‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 196 sur 414 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

PLA.NTAGENET.

Puisque vous avez la langue liée, qu'il vous répugne de parler, faites connaître votre opinion par un signe. Que tout vrai gentilhomme, décidé à défendre l'honneur de sa naissance, persuadé que j'ai plaidé la vérité, cueille avec moi une rose blanche sur cet églantier.

Somerset.

Que celui qui, n'étant ni un couard ni un flatteur, veut soutenir le parti de la vérité, cueille une rose rouge sur cette épine.

Warwick.

Je n'aime pas les couleurs ', et sans couleur de vile flatterie, je cueille cette rose blanche avec Plantagenet.

Je cueille cette rose rouge, avec le jeune Somerset, afiirmant qu'il a soutenu le droit.

Vernon.

Arrêtez, lords et gentilshommes. Avant de cueillir d'autres roses, décidez que celui dont le parti en aura cueilli le moins se soumettra à l'opinion du parti adverse. Somerset.

Maître Vernon, la proposition est excellente. Si dans mon parti les roses sont en minorité, je souscris en silence. Plantagenet.

Moi aussi.

Vernon.

En ce cas, au nom de la vérité et de l'évidence, je cuoille cette fleur pâle et virginale, m'associant ainsi au parti de la rose blanche.

Somerset.

Prenez garde de vous piquer les doigts en la cueillant! La blessure risquerait de teindre la rose blanche en rouge, ce qui vous mettrait involontairement de mon côté. Vernon.

Si je saigne pour mon opinion, milord, mon opinion s'improvisera le médecin de ma blessure, et je demeurerai du parti de mon choix.

Somerset.

Bien, bien. Qui cueille encore?

l'Homme de Loi.

(A Somerset). Si mon savoir et mes livres ne m'ont pas trompé, l'argument que vous soutenez est faux. Je cueille donc une rose blanche.

1. Les mensonges. Colours est employé pour tints ou deceits. {Note de Johnson).

lY. — 22

2&i LA PREMIÈRE PARTIE DE HENRY VI

Plantagenet. Maintenant, Somerset, où est votre argument ?

Somerset.

Dans le fourreau de mon épée, qui colorerait aisément votre rose blanche en un rouge sanglant. Plantagenet.

En attendant, vos joues sont une contrefaçon de tos roses; elles blanchissent de peur, comme pour attester que la vérité est de notre côté .

Somerset.

Ce n'est pas de peur qu'elles blanchissent, Plantagenet, mais de colère de voir tes joues emprunter la couleur de nos roses en rougissant de honte, tandis que ta langue se refuse' à confesser ton erreur!

Plantagenet.

Ta rose ne serait-elle pas rongée par un vers, Somerset?

Somerset.

Ta rose n'aurait-elle pas une épine, Plantagenet ?

Plantagenet.

Oui, dure et piquante pour soutenir le bon droit; tandis que ton ver rongeur se nourrit d'imposture! Somerset.

Je trouverai des amis pour porter mes roses sanglantes et maintenir que j'ai dit la vérité, tandis que l'hypocrite Plantagenet se cachera!

Plantagenet.

Par cette fleur virginale que je tiens dans ma main, je te méprise toi et ton insigne, enfant têtu!

SUFFOLK

Ne tourne pas ton mépris de ce côté, Plantagenet!

Plantagenet.

Pourquoi pas, orgueilleux Poole I Je vous méprise tous les deux, lui et toi!

SuFFOLK,

Je te ferai rentrer ma part de mépris dans la gorge !

Assez, assez, bon William de la Poole! Nous faisons trop d'honneur à ce rustre, en discutant avec lui ! Warwick.

Pardieu ! tu lui fais injure, Somerset ! Son grand-père était Lionel, ducdeClarence^ troisième fils du troisième Edouard, roi d'Angleterre. N'a-t-on pas droit aux blasons quand on peut se vanter d'une pareille origine?

1. II y a ici une erreur. Le grand-pere paternel de Plantagenet était Edmond de Langley, duc dTork. Son grand-père maternel, Roger Mortimer comte de March, fils de Ptriilippine, la fille de Lionel, duc de Clarence.

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