SCÈNE II
Le camp français.
Entrent LE DAUPHIN, LE DUC D'ORLÉANS, RAMBURES
et autres.
Le soleil dore notre armure. Debout, milords.
Le Dauphin.
Montez à cheval. Mon cheval ! Valet I Laquayl Holà 1
Le Duc d'Orléans.
0 la vaillante ardeur !
Le Dauphin.
Via!... Les eaux et la terre...
Le Duc d'Orléans.
Rien, puis ? l'air et le feu...
Le Dauphin.
Ciel! Cousin Orléans* ...
{Entre LE COxNNETABLE).
Eh bien! monseigneur le Connétable?
Le Connétable.
Ecoutez comme nos chevaux hennissent pour faire leur service.
Le Dauphin.
Montez-les, piquez-les ! Que leur sang bouillant gigle aux yeux de l'Anglais pour éteindre leur courage superflu -. Ah! Rambures.
Vous voulez qu'ils pleurent le sang de nos chevaux? Comment reconnaîtrons-nous alors leurs larmes naturelles? [Entre un MESSAGER).
Le Messager.
Pairs de France, les Anglais sont en bataille !
1. Les commentateurs ont vainement cherché à expliquer ce passage où, entre parenthèses, les mots soulignés sont en français dans le texte. Pent-être faut-il se rappeler que dans une scène précédente, le Dauphin a dit que son cheval trottait dans l'air, qu'il avait des narines de feu, etc. C'est l'explication que cherche à donner Malone et c'est la plus admissible.
2. And dout them with superfluous courage. Malone fait observer que to dout est une expression du Devonshire correspondant à do out.
Beaucoup d'autres mots composés de la même manière sont employés par Shakespeare, tels que: to don pour to do on; to doff, pour to do off, etc. Dans Hamlet nous avons déjà trouvé le verbe to dout:
. . . the drani of base Doth ail the noble substance of worth dout.