec lui, qu'il soit au ciel ou en enfer !

MiSTRESS QuiCKLY.

Sûrement il n'est pas en enfer. Il est dans le sein d'Arthur, si jamais homme fut dans le sein d'Arthur. Il a eu une belle fin. Il est parti comme s'il avait été un enfant en robe de baptême ^, juste entre midi et une heure, juste à marée basse-. Quand je l'ai vu ramener ses draps, jouer avec des fleurs, sourire en regardant le bout de ses doigts, j'ai reconnu qu'il n'y avait plus pour lui qu'un chemin à prendre, car son nez était aussi pointu qu'une plume, et il parlait de champs verts '■'. « Eh bien, sir John, lui ai-je dit, prenez courage » ! Il s'est mis à crier : « Dieu, Dieu, Dieu » 1 deux ou trois fois. Alors, pour le réconforter, je lui ai dit de

i. ...an it had been any christom chlld. Le christoni était le vêtement blanc dont on revêtait les enfants que l'on allait baptiser ; un christom chila, était un enfant qui mourait après avoir été baptisé et avant que sa mère eiit fait ses relevailles.

2. D'après une vieille superstition que relate Mead, dans un volume intitulé : De Imperio solis, on ne mourait qu'à l'heure de la marée basse.

3. . . . forhis nose ivas as sharp as a pen, and a babbled of green fields. Il faut avoir étudié, comme nous l'avons fait, tous les commentateurs de Shakespeare, pour imaginer les suppositions auxquelles peut donner lieu un passage obscur. L'impossibilité de comprendre : and a babbled of green flelds, fait supposer à Pope, qu'il faut lire : a table of Greenflelds. L'imprimeur aurait mis dans la bouche de mistress Quickly, une indication de scène. Une table devait être apportée en scène, et comme, a l'époque de Shakespeare, le fournisseur des accessoires s'appelait Greenfields, le régisseur aurait écrit en marge du texte -. une table de Greenfields. Théobald réfute Pope. Selon lui, il faut bien lire ; and a babbled of green fields, parce que dans le délire, il arrive souvent que les moribonds imaginent entrevoir des champs verts. Nous avouons que la supposition de Théobald nous semble un peu gratuite. Warburton réfute Théobald, sans rétablir un texte, et Johnson fait chorus avec Théobald en des termes plutôt méprisants. Smith arrive. D'après lui, du temps de Shakespeare, table signifiait quelquefois un portefeuille, et au dos d'un portefeuille était souvent attachée une plume très pointue. Avec cette interprétation la phrase devient : his nose was as sharp as a pen upona table of green fells. C'est-à-dire : « Son nez était aussi pointu que les plumes qui sont sur un portefeuilleen peau verte d Enfin Malone entre dans le débat. « Il se pourrait, dit-il, que parle Taoipen Shakespeare eût entendu un pinceau et que la table of greenfields, fût tout simplement une toile représentant un paysage. Le nez de Falstaff est devenu aussi fin que le pinceau d'un paysagiste ». Sans accepter aucune des interprétations susdites, nous convenons ne pouvoir traduire un passage dont le texte est évidemment altéré. Nous avons traduit mot à mot, faute de mieux.

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