ACTE II, SCÈNE IV
Le Dauphin.
Quant au Dauphin, je le représente. Que lui envoie-t-on d'Angleterre ?
EXETER
Du dédain et un défi ! Mon roi a pour vous tout le mépris dont peut disposer un puissant rival sans s'avilir. Ainsi parle mon roi. Si votre père n'adoucit pas l'aigreur de la plaisanterie que vous avez faite, mon roi y répondra si terriblement que les cavernes, les vastes souterrains de France, se feront les échos de l'insolence et que nos canons vous la renverront à la face !
Le Dauphin.
Dites-lui que si mon père lui répond favorablement, ce sera contre ma volonté. Mon seul désir est de me mesurer avec l'Anglais et c'est à cette fin, étant données sa frivolité et sa jeunesse, que je lui ai envoyé ces balles de Paris.
EXETER
Il ébranlera votre Louvre, fùt-il la première Cour de la puissante Europe et, soyez-en sûr, vous trouverez une différence (nous, ses sujets, en sommes encore étonnés) entre ce que promettait sa jeunesse et ce qu'il est maintenant. Aujourd'hui, il pèse le temps à un gramme près. Les désastres dont vous aurez à souffrir, s'il demeure en France, vous le démontreront.
Le Roi de France.
Demain vous aurez notre réponse.
ExETER.
Dépêchez-vous le plus possible. Mon roi pourrait venir en personne demander les raisons de vos délais, car il est déjà débarqué dans ce pays.
Le Roi de France.
Vous serez bientôt congédié avec des propositions avantageuses. Une nuit est à peine suffisante pour discuter des questions de cette importance.
{Ils sortent) .