‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 177 sur 414 · TV · texte numérisé non relu

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anglaise, sauf quelques petites villes sans importance. Le dauphin Charles est coui'onné roi à Reiras. Le bâtard d'Orléans s'est joint à lui. René, duc d'Anjou, prend son parti. Le duc d'Alençon vole à ses côtés.

EXETER

Le Dauphin est couronné roi ! Tout le monde va vers lui ! Où courir pour éviter une telle honte ! Glocester.

A la gorge de nos ennemis ! Bedford, si tu hésites, j'entreprendrai moi-même cette guerre.

Bedford.

Glocester, pourquoi doutes-tu de mon impétuosité ? J'ai déjà, dans mes pensées, mis sur pied une armée qui bouleversera la France.

{Entre un troisième MESSAGER).

Troisième Messager.

Mes gracieux lords, pour augmenter les larmes que vous versez sur le cercueil du roi Henry, je dois vous informer qu'un combat sérieux a eu lieu entre le grand Talbot et les Français.

Winchester.

Où Talbot a triomphé, n'est-ce pas ?

Troisième Messager.

Non. Où lord Talbot a été vaincu. Voici, en détail, comment les choses se sont passées. Le six août dernier ce redoutable lord, ayant levé le siège d'Orléans, avec six mille hommes de troupes, à peine, fut entouré par vingt-trois mille Français. N'ayant pas le temps d'aligner ses hommes, manquant de piques pour protéger ses archers, il les remplaça par des pieux arrachés des haies qu^on planta en terre, au hasard, afin d'empêcher les cavaliers de charger. Le combat continua pendant plus de trois heures, pendant lesquelles le vaillant Talbot fit, avec son épée et sa lance, des prodiges dépassant tout ce que peut concevoir la pensée humaine. Il en envoya plus de cent aux enfers et personne n'osait lui résister. Ici, là, partout, il volait comme ^n enragé. Les Français s'écriaient que le diable avait pris les armes ; l'armée toute entière demeurait stupéfaite, et ses soldats, épiant sa valeur incomparable, criaient tous: Talbot! Talbot! et se jetaient en pleine mêlée. A ce moment, la vicioire était certaine, mais sir John Fastolfe se conduisit comme un lâche. Il était à l'ajrière-garde, placé sur les dernières lignes, avec ordre d'appuyer et de suivre les autres, quand il se mit à fuir sans échanger un coup. A partir de ce moment ce fut un massacre général et une générale défaite. L'ennemi nous environnait de tous les

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